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La station étatique Radio 26 de Matanzas a défendu le gouvernement ce samedi, avec un communiqué de presse qui tente de discréditer la dénonciation de la journaliste officielle Yirmara Torres Hernández, qui a récemment brisé le silence sur la crise sanitaire qui frappe cette province cubaine.
Le communiqué officiel de Radio 26 de Matanzas est publié sur le profil personnel Facebook d'Odalys Oriol Miranda Suárez, directrice provinciale de la radio à Matanzas.
Dans le texte, des plateformes numériques étrangères sont accusées de "manipuler" et de "sortir de leur contexte" une publication personnelle de Torres, dans laquelle il a affirmé qu'il y a des morts dues au chikungunya dans sa communauté, contredisant le discours officiel qui nie les décès associés aux récents foyers épidémiques.
“Son intention est d’être une ‘dénonciation’ contre le système, et ne reflète pas une préoccupation légitime”, a affirmé Radio 26, minimisant ainsi le témoignage de la journaliste et s'alignant avec la narrative de l'État cubain.
La station a précisé que la communicante n'occupe pas de postes de direction. Le message officiel a défendu le rôle des autorités, affirmant que le système de santé agit avec transparence et engagement. Dans le même temps, il a reconnu l'existence de foyers de dengue et de chikungunya, mais a catégoriquement nié tout dissimulation de décès.
Le régime a de nouveau tenu le blocus des États-Unis responsable des limitations du système de santé, sans faire référence à l'évidente absence de contrôle épidémiologique, à l'insalubrité et à la dégradation structurelle qui frappent la province.
Une voix propre qui a dérangé le pouvoir
Le message de Yirmara Torres, journaliste liée à la radio d'État à Matanzas, était un témoignage déchirant où elle racontait comment une voisine de son fils est décédée après avoir contracté le chikungunya, alors qu'elle souffrait déjà d'une maladie antérieure.
“Il n'y a pas de morts, mais il y en a”, a-t-il écrit, en faisant référence directement au camouflage officiel des décès liés à l'épidémie.
Torres a critiqué le manque de réaction du système de santé ainsi que les conditions de vie qui aggravent la crise : pénurie de médicaments, d'eau, de fumigation, et une insalubrité croissante qui rend impossible le contrôle du moustique vecteur.
“Nous vivons dans un stress constant, mal nourris, immunodéprimés… Les nuits appartiennent aux moustiques, aux rats, aux cafards. Quel contrôle antivectoriel va-t-il y avoir ainsi ?”, a-t-il questionné.
La journaliste, qui avait personnellement souffert du chikungunya quelques jours auparavant, avait déjà alerté sur les risques de l'abandon institutionnel. Son message n'était pas une attaque contre le système, mais un cri de désespoir venant de l'intérieur.
Faire silence sur le problème ne le résout pas
Le communiqué de Radio 26 ne répond pas au problème sanitaire, mais à l'impact politique d'une vérité dérangeante. Au lieu de s'attaquer aux causes de l'effondrement, la machine officielle s'est concentrée sur la disqualification d'une publication personnelle, comme si le problème était le post et non les morts.
Cuba s'enfonce dans une crise épidémiologique qui s'ajoute à la crise économique, alimentaire, énergétique et migratoire. Mais le régime préfère continuer à embellir les chiffres et à étouffer les témoignages, même lorsqu'ils proviennent de son propre appareil d'information.
Tandis que les hôpitaux s'effondrent et que les familles enterrent leurs morts sans réponses ni statistiques, la priorité reste de sauvegarder l'image, non pas la vie des gens.
Questions fréquentes sur la crise sanitaire à Matanzas liée au chikungunya
Quelles sont les dénonciations les plus graves concernant la crise sanitaire à Matanzas ?
La journaliste Yirmara Torres Hernández a dénoncé des décès dus au chikungunya dans sa communauté, contredisant les versions officielles qui nient les décès. Ces dénonciations mettent en lumière le manque de médicaments, d'eau et de fumigation, ainsi que les mauvaises conditions de vie qui aggravent la situation sanitaire dans la province.
Comment le gouvernement cubain a-t-il réagi aux dénonciations concernant la flambée de chikungunya ?
Le gouvernement cubain, à travers des médias officiels comme Radio 26 de Matanzas, a tenté de discréditer les dénonciations de la journaliste Yirmara Torres, les qualifiant de manipulées et hors de leur contexte. De plus, le ministre de la Santé a publiquement nié l'existence de décès liés à l'épidémie.
Quelles conditions ont favorisé la crise épidémiologique à Matanzas ?
L'accumulation de déchets, le manque d'assainissement et les coupures de courant sont des conditions qui ont favorisé la prolifération du moustique Aedes aegypti, vecteur du chikungunya. De plus, la pénurie de médicaments et l'absence de contrôle antivectoriel ont compliqué la gestion de l'épidémie.
Quel rôle la communauté internationale a-t-elle joué dans la crise de Matanzas ?
En plein milieu de la crise sanitaire, la Suisse a fait don d'un conteneur de fournitures médicales à l'Hôpital Clinique Chirurgical Commandant Faustino Pérez de Matanzas. Cette aide est cruciale compte tenu de l'effondrement du système de santé et du manque de ressources signalé dans la province.
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