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Sandro Castro, petit-fils du dictateur Fidel Castro, a de nouveau secoué les réseaux sociaux avec une déclaration qui, sous un semblant d'empathie, reflète la déconnexion, l'hypocrisie et le cynisme d'une caste qui vit dans l'abondance pendant que le régime qu'ils ont hérité de leur grand-père s'effondre.
“Ce qui est le plus grand, c'est ma patrie, c'est l'humanité, là où j'ai tout grandi. C'est dommage qu'elle traverse des moments si durs et difficiles. Le pire, c'est que nous ne voyons pas la lumière au bout du tunnel”, a écrit Sandro sur son Instagram, en réponse à un utilisateur qui lui a demandé ce que Cuba représentait pour lui.
La phrase, accompagnée du drapeau cubain et d'emojis tristes, visait à être compatissante, mais elle a sonné vide venant de l'héritier d'une famille qui gouverne l'île d'une main de fer depuis plus de six décennies.
Sandro, habitué au luxe et à l'ostentation, est incapable de percevoir le sarcasme qui réside dans le fait de l'entendre parler de “dureté” depuis le confort de sa vie à La Havane, entouré de voitures de sport, de fêtes exclusives et d'affaires protégées par le même système qui étouffe le peuple.
Son commentaire, qui pourrait être interprété comme une critique implicite du gouvernement de la “continuité” de Miguel Díaz-Canel, renferme en réalité un geste d'arrogance : la conscience de l'impunité de celui qui sait qu'il peut dire ce qu'il veut sans conséquences, allant même jusqu'à jouer avec des mots incendiaires à des moments où l'obscurité des coupures de courant suscite des éclats de protestation parmi la population.
Dans un pays où des milliers de jeunes sont emprisonnés pour avoir exprimé leur opinion, Sandro joue le rôle du “rebelle inoffensif” du régime. Son ton de fausse tristesse ne vise pas à remettre en question la racine du désastre national, mais à réaffirmer sa position de soi-disant supériorité morale face aux dirigeants de la soi-disant “continuité”, ces bureaucrates qui vénèrent la mémoire de son grand-père tandis qu'il les ridiculise à chaque mot.
Son délire de grandeur est devenu évident il y a à peine quelques semaines, lorsqu'il a répondu à un abonné qui lui a demandé s'il aimerait être président de Cuba. Avec un mélange d'innocence et d'arrogance, il a assuré que « peut-être » il le ferait « lorsque le blocus américain prendra fin », comme si la direction du pays était un héritage en attente ou un jeu réservé à son lignage.
Cette réponse, absurde dans son contenu mais révélatrice dans son ton, a été lue par beaucoup comme une provocation directe envers Díaz-Canel lui-même, que Sandro semble considérer comme un simple administrateur de la ferme familiale. Ce dérapage verbal, déguisé en humour, laisse entrevoir un défi symbolique au pouvoir de la “continuité” : le petit-fils du dieu suprême rappelant au disciple que son trône est prêté.
Derrière le prétendu patriotisme se cache un populisme creux, une rhétorique d'“humanité” qui sert à déguiser son ego débordant. Dans chacune de ses réponses sur les réseaux, Sandro se montre comme un personnage narcissique et sociopathe, incapable d'empathie véritable avec les Cubains de tous les jours.
Sa constante besoin de protagonisme —que ce soit pour nier être communiste, affirmer qu'il "n'a pas de privilèges" ou simuler de la douleur à cause de la crise— fait partie d'un spectacle personnel qui repose sur la provocation et le mépris.
Dans cette nouvelle mise en scène, Sandro s'est non seulement moqué du peuple cubain, mais aussi des gardiens du pouvoir eux-mêmes.
Son message, revêtu de fausse compassion, a agi comme une gifle à la "continuité révolutionnaire" qui insiste sur la projection d'une Cuba en résistance, tandis que le "niettisme" admet publiquement qu'il n'y a pas de lumière au bout du tunnel. En une seule phrase, Sandrito a mis à jour la défaite morale du récit officiel.
Cette contradiction — entre le discours du sacrifice et la vie de privilège des héritiers du pouvoir — est le miroir le plus cruel de Cuba aujourd'hui.
Sandro Castro ne parle pas au nom du peuple : il parle de lui, depuis une distance que seule peut maintenir celui qui n'a jamais connu la faim, ni fait la queue pour acheter du pain, ni subi une coupure de courant de huit heures. Son "patriotisme" est aussi bon marché que son empathie, mais ses mots, par un paradoxe, décrivent avec précision l'état d'un pays sans avenir et sans espoir.
La "lumière au bout du tunnel" que Sandro ne voit pas n'est pas une confession : c'est une provocation. Une manière de rappeler aux Cubains — et aux dirigeants de la continuité — que l'infâme nom Castro a toujours la licence de dire ce que d'autres ne peuvent pas, et de rire ensuite de l'urticaire que cela provoque.
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