Le Tribunal Suprême Populaire de Cuba dément la surveillance et l'enregistrement des messages et des appels

Le Tribunal Suprême de Cuba a nié qu'il mette en œuvre une norme légale pour enregistrer des appels ou des messages, et a qualifié d'infâme l'information qui circule sur les réseaux sociaux.


Le Tribunal Suprême Populaire de Cuba a nié ce dimanche avoir l'intention de mettre en œuvre des règles pour surveiller, enregistrer ou intervenir massivement dans les appels téléphoniques et les messages sur l'île, comme le prétendaient des rumeurs circulant sur les réseaux sociaux.

La institution a publié un communiqué sur son profil officiel de Facebook où elle a qualifié d'« totalement fausse » l'information alertant sur un supposé plan du système judiciaire pour contrôler les communications personnelles de la population.

Captura Facebook / Tribunal Suprême Populaire Cuba

« Cette information est complètement fausse, et son contenu est truffé de mensonges et de calomnies malveillantes », indique le texte, qui exhorte les citoyens à ne pas répéter ces rumeurs et à s'informer uniquement par des canaux institutionnels.

Le Tribunal assure que ce même message —désormais recyclé— a circulé auparavant, le 18 novembre 2024, avec la même intention : « discréditer publiquement l'action officielle des institutions étatiques ».

Bien qu'à Cuba il soit courant d'avoir des structures spécialisées dans le contrôle et la surveillance des citoyens, comme les organes de la Sécurité de l'État, le Tribunal Suprême assure par sa publication qu'il ne "mettra pas en place de normes établissant une vaste surveillance, un suivi et un enregistrement de tous les appels et de la messagerie."

La publication répond à un audio qui a circulé ces derniers jours via des applications de messagerie, dans lequel une voix féminine affirme que l'État commencerait à enregistrer "tout le monde et les messages".

Cette même personne affirme qu'un enregistrement des conversations sur WhatsApp sera également effectué : “fais attention à ce que tu écris, il ne faut rien dire d'anormal”, souligne l'audio, adressé comme un avertissement personnel.

De plus, la femme recommande d'avertir "les amis", et en particulier ceux qui ont "une entreprise solide".

Bien que le Tribunal Suprême Populaire de Cuba ait publiquement nié la mise en œuvre de normes pour surveiller massivement les appels et les messages, l'inquiétude concernant la surveillance d'État n'est pas nouvelle.

Dans les dernières années, différentes déclarations et réglementations ont renforcé la perception qu'il existe des structures dédiées au contrôle citoyen. Récemment, un colonel de la Sécurité de l'État a révélé à la télévision nationale que son organisme se base sur le principe d'agir "toujours au-dessus de la loi lorsqu'il s'agit de défendre la Révolution", ce qui renforce l'idée d'une opération autonome et sans limites légales claires.

Ce même jour, le dirigeant Miguel Díaz-Canel a défendu publiquement cette institution, affirmant que la Sécurité de l'État cubaine est “respectée et admirée dans le monde”. Ces affirmations ont eu lieu au milieu de critiques croissantes sur le rôle de l'appareil répressif dans la vie quotidienne des citoyens, notamment dans la surveillance des opposants, des activistes et des journalistes indépendants.

Les antécédents juridiques soutiennent également les préoccupations de la citoyenneté. En novembre 2019, le régime cubain a émis un décret qui légalise la surveillance massive sur les réseaux numériques, accordant aux autorités de larges pouvoirs pour intervenir dans les communications électroniques sans exigences judiciaires spécifiques.

Cette mesure a été vivement critiquée par des gouvernements et des organismes internationaux. Parmi eux, les États-Unis se sont prononcés en alertant sur le recul en matière de vie privée et de droits civils sur l'île. Ces faits montrent que, au-delà des communiqués officiels démentant des rumeurs, il existe des éléments institutionnels, normatifs et discursifs qui ont contribué à générer une méfiance parmi la population quant à la confidentialité de ses communications.

Questions fréquentes sur la surveillance et la vie privée à Cuba

Le Tribunal Suprême Populaire de Cuba prévoit-il de surveiller les appels et les messages ?

La Cour Suprême Populaire de Cuba a catégoriquement refusé d'avoir des projets de surveillance, d'enregistrement ou d'intervention des appels téléphoniques et des messages sur l'île. L'institution a qualifié d'"entièrement faux" les informations qui circulaient sur les réseaux sociaux à ce sujet, insistant sur le fait qu'il s'agit de rumeurs malveillantes visant à discréditer les institutions étatiques.

Comment se manifestent les rumeurs de surveillance à Cuba ?

Les rumeurs de surveillance à Cuba se sont principalement répandues par le biais d'audios sur des applications de messagerie, où il est affirmé que l'État commencera à enregistrer des appels et des messages. La Cour Suprême a répondu à ces rumeurs en les qualifiant de fausses et exhorte la population à ne pas les répandre.

Quelles mesures le gouvernement cubain prend-il face aux fausses informations sur les réseaux sociaux ?

Le gouvernement cubain avertit des sanctions pour ceux qui diffusent des informations fausses pouvant provoquer de l'alarme ou de la panique. Les autorités ont souligné que la diffusion massive de rumeurs sur les réseaux sociaux peut entraîner des conséquences légales, dans une tentative de contrôler la désinformation qui circule sur ces plateformes.

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