Cuba ne sort pas de l'obscurité : le déficit de production reste constant et dépasse les 2 000 MW

Il y a neuf unités thermiques hors service en raison de pannes ou d'entretien.

Apagón à Cuba (Image référentielle)Photo © Facebook / Lázaro Manuel Alonso

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La crise énergétique à Cuba continue de ne donner aucun répit.

Malgré les annonces officielles qui répètent quotidiennement des slogans sur des "efforts extraordinaires", la réalité est que le pays continue d'être plongé dans des coupures de courant interminables qui maintiennent des milliers de familles en suspens.

L'communiqué de l'Union Électrique (UNE) publié ce mercredi confirme ce que la population endure au quotidien : le déficit de production a dépassé les 2,000 MW, un niveau qui condamne le Système Électrique National (SEN) à la paralysie.

Selon la UNE, l'impact s'est étendu pendant les 24 heures de mardi et s'est maintenu même durant la matinée de ce jour.

À 19h00, le déficit de capacité de production a atteint 2 052 MW, un chiffre supérieur à ce que les autorités avaient elles-mêmes prévu.

La cause immédiate : le non fonctionnement de l'unité 5 de la CTE Renté et des moteurs de la centrale Fuel Mariel, pièces clés qui restent hors service.

La situation à 6h00 ce matin était désolante : la disponibilité du SEN n'atteignait guère 1 400 MW, face à une demande de 2 750 MW, laissant plus de 1 300 MW sans couverture.

Le panorama ne s'améliore pas dans les prévisions : lors de l'heure de pointe, quand tout le pays allume lumières, cuisinières et appareils, la UNE reconnaît que la disponibilité sera de 1 580 MW face à une demande de 3 500 MW, un écart brut de 1 920 MW, avec une affectation prévue de 1 990 MW.

En termes simples : il n'y a pas assez d'électricité pour couvrir même la moitié du pays.

Des coupures qui ne cessent pas et des promesses qui n'arrivent pas

Derrière ces chiffres techniques se cache la réalité d'un système électrique démantelé par l'inefficacité, l'abandon et le manque d'investissements durables.

La UNE parle d'« incidents » comme s'il s'agissait d'accidents isolés, alors qu'en réalité, ils constituent un schéma chronique d'effondrements.

Actuellement, plusieurs unités thermiques sont en panne : l'unité 5 de la CTE Nuevitas, les unités 3 et 5 de la CTE Renté, l'unité 1 de Santa Cruz et l'unité 2 de Felton.

À cela s'ajoutent d'autres en "entretien" -une excuse fréquente du gouvernement-, comme l'unité 5 de Mariel, la 1 de Felton, la 2 de Santa Cruz et la 4 de Cienfuegos.

Les soi-disant "limitations thermiques" réduisent la capacité de 301 MW, tandis que le manque de combustible et de lubrifiant rend 33 centrales de production distribuée inopérantes, ce qui représente presque 500 MW de moins.

En résumé, chaque recoin du système présente un problème distinct, et tous ensemble constituent un désastre que le régime est incapable de renverser.

La Havane au bord du blackout total

La capitale du pays, que le gouvernement tente historiquement de protéger pour ne pas montrer au monde son visage le plus sombre, ne peut plus échapper au collapse.

La Empresa Électrique de La Havane a reconnu que la ville avait subi des coupures durant les 24 heures précédentes, avec une affectation maximale de 384 MW à 21h00. Ce qui est le plus alarmant, c'est qu'à la fin de la note officielle, le service n'avait pas encore été rétabli.

Les six blocs de la capitale ont été affectés.

La propre entité a reconnu qu'il "n'a pas été possible de respecter ce qui était prévu" en raison du déficit national qui s'est imposé, confirmant qu'il n'existe même pas de marge de manœuvre à La Havane.

Un avenir de plus en plus sombre

Pendant ce temps, les autorités essaient de masquer la catastrophe en mentionnant des réussites isolées, comme les 2723 MW générés par les 30 parcs solaires photovoltaïques, dont la puissance maximale a à peine atteint 482 MW.

Mais cette production, bien que positive, demeure insignifiante face au trou noir de plus de 2 000 MW qui étouffe le pays.

La crise énergétique à Cuba n'est plus conjoncturelle ni ne résulte uniquement de "pannes" ou de "maintenances programmées". C'est le résultat direct d'années d'improvisation, de corruption et d'absence d'investissements sérieux dans le secteur électrique.

Tandis que le discours officiel répète que le peuple doit résister avec patience, la réalité est que ce sont les foyers, les hôpitaux, les écoles et les jeunes qui sont les plus touchés, voyant leur présent et leur futur limités par un pays qui ne peut même pas garantir l'électricité.

Cuba, littéralement, n'arrive pas à sortir de l'obscurité.

Questions fréquentes sur la crise énergétique à Cuba

Quel est le déficit actuel de production d'électricité à Cuba ?

Le déficit de génération électrique à Cuba dépasse les 2,000 MW. Ce chiffre a entraîné des coupures de courant prolongées et affecte des millions de personnes à travers le pays, selon les derniers rapports de l'Union Électrique (UNE).

Quelles sont les principales causes de la crise énergétique à Cuba ?

La crise énergétique à Cuba résulte de multiples facteurs, parmi lesquels se distinguent le manque d'entretien et d'investissement dans les infrastructures électriques, les pannes dans les unités thermiques, le manque de combustible et l'obsolescence technologique. De plus, le système énergétique dépend en grande partie de ressources qui ne sont pas garanties par l'État.

Comment la crise énergétique affecte-t-elle la vie quotidienne des Cubains ?

La crise énergétique à Cuba a eu un impact significatif sur la vie quotidienne de ses citoyens. Les coupures de courant continues affectent la réfrigération des aliments, l'accès à l'eau, l'utilisation des appareils électriques et les services médicaux. Cela, combiné à une économie paralysée, a créé un climat de désespoir et de frustration parmi la population.

Quelles mesures le gouvernement cubain a-t-il prises pour faire face à la crise énergétique ?

Le gouvernement cubain a tenté d'atténuer la crise énergétique grâce à l'installation de parcs solaires photovoltaïques et de plans de contingence. Cependant, ces mesures ont été insuffisantes pour couvrir le déficit de production existant. Le manque de solutions structurelles et la dépendance aux combustibles fossiles demeurent des défis critiques.

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