Ni le scénario d'une comédie socialiste-comuniste ne l'aurait mieux écrit. Une patrouille de la Police Nationale Révolutionnaire (PNR) est restée coincée ce week-end dans une flaque d'eau dans une rue habanera, et les images parlaient d'elles-mêmes.
Un vidéo partagé sur Tiktok par l'utilisateur coloraodt a montré deux agents, pieds nus et avec les pantalons retroussés, poussant le véhicule officiel comme s'il s'agissait d'une vieille charrette embourbée.
L'enregistrement, qui a suscité divers commentaires, a permis d'observer l'indifférence des citoyens qui contemplaient la scène, aucun d'entre eux ne levant le petit doigt pour aider les répressifs du MININT.
La patrouille, marquée du numéro 722, semble être un Peugeot 301, un modèle qui a été largement utilisé par la PNR à Cuba ces dernières années.
Ce modèle se caractérise par sa carrosserie de type berline, sa traction avant et un design simple, mais il n'est pas vraiment idéal pour traverser des flaques profondes, comme le montrent les images des agents luttant contre les intempéries de l'infrastructure de la capitale... et de leur propre moyen de transport.
La scène a suscité des moqueries parmi les internautes cubains, qui trouvent rarement sur les réseaux des vidéos leur permettant d'exprimer des sentiments qu'ils répriment habituellement par crainte d'être investigués et sanctionnés par le régime totalitaire.
Pour l'instant, on ne sait pas si l'incident a été signalé au haut commandement de la police ou si, du moins, les agents ont reçu des bottes en caoutchouc pour de futures missions aquatiques.
Ce qui est certain, c'est que la scène a clairement montré qu'à Cuba, les agents de la Loi nagent à contre-courant, que ce soit par rapport au sentiment populaire majoritaire ou à celui formé par la pluie qui tombe sur des rues dépourvues de drains adéquats et pleines de nids de poule et de crevasses, laissant ainsi des scènes diluviennes comme celles de l'arche, pardon, de la patrouille 722.
Tropiezos sur ruedas en temps de priorité répressive
La scène de la patrouille 722 poussée à la main sous la pluie n'est pas un fait isolé, mais fait partie d'une longue liste d'épisodes qui illustrent les conditions — et les contradictions — du parc automobile policier à Cuba.
Au cours des dernières années, les patrouilles de la Police Nationale Révolutionnaire ont été impliquées dans de nombreux accidents, dont beaucoup de gravité. En juillet 2024, une patrouille de l'Immigration a été impliquée dans un accident triple à Villa Clara. Deux mois auparavant, en mai, un autre véhicule de police a été impliqué dans un accident multiple, également dans cette province.
En avril, sur la route nationale. Et en février, des images d'un accident à La Havane qui a coûté la vie à un agent ont fait surface.
Aussi en novembre 2023, , un autre événement qui a soulevé des questions sur l'état technique des véhicules et la préparation des conducteurs.
En dépit de ces faits récurrents, le régime cubain a continué de privilégier l'investissement dans sa flotte de patrouilles, comme en témoigne l'arrivée d'un nouveau lot de véhicules policiers en septembre de cette même année.
Pendant ce temps, les transports publics sur l'île sont au bord de l'effondrement, avec des bus cassés, des lignes annulées et des files d'attente interminables. Les rues, quant à elles, restent en mauvais état, pleines de nids-de-poule, d'mares et de tronçons impraticables, sans signes d'un véritable investissement dans l'infrastructure routière.
Cette disparité laisse un message clair : l'État consacre effectivement des ressources à renforcer les moyens de contrôle, mais pas à améliorer les conditions de mobilité pour les citoyens.
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