Une puissante explosion survenue tôt ce lundi matin a secoué la municipalité de Camajuaní, dans la province de Villa Clara, après qu'un entrepôt de pyrotechnie situé dans le quartier Los Chivos ait subi un sinistre de grande ampleur.
Selon les premiers rapports locaux, l'explosion a provoqué une colonne de fumée noire visible à plusieurs kilomètres et a déclenché un incendie qui affecte également certaines maisons voisines, où des habitants ont dû évacuer en raison du risque de propagation des flammes.

Sur place, des membres du Corps des pompiers, des brigades du ministère de l'Intérieur et des autorités municipales s'emploient à maîtriser le feu et à éviter de nouvelles détonations.
Une image partagée sur Facebook par Pérez a montré les flammes produites par la déflagration et la dense colonne de fumée qui s'est élevée après l'explosion.
Une tradition festive devenue tragédie
Camajuaní est reconnue pour sa tradition pyrotechnique historique, étroitement liée aux Parrandas de Camajuaní, l'une des festivités les plus anciennes et emblématiques de Cuba, déclarées Patrimoine Culturel de la Nation.
Pendant des siècles, la pyrotechnie a été l'âme de ces célébrations qui allient chars, musique, danses, lumières et feux d'artifice dans un spectacle unique d'art populaire.
Selon des sources locales, l'art des feux d'artifice a été introduit par des habitants de Remedios et a connu un développement notable après l'arrivée de Maître Manuel Barojo, considéré comme l'un des pionniers de la pyrotechnie camajuanense.
Cette activité, profondément ancrée dans l'identité locale, a également été source de risques. À plusieurs reprises, les ateliers artisanaux et les entrepôts où sont fabriqués les artefacts ont subi des incendies ou des explosions en raison de la manipulation de matériaux hautement inflammables dans des conditions précaires.
Pirocam : L'usine moderne et sa promesse de sécurité
L'explosion se produit dans un territoire qui abrite la seule usine moderne de feux d'artifice de Cuba, connue sous le nom de Pirocam, un projet présenté comme un « modèle d'innovation et de sécurité » lorsqu'il a été inauguré il y a plusieurs années par des médias officiels tels que Granma.
L'usine est le fruit d'une collaboration entre le groupe Viclar, basé à Villa Clara, et l'entité espagnole Reacan, qui possède plus de deux siècles d'expérience dans le domaine. Pirocam fabrique des carcasses, des mortiers, des cascades et des feux d'artifice lumineux et sonores, destinés aux hôtels, aux centres touristiques et aux exportations vers les Caraïbes.
Le discours officiel souligne que l'usine disposait "de toutes les mesures de protection nécessaires pour ses travailleurs", mais les événements d'aujourd'hui remettent en question la sécurité réelle des installations pyrotechniques dans le pays, où le manque de ressources, de maintenance et de supervision technique sont des problèmes fréquents.
Autorités sur le terrain et silence officiel
Des habitants du quartier Los Chivos ont affirmé que des détonations ont été entendues peu après six heures du matin, suivies d'une vibration qui a fait trembler les vitres et les plafonds. Certains ont enregistré des vidéos du moment de l'incendie qui circulent déjà sur Facebook et WhatsApp, bien qu'il n'y ait pas encore de confirmation officielle.
Des équipes de secours du MININT ont établi un périmètre et continuent de maîtriser les flammes, tandis que les autorités locales enquêtent sur l'origine du sinistre. Pour le moment, le gouvernement municipal n'a pas publié de communiqué officiel concernant les dommages humains et matériels.
L'incendie a également suscité des inquiétudes parmi les habitants concernant l'impact environnemental potentiel de la fumée et des résidus chimiques libérés après la combustion de matériaux explosifs.
Entre la tradition et le risque
Les Parrandas de Camajuaní, qui devraient être une source de joie et d'union populaire, sont aujourd'hui assombries par un fait qui rappelle la fragilité des conditions de sécurité dans les installations pyrotechniques du pays.
Alors que les équipes d'urgence continuent de travailler, CiberCuba restera attentive aux témoignages de témoins et aux sources locales pour enrichir l'information sur le nombre de blessés, les causes de l'explosion et les mesures prises par les autorités.
Cet incident ne fait pas seulement deuil d'un peuple profondément attaché à son art festif, mais il rouvre aussi un débat sur le risque industriel et le manque de contrôle à Cuba, où souvent la tradition et la nécessité économique priment sur la sécurité.
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