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La récente localisation à La Havane de l'exprofesseur et expoliticien espagnol Martiño Ramos Soto, condamné pour avoir violé de manière “sadique” et répétée une fille de 12 ans, a ravivé un vieux débat qui renvoie à nouveau au régime cubain et à son histoire en tant que refuge pour des criminels partageant des affinités idéologiques.
Un reportage publié cette semaine par le journal El Mundo décrit Cuba comme un "sanctuaire" pour les fuyards de la justice, notamment liés à des mouvements d'extrême gauche.
Ramos Soto, qui se fait désormais appeler “Martín Soto” et vivait en tant que photographe à El Vedado à La Havane, est arrivé sur l'île à l'été 2025 après avoir fui l'Espagne lorsque sa condamnation définitive est devenue exécutoire.
Selon El Mundo, son cas n'est pas une exception. Il fait partie d'un schéma qui remonte à des décennies, lorsque des membres du groupe terroriste ETA ont trouvé à Cuba un paradis sans extradition et à l'ombre protectrice de la révolution.
Le reportage rappelle qu'entre les années 80 et 2000, des dizaines d'ETA, certains impliqués dans des assassinats, des enlèvements et des attentats, ont été accueillis par le régime cubain, qui leur a offert un logement, de la discrétion et la possibilité de reconstruire leur vie loin des tribunaux européens.
Plusieurs de ces noms apparaissent dans le reportage : Josu Abrisketa, Carlos Ibarguren « Nervios », José Ángel Urtiaga Martínez, José Miguel Arrugaeta, Joseba Sarrionandia, Miguel Ángel Apalategui « Apala », et Elena Bárcena Argüelles, connue sous le nom de « La Tigresa ».
Pour La Havane, selon les experts cités, le bénéfice était clair, avec le renforcement des alliances idéologiques et le maintien de l'influence au sein de mouvements radicaux en Europe et en Amérique Latine.
Des activistes et des analystes consultés par le quotidien espagnol soutiennent que cette politique de portes ouvertes répondait à un intérêt stratégique du castrisme. Cuba s'est positionnée comme alliée d'organisations violentes qui, aujourd'hui, dans certains cas, sont présentes dans les parlements ou liées à des réseaux criminels, transformant cette protection en un capital politique et économique.
Le rapport indique également que, bien qu'il n'y ait pas de preuves d'un accord formel pour accueillir des criminels comme Martiño, le réseau d'organisations liées aux ambassades cubaines en Espagne, aux associations de solidarité, aux groupes d'affinité politique et aux structures informelles de soutien, pourrait avoir facilité son arrivée sur l'île. L'objectif serait d'éviter que le régime n'apparaisse directement impliqué.
Les experts en droits de l'homme cités par El Mundo soulignent que Cuba offre les conditions idéales pour ceux qui cherchent à échapper à la justice, comme le manque de traités d'extradition avec l'Espagne, la permissivité interne pour poursuivre les criminels, et un long historique d'octroi d'asile à des individus liés à l'extrémisme politique. Selon l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme, même un pédophile comme Martiño pourrait penser qu'il trouvera sur l'île une zone d'impunité.
Le cas a suscité des inquiétudes parmi les Cubains, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, surtout parce que personne dans son entourage à La Havane ne savait, jusqu'à ce que l'affaire éclate, qui il était réellement. L'homme qui en Espagne prétendait défendre le féminisme se baladait dans les cafés du Vedado comme un voisin ordinaire, participait à des ateliers de photographie et évitait de parler de son passé.
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