« Peu à peu, je me rétablis » : l'ancienne prisonnière politique Aymara Nieto parle de sa vie en dehors de Cuba

L'opposante cubaine et Dama de Blanco Aymara Nieto, exilée en République dominicaine après plus de huit ans de prison, a déclaré dans une interview avec EFE qu'elle poursuivra son activisme pour la liberté des prisonniers politiques.

L'opposante cubaine et Dama de Blanco, Aymara Nieto Muñoz (Archivo)Photo © X /Yriade Hernández

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La opposante cubaine et membre des Dames en blanc, Aymara Nieto Muñoz, a assuré qu’elle continuera de lutter pour la liberté des prisonniers politiques depuis son exil en République dominicaine, après avoir été exilée par le régime cubain après avoir passé plus de huit ans en prison.

“Le meilleur que je puisse faire est de m'installer dans ce pays et de continuer à me battre pour mes frères, les prisonniers politiques, parce que je sais ce que c'est d'être un prisonnier politique, et d'une certaine manière essayer de les aider”, a déclaré lors d'une interview téléphonique avec l'agence EFE, quelques jours après être arrivée à Santo Domingo avec son mari, l'ancien prisonnier politique Ismael Boris Reñí, et leurs deux filles mineures.

L'activiste a raconté qu'elle est encore en train d'assimiler sa nouvelle réalité. "Je profite beaucoup de la liberté… Petit à petit, je me remets de tout le mal qui m'est arrivé à Cuba".

Nieto reconnaît que sa situation est incertaine. Il n'a reçu aucun document attestant de l'extinction de sa peine et craint que, s'il essaie de revenir à Cuba, il puisse être emprisonné de nouveau, car officiellement il lui restait plus d'un an de prison. “C'est un risque”, a-t-il averti.

La Dama de Blanco a été escortée par des agents de la Sécurité d'État jusqu'à l'aéroport de La Havane, sans pouvoir dire au revoir à toute sa famille, et contrainte d'embarquer sur un vol qui l'a directement emmenée en exil.

Selon son explication, après des années de pressions pour qu'elle quitte l'île, elle finit par céder lorsque, lors d'un "passe" carcéral, elle a vu les dures conditions de vie de ses proches. “Je vais devoir accepter de sortir du pays”, se dit-elle.

Années de répression et de châtiment

En ses sept ans d'incarcération après avoir été arrêtée en 2016 et ensuite en 2018, Nieto a subi des cellules d'isolement, des mesures disciplinaires et des transferts à plus de 600 kilomètres de sa famille, ce qui l'a empêchée de voir ses filles mineures pendant des années.

De plus, elle a souffert de dépression, d'hypertension artérielle et de dengue, au milieu des dénonciations concernant le manque de soins médicaux.

Sa dernière condamnation, de cinq ans et quatre mois, lui a été infligée en 2022 pour avoir prétendument incité à une mutinerie en prison, accusation qu'elle a toujours niée.

Auparavant, il avait purgé une peine de quatre ans pour "atteinte" et "dommages", suite à une arrestation violente alors qu'il participait à une manifestation pacifique.

Cependant, l'exil n'a pas effacé la douleur de la séparation. À Cuba est restée sa fille aînée, qu'elle n'a pas pu embrasser avant de partir. Néanmoins, à Santo Domingo, elle affirme avoir été accueillie par la communauté cubaine et par des organisations solidaires.

Avec un visa humanitaire d'un an, Nieto compte reconstruire sa vie et celle de sa famille. « Je pense que nous allons aller de l'avant », a-t-il exprimé.

La ONG Cubalex a dénoncé que le cas de Nieto confirme que l'exil forcé est devenu une pratique répressive du régime cubain, visant à neutraliser des leaders et à faire taire des voix critiques.

Pour sa part, Prisoners Defenders a rappelé qu'à la fin du mois de juillet, on comptait 1.176 prisonniers politiques à Cuba, le chiffre le plus élevé depuis qu'ils tiennent des registres.

L'histoire d'Aymara Nieto est liée aux pratiques les plus sombres de la répression sur l'île : de l'enfermement et l'isolement à l'exil forcé, un chemin qu'elle a décidé de transformer en nouvelle tranchée. “Je continuerai à me battre pour mes frères emprisonnés politiques”, a-t-elle réaffirmé.

Questions fréquentes sur l'exil d'Aymara Nieto et la répression à Cuba

Pourquoi Aymara Nieto a-t-elle été exilée en République dominicaine ?

Aymara Nieto a été exilée en République Dominicaine dans le cadre d'une pratique répressive du régime cubain, qui cherche à neutraliser les leaderships et à faire taire les voix critiques. Le régime a conditionné sa liberté à son départ définitif de l'île, une action qui a été dénoncée comme une violation du droit international.

Quelle a été l'expérience d'Aymara Nieto durant son incarcération à Cuba ?

Pendant son incarcération, Aymara Nieto a souffert de cellules d'isolement, d'isolement et de transferts loin de sa famille, ce qui l'a empêchée de voir ses filles mineures pendant des années. De plus, elle a souffert de dépression, d'hypertension artérielle et de dengue, et a dénoncé le manque de soins médicaux appropriés.

Quelle est la situation actuelle des prisonniers politiques à Cuba ?

Selon Prisoners Defenders, à la fin juillet, on comptait 1 176 prisonniers politiques à Cuba, le chiffre le plus élevé depuis qu'ils tiennent des registres. Cette situation reflète un schéma de répression et de persécution systématique contre les opposants et les activistes sur l'île.

Quel impact le déportation a-t-elle sur la vie d'Aymara Nieto et de sa famille ?

L'exil a signifié une séparation douloureuse pour Aymara Nieto, laissant sa fille aînée à Cuba et faisant face à l'incertitude de construire une nouvelle vie en exil. Malgré ces difficultés, Nieto a été accueillie par la communauté cubaine en République Dominicaine, et elle maintient son engagement à lutter pour la liberté des prisonniers politiques depuis l'étranger.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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