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Alors que l'est de Cuba tente de se relever des dévastations causées par l'ouragan Melissa, le Premier ministre Manuel Marrero Cruz poursuit sa tournée au Moyen-Orient et est arrivé ce samedi au Qatar, après avoir passé plusieurs jours en Arabie Saoudite, dans ce que le régime présente comme une « intense agenda bilatérale ».
Le contraste ne passe pas inaperçu. Alors que des milliers de familles cubaines ont presque tout perdu sous l'eau, le chef du gouvernement publie à distance des photos et des messages optimistes sur des réunions et des alliances internationales.
Dans son compte X, Marrero a informé qu'il a voyagé au Qatar pour participer au Deuxième Sommet Mondial sur le Développement Social, où, selon ses dires, il tiendra des rencontres pour “élever les liens économiques et commerciaux au même niveau que les politiques”.
Son arrivée a été soulignée par des médias officiels tels que Radio Rebelde, qui a souligné l'accueil "cordial" de la part des autorités qataries et l'"estime" envers le peuple cubain.
La station d'État a également rapporté que Marrero participera à la première réunion des dirigeants de l'Alliance mondiale contre la faim et la pauvreté, une initiative des Nations Unies.
Cependant, l'image d'un premier ministre souriant entre des chefs et des ministres étrangers contraste avec la réalité d'un pays qui, depuis plusieurs jours, fait face aux conséquences d'un phénomène naturel ayant laissé des communautés isolées, des maisons détruites et des pertes matérielles incalculables.
Lors de son séjour en Arabie Saoudite, sa première visite en tant que chef de Gouvernement cubain dans ce pays, Marrero a signé trois accords dans les domaines de l'investissement, du tourisme et de l'aéronautique, qui, selon lui, « marquent un jalon » dans les relations bilatérales. Tout cela pendant que l'ouragan Melissa se renforçait et se dirigeait vers l'île, obligeant à évacuer des milliers de personnes dans l'est de Cuba.
La absence de Marrero pendant le passage du cyclone a suscité des critiques et des interrogations tant à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays. Pour de nombreux Cubains, son voyage contraste avec le rôle que les dirigeants principaux devraient assumer en période d'urgence nationale.
Sur les réseaux sociaux, le Premier ministre a tenté de faire preuve de présence « de loin ». Au cours des dernières heures, il a partagé des messages de soutien aux forces du Ministère des Forces Armées Révolutionnaires (MINFAR) et du Ministère de l'Intérieur (MININT), louant leur travail dans le sauvetage des sinistrés.
« Son dévouement, devenu une habitude, nous remplit de fierté. Je les embrasse », a-t-il écrit avec des photos de militaires portant des enfants et des brigades au milieu de la boue.
Marrero lui-même a assuré qu'il "suit de près" la situation sur l'île et que "la direction du Parti et le Gouvernement sont en train de définir des priorités pour la récupération". Cependant, la distance entre le discours et la réalité semble se creuser à chaque publication.
Dans un pays où les dirigeants se sont habitués à louer le sacrifice du peuple depuis le confort d'un voyage officiel, l'image du premier ministre cubain parcourant les palais du Golfe alors que sa nation est inondée résume, pour beaucoup, le véritable état de la politique sur l'île, avec un pouvoir qui regarde vers l'extérieur pendant que son peuple se noie.
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