En Las Tunas, tout comme dans le reste de Cuba, le manque persistant d'électricité a rendu les générateurs portables une solution courante mais dangereuse, car leur mauvaise utilisation, alimentée par la désinformation et la peur du vol, a coûté des vies par intoxication au monoxyde de carbone.
Malgré les tragédies survenues, les avertissements restent rares, et chaque nuit de panne électrique se transforme en une roulette silencieuse qui menace ceux qui essaient simplement de dormir avec une ampoule allumée.
Le journal officiel 26 a mentionné le cas d'une citoyenne de Tunas nommée Elia, qui, après un long effort pour obtenir sa génératrice et l'essence, “un autre obstacle sur son chemin vers la ʻcivilisationʼ”, l'a installée dans une petite cour fermée, à côté de la fenêtre de la chambre où elle dort.
Comme beaucoup, il a privilégié éviter un vol plutôt que de prévenir une intoxication, mais "personne ne l'a averti du danger que représente l'utilisation des générateurs portables fonctionnant avec des combustibles fossiles. Il est vrai qu'ils ne dégagent pas de fumée, qu'il n'y a aucune odeur perceptible, mais tous, sans exception, émettent du monoxyde de carbone en tant que résultat du processus, une substance connue sous le nom de tueur invisible", a indiqué le média.
L'ignorance sur le danger n'est pas isolée. Dans les quartiers surpeuplés, le mauvais usage de ces plantes est devenu courant. La peur des vols oblige à les placer près des habitations, ce qui expose des familles entières - et leurs voisins - à l'empoisonnement.
Selon la source, Las Tunas a un triste historique d'intoxications causées par ce gaz, qui ont engendré beaucoup de douleur au sein de plusieurs familles.
Il se souvint qu'en août 2024, un Cubain de 30 ans et sa fille de seulement deux ans sont décédés dans la municipalité d'Amancio, en raison d'une mauvaise utilisation d'un groupe électrogène.
La tragédie aurait dû suffire à déclencher les alertes, mais les avertissements restent sporadiques et le problème, sous-estimé.
La Federal Emergency Management Agency (FEMA) aux États-Unis, pays d'où proviennent de nombreux générateurs actuellement présents à Cuba, est claire : les utiliser toujours à l'extérieur, à environ six mètres des portes et des fenêtres, et ne jamais compter sur des ventilateurs pour disperser le gaz.
Avertissent également que un seul générateur peut émettre autant de monoxyde que 450 voitures, affectant principalement le cerveau et le cœur. Les symptômes les plus évidents sont des maux de tête, de la faiblesse, des vertiges, des nausées, de la confusion, une vision floue et de la somnolence. Il peut même provoquer des lésions cérébrales ou la mort avant que quiconque ne perçoive qu'il y a un problème.
Le pays traîne une dette envers la prévention. La vulnérabilité de ceux qui ont survécu à la covid-19, principalement les personnes âgées, et la forte densité de population rendent encore plus urgente une réponse sérieuse face à cette menace.
“Il est préoccupant que les alertes ne soient pas constantes alors que les autorités de la santé connaissent les spécificités de ces ʻtemps d’obscuritéʼ… Affronter le phénomène avec précaution, c'est prendre soin des personnes qui nous importent”, a affirmé 26.
Mais tant que l'information reste rare, la surveillance laxiste et la peur du vol prédominent, le danger continuera de se faire sentir à chaque coupure de courant, sans que beaucoup ne s'en aperçoivent… jusqu'à ce qu'il soit trop tard.
Depuis 2022, les envois de générateurs d'énergie vers Cuba en provenance des États-Unis ont augmenté, suite à la montée progressive des coupures de courant et l'entrée en vigueur des nouvelles dispositions concernant les importations vers l'île sans caractère commercial de la Douane Générale de Cuba.
Les importations de groupes électrogènes sur l'île constituent un sujet pertinent face à l'approfondissement de la crise énergétique dans le pays, qui affecte autant le secteur résidentiel que les entreprises, y compris le secteur privé.
Récemment, un groupe de voisins du Reparto Eléctrico, à La Havane, a dû apporter un générateur électrique particulier au poli-clinique local pour qu'une patiente puisse passer un électrocardiogramme, en raison de l'absence totale d'électricité, de générateurs et de moyens d'urgence.
Dans les dernières semaines, les coupures de courant à Cuba connaissent une crise exacerbée. La Unión Eléctrica (UNE) a informé ce samedi 5 juillet que le pays a subi des perturbations dans le service électrique durant les 24 heures de vendredi, et que la plus forte perturbation enregistrée était de 1685 MW.
Questions fréquentes sur l'utilisation des générateurs électriques à Cuba
Pourquoi l'utilisation de générateurs portables est-elle dangereuse à Cuba ?
L'utilisation incorrecte de générateurs portables peut être mortelle en raison de l'émission de monoxyde de carbone. Ce gaz est inodore et incolore, et lorsqu'il s'accumule dans des espaces clos, il peut provoquer une intoxication et entraîner la mort. À Cuba, la désinformation et la peur du vol poussent de nombreux habitants à installer ces générateurs à proximité de leur domicile, augmentant ainsi le risque d'intoxication.
Quelles sont les recommandations pour une utilisation sécuritaire des générateurs électriques ?
La Federal Emergency Management Agency (FEMA) recommande d'utiliser toujours les générateurs à l'extérieur, à une distance minimale de six mètres des portes et fenêtres. On ne doit jamais se fier aux ventilateurs pour disperser le monoxyde de carbone, car un seul générateur peut émettre autant de gaz que 450 voitures.
Quelles conséquences a eu le mauvais usage des générateurs à Cuba ?
La mauvaise installation et l'utilisation incorrecte de générateurs portables ont conduit à de tragiques incidents d'intoxication au monoxyde de carbone, entraînant la mort de plusieurs citoyens. Malgré les cas mortels, les avertissements sont rares et le problème reste sous-estimé par les autorités.
Comment la crise énergétique à Cuba affecte-t-elle l'utilisation des générateurs électriques ?
La crise énergétique à Cuba a augmenté l'utilisation de générateurs portables en réponse aux coupures de courant constantes. Ces coupures, qui peuvent durer plus de 24 heures, poussent la population à chercher des alternatives pour obtenir de l'électricité, malgré les risques qu'elles comportent.
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