Plus de 90 % des journalistes exilés en Amérique latine proviennent de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua

Plus de 90 % des journalistes exilés en Amérique latine viennent de Cuba, du Venezuela et du Nicaragua

Image de référencePhoto © CiberCuba / Sora

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Un étude régionale récente a confirmé une tendance alarmante dans le paysage de la liberté de la presse en Amérique Latine : 92,3 % des journalistes exilés dans la région proviennent des régimes totalitaires de Venezuela, Nicaragua et Cuba.

Le rapport, intitulé « Voix déplacées : radiographie de l'exil journalistique latino-américain 2018-2024 », a été élaboré par l'Université du Costa Rica en collaboration avec Fundamedios, la Chaire Unesco UDP du Chili et l'Association des Journalistes Vénézuéliens à l'Étranger.

L'étude documente que le Venezuela est en tête du nombre de communicateurs contraints à l'exil, avec au moins 477 journalistes, suivi par le Nicaragua (268) et Cuba (98), a cité Infobae.

Dans les trois pays, le journalisme indépendant a été criminalisé et étouffé par des mécanismes étatiques de censure, de harcèlement judiciaire et de menaces physiques et numériques, souligne-t-il.

«Ces régimes ont transformé l'exercice du journalisme en une activité à haut risque, poussant des centaines de professionnels à fuir pour préserver leur intégrité et leur droit à l'information», souligne le rapport.

À Cuba, le journalisme indépendant a vécu pendant des années sous la pression de l'appareil d'État, souligne-t-on.

L'irruption de médias numériques comme 14ymedio, El Estornudo ou ADN Cuba a déclenché de nouvelles vagues de surveillance, de convocations policières, d'arrestations arbitraires et d'interdictions de sortie du pays. La censure demeure une politique d'État sur l'île, assure-t-on.

Au Venezuela, l'effondrement institutionnel et la consolidation du contrôle de l'information par l'État ont laissé derrière eux des zones de silence et des déserts informatifs.

La persécution systématique comprend la fermeture des médias indépendants, le blocage numérique, les détentions arbitraires et le harcèlement étatique.

Chiffres publiés par INFOBAE

Ce contexte hostile a vidé les rédactions et les stations de radio, aggravant la désinformation et privant des millions de citoyens d'un accès à des informations fiables, exprime.

Pour sa part, au Nicaragua, après les manifestations de 2018, le régime de Daniel Ortega a intensifié la répression contre la presse.

Le perquisitionnement des rédactions, l'incarcération de journalistes et la dénationalisation de communicateurs critiques sont des pratiques récurrentes.

L'emblématique affaire du journal La Prensa, qui a été confisqué par le gouvernement, illustre la dégradation extrême des libertés d'information.

« Dans ces contextes, le pouvoir exécutif dirige directement la persécution des journalistes, sans contrepoids institutionnels pour freiner les abus », souligne le rapport.

Sortir de ces pays n'est pas simple. Beaucoup de journalistes font face à la confiscation de documents, à des détenions aux frontières et ensuite à la stigmatisation à l'étranger.

En plus du déracinement émotionnel, beaucoup doivent abandonner le journalisme en raison du manque d'opportunités ou de restrictions légales dans les pays d'accueil. D'autres -indique le document- choisissent des routes migratoires dangereuses pour éviter les représailles de l'État.

Malgré l'exil, des dizaines de communicateurs restent actifs, fondant des médias numériques depuis l'étranger, collaborant avec des réseaux internationaux et documentant des violations des droits humains. Pour beaucoup, le journalisme est devenu un acte de résistance.

« Ils nous ont enlevé le pays, mais pas la parole », a exprimé une journaliste nicaraguayenne exilée au Costa Rica.

L'exil massif des journalistes en Amérique latine représente non seulement une tragédie pour les professionnels déplacés, mais aussi une menace sérieuse pour le droit des citoyens à l'information.

Venezuela, Nicaragua et Cuba figurent en tête de cette liste noire de la répression, tandis que des organisations internationales appellent à des mesures urgentes pour protéger ceux qui font du journalisme un pilier de la démocratie.

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