La Gaceta Oficial publie des citations judiciaires contre des opposants cubains à l'étranger

Le Ministère de l'Intérieur de Cuba a publié dans la Gaceta Oficial des avis de recherche contre les activistes Miguel Gómez Bártulos et Seriocha Humberto Fernández Rojas, liés au mouvement Cuba Primero.

Miguel Gómez Bártulos, activiste du mouvement Cuba Primero et résident à Miami.Photo © Cuba Primero

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Le régime cubain a conduit à la Gaceta Oficial ce qui peut être considéré comme un nouveau pas dans la criminalisation de l'exil, en publiant des convocations policières contre deux activistes résidant à l'étranger, qu'il accuse de crimes contre la Sécurité de l'État.

Dans l'édition extraordinaire No. 47, du 19 août 2025, le Ministère de l'Intérieur a inclus les mandats à l'encontre de Miguel Gómez Bártulos et Seriocha Humberto Fernández Rojas, qui sont accusés de financer et d'instruire de présumées actions de sabotage à Matanzas, La Havane et Villa Clara.

Tous deux ont été convoqués à se présenter le 14 juillet dans les locaux de la Sécurité de l'État, sans se présenter à l'appel.

La Gaceta avertit que, si elles ne comparaissent pas dans un délai de dix jours à partir de la publication, elles seront déclarées en rebellion, ce qui permettrait aux tribunaux de poursuivre la procédure en leur absence.

Miguel Gómez Bártulos, militant du mouvement Cuba Primero et résident à Miami, avait déjà dénoncé la manœuvre comme une tentative de l'intimider même à distance.

Selon ce que révèle la chaîne indépendante Cántalo TV, la citation a été remise à sa mère à Cuba, un geste qualifié de « lâche et malveillant », destiné à semer la peur et la pression émotionnelle sur des proches n'ayant aucun lien avec le processus judiciaire.

« C'est la tactique du régime pour intimider ceux qui pensent différemment, même depuis l'exil », a dénoncé l'organisation.

Dans le cas de Fernández Rojas, également désigné comme membre de Cuba Primero, le document le rend responsable de coordonner des attaques contre des institutions d'État, des accusations que des organisations d'opposition rejettent en les considérant comme faisant partie du scénario politique de La Havane.

Captura de Facebook/Cántalo TV

Du listing des “terroristes” au Journal Officiel

Les requêtes arrivent à peine quelques semaines après que le régime ait publié et remis à l'Organisation des Nations Unies (ONU) sa Liste Nationale des Personnes et Entités Liées au Terrorisme, où apparaissent les deux activistes aux côtés de 62 exilés et 20 organisations, pour la plupart basés en Floride.

Cette relation, présentée sans preuves publiques, comprend des figures connues de l'exil telles que Alexander Otaola, Ana Olema Hernández, Orlando Gutiérrez Boronat et Eliecer Ávila, ainsi que des groupes d'opposition tels que Hermanos al Rescate, la FNCA et le propre Cuba Primero.

Bien que le régime affirme que ces personnes sont recherchées pour des "actes terroristes", leur inclusion dans cette liste n'a pas de répercussions légales en dehors de l'île et a été interprétée comme un instrument de propagande et de répression politique.

Avec ces publications dans la Gaceta Oficial, le régime cubain ne se contente pas de réaffirmer sa stratégie de poursuivre judiciairement des opposants au-delà des frontières, mais il envoie également un message à leurs familles sur l'île, prises au piège entre la peur et la répression.

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