La crise énergétique qui frappe Cuba s'est intensifiée ce mardi avec l'arrêt soudain de la Centrale Thermique Antonio Guiteras, à Matanzas, l'un des principaux piliers du Système Électrique National (SEN).
La panne, survenue à 5h55 du matin en raison d'un faux signal dans la protection automatique de la turbine, a exacerbé les coupures de courant quotidiennes auxquelles la population devait déjà faire face.

Selon des informations confirmées ce matin par le journaliste officiel Bernardo Espinosa depuis le ministère de l'Énergie et des Mines (MINEM) et le directeur général de l'Électricité, Lázaro Guerra, l'unité est actuellement en cours de démarrage, après que le problème ait été identifié et corrigé.
Néanmoins, ils ont averti que, comme c'est le cas lors de toute sortie imprévue, le redémarrage du bloc présente des incertitudes qui nécessitent de surveiller le comportement du système tout au long de la journée.
“Guiteras a commencé son processus de démarrage. La cause de la panne a été identifiée, il s'agissait d'un faux signal, et le redémarrage a déjà recommencé”, a précisé Guerra dans l'espace d'information du matin.
Affectations dues à un déficit de production
La sortie de la Guiteras, ainsi que d'autres incidents dans la production thermique et distribuée, a provoqué un panorama de collapse opérationnel dans le SEN.
Selon une information publiée sur son site web, l'entreprise d'État a indiqué qu'à 7h00, la disponibilité était de 1 590 MW, face à une demande de 2 755 MW, ce qui laisse un déficit de 1 236 MW rien qu'à la mi-journée.
Pour l'heure de pointe nocturne, les projections sont encore plus inquiétantes : on estime une disponibilité de seulement 1 870 MW face à une demande de 3 400 MW, avec une affectation qui pourrait atteindre 1 600 MW si la Guiteras ne parvient pas à se réintégrer avec succès au système.
Pour sa part, l'Entreprise Électrique de La Havane a publié sur Facebook son calendrier de coupures d'électricité pour ce mardi, indiquant des interruptions par blocs pendant presque toute la journée et de possibles rotations supplémentaires après minuit :
- B4 : 10h00 – 14h00
- B5 : 11h00 – 15h00
- B2 : 15h00 – 19h00
- B3 : 19h00 – 23h00
- B1 : 20h00 – 00h00
En plus de la Guiteras, d'autres unités sont hors service en raison de pannes ou d'entretien : l'unité 5 de la CTE Mariel, la 2 de Santa Cruz, la 4 de Cienfuegos, la 6 de Diez de Octubre, la 5 de Renté et la 6 de Nuevitas. Cette dernière pourrait être réintégrée dans le système le 21 juin prochain.
Pannes récurrentes et arrêts techniques sans date
La situation de la Guiteras n'est pas un fait isolé. Le 23 mai dernier, la centrale a également cessé ses activités en raison d'une panne du réchauffeur d'air régénératif, causée par l'interruption du moteur à courant alternatif.
Malgré sa réparation, le processus de mise en service s'est prolongé pendant plusieurs heures, provoquant des répercussions en chaîne sur le système national.
Comme si cela ne suffisait pas, l'usine doit effectuer une maintenance technique de 72 heures pour réparer son réchauffeur de haute température, comme l'ont confirmé ses dirigeants il y a quelques jours.
Pour le moment, aucune date concrète n'a été annoncée, car cela dépendra de la "disponibilité du système électrique", une affirmation qui n'a fait qu'accroître l'incertitude et le malaise parmi les Cubains.
Surconsommation d'eau et promesses sans financement
Aux problèmes techniques s'ajoute la consommation excessive d'eau douce de la centrale, qui a atteint 50 mètres cubes par heure, affectant directement l'approvisionnement de la ville de Matanzas, selon un rapport sur Facebook du journaliste officiel José Miguel Solís.
L'installation d'une usine de dessalement se présente comme une solution à long terme, mais sa réalisation dépend d'un financement qui n'est pas encore garanti.
Un été sans répit
Avec des températures dépassant les 33 degrés, sans soutien énergétique suffisant et avec un système national au bord de l'effondrement, le début de l'été à Cuba se profile comme une saison de coupures de courant prolongées, de chaleur insupportable et d'indignation populaire.
Sans un calendrier clair, sans solutions structurelles et avec une population de plus en plus épuisée par le manque d'électricité, la Guiteras symbolise non seulement la fragilité du système électrique cubain, mais aussi l'incapacité du gouvernement à garantir des services essentiels de base.
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