Le gouvernement cubain a reconnu ce mardi que, bien que les chiffres officiels montrent une tendance à la baisse des crimes, les niveaux de criminalité restent élevés et la population demeure insatisfaite des résultats de la lutte contre les illégalités dans le pays.
Lors d'une réunion du Groupe pour la Prévention et la Lutte contre la Criminalité, présidée par le Premier ministre Manuel Marrero Cruz, le comportement des indicateurs criminels au cours du premier semestre de 2025 a été débattu.
Le mandataire a admis que “la tendance est à la baisse, mais les indicateurs restent élevés” et a demandé une évaluation différente pour les territoires les plus touchés.
Lors de la réunion, des sujets sensibles tels que le vol de carburant, les délits économiques et le trafic de drogue ont été abordés, et il a été reconnu que certaines provinces montrent peu de progrès dans la réduction de la criminalité, tandis que l'insatisfaction des citoyens reste élevée.
Las Tunas, par exemple, a signalé plus de 300 délits en une seule semaine en mars, un chiffre qui illustre l'ampleur du problème.
Le Premier ministre a également dénoncé le vol de combustibles, qualifiant d'« inadmissible » que, au cœur de la crise énergétique nationale, des détournements soient encore détectés dans les stations-service et les cylindres de gaz.
« Il n'est pas possible que le pays ait un déficit de production d'électricité en raison du manque de carburant tout en permettant en même temps son vol », a dénoncé Marrero.
La colonel Daniset González Sánchez, de la Police nationale révolutionnaire, a confirmé que les vols avec effraction ont augmenté, bien que les délits liés au bétail aient diminué, et a souligné plus de 200 actions liées à la drogue au cours du semestre, a rapporté le journal officiel Granma.
Pour sa part, le vice-procureur général Reinaldo Cruz Rivera a souligné que, bien que de nombreuses amendes soient imposées pour des actes criminels, les recouvrements ne sont pas effectués correctement, ce qui favorise l'impunité.
«Il est nécessaire de superviser les bureaux de recouvrement et les entités fiscales pour garantir le respect de la loi», a-t-il souligné.
Malgré le discours optimiste, les chiffres contrastent avec la perception généralisée d'une augmentation de la criminalité, alimentée par des plaintes constantes des citoyens sur les réseaux sociaux concernant les vols, les agressions et les crimes violents.
Les autorités ont soutenu qu'il existe une campagne externe pour “surestimer la situation du pays”, mais le gouvernement lui-même a dû admettre à plusieurs reprises que sa stratégie de "main de fer" a échoué à contenir la criminalité.
L'augmentation soutenue du trafic de drogues, le vol de câbles électriques, le vol de bétail et le détournement de ressources publiques ont mis en évidence les failles du système de contrôle interne, affaibli par la corruption et le manque de supervision efficace.
Le mécontentement citoyen s'exprime de plus en plus sur les réseaux sociaux, tandis que les médias d'État minimisent ou ignorent les faits les plus alarmants.
Questions Fréquemment Posées sur la Delinquence et le Contrôle à Cuba
Quels sont les principaux crimes qui affectent Cuba en 2025 ?
Les principaux délits qui affectent Cuba en 2025 comprennent le vol de carburant, les délits économiques, le trafic de drogues et le vol de bétail. De plus, on souligne le vol de câbles électriques et les attaques contre des entités étatiques. Ces délits reflètent le désordre et la complicité interne dans le système, exacerbés par la crise économique et la pénurie de ressources. Malgré les mesures annoncées par le gouvernement, la perception des citoyens est que la criminalité reste élevée et que les actions de contrôle sont insuffisantes.
Quelles mesures le gouvernement cubain prend-il pour lutter contre la délinquance ?
Le gouvernement cubain a annoncé une augmentation des actions de contrôle et de prévention de la criminalité. Cela comprend la réactivation des détachements de surveillance et des patrouilles rurales, ainsi que des mesures punitives plus sévères contre le trafic de drogue et le vol de ressources étatiques. Cependant, l'efficacité de ces mesures est remise en question par les dénonciations constantes des citoyens et la reconnaissance par le gouvernement lui-même de la persistance de niveaux élevés de criminalité. De plus, les autorités ont souligné la nécessité de renforcer le contrôle interne et la supervision des bureaux de recouvrement pour améliorer l'application des amendes et éviter l'impunité.
Comment la corruption affecte-t-elle le problème de la délinquance à Cuba ?
La corruption est un facteur clé qui aggrave le problème de la délinquance à Cuba. Le manque de contrôles efficaces et la complicité interne au sein des institutions étatiques permettent aux crimes de se perpétuer et rendent les mesures punitives peu efficaces. Le gouvernement reconnaît des lacunes dans la gestion interne qui facilitent le détournement de ressources et l'impunité, ce qui génère un mécontentement citoyen et affaiblit la confiance dans les institutions. Malgré les déclarations officielles sur la "tolérance zéro" face à la corruption, la perception générale est que les actions entreprises jusqu'à présent sont insuffisantes pour s'attaquer aux causes structurelles du problème.
Quelle est la perception des citoyens sur la criminalité à Cuba ?
La perception des citoyens sur la criminalité à Cuba est qu'elle a augmenté, malgré les chiffres officiels indiquant une réduction. L'insatisfaction de la population est élevée en raison de la perception que les mesures du gouvernement ne sont ni efficaces ni suffisantes. Les réseaux sociaux sont remplis de dénonciations concernant des vols, des agressions et d'autres délits, tandis que les médias d'État tendent à minimiser ou ignorer ces faits. Ce mécontentement est amplifié par le manque de transparence et la perception d'impunité qui prévaut dans le pays.
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