Le régime cubain s'est targué de la prétendue stabilité du Système Électroénergétique National (SEN), en affirmant qu'au moment de l'arrivée de la nouvelle année, “tout le monde avait de l'électricité”.
La déclaration a été faite par la journaliste officielle Esther Lilian González dans un reportage depuis le Ministère de l'Énergie et des Mines de Cuba, où elle a affirmé que le 31 décembre “a été un bon jour pour l'Union Électrique (UNE)” car le système “a terminé ses charges à 20h30. Autrement dit, à 00h00, lorsque le 1er janvier est arrivé, en Cuba tout le monde avait de l'électricité".
Cependant, ce prétendu bonheur fut éphémère. À peine quelques heures plus tard, le pays fut de nouveau confronté à de longues coupures de courant.
Colapse soutenu du système
Le rapport technique de l'Union Électrique confirme que la situation du SEN reste critique. À 6h00 ce jeudi, la disponibilité n'était que de 1.500 MW face à une demande de 1.360 MW, sans perturbations à ce moment-là, bien qu'une prévision de nouvelles interruptions allant jusqu'à 150 MW au cours de la journée ait été annoncée.
Le document précise que restent hors service les unités 5 de la CTE Mariel, 2 de la CTE Felton et 3 de la CTE Céspedes; tandis que d'autres unités, comme la 2 de la CTE Santa Cruz et la 4 de la CTE Carlos Manuel de Céspedes (Cienfuegos), sont en maintenance programmé. Au total, 687 MW sont hors service en raison de limitations techniques dans la génération thermique.
À ces problèmes s'ajoutent les limitations dues à la pénurie de combustible. Il y a 66 centrales de génération distribuée qui ne sont pas en service, ce qui représente une perte de 700 MW. De plus, 35 MW de la Patana de Melones, 40 MW de la Patana de Regla et 142 MW dus à un manque de lubrifiant complètent un déficit total de 917 MW en raison de la pénurie de combustible.
Les prévisions pour l'heure de pointe du 1er janvier ne sont pas encourageantes. Malgré l'éventuelle entrée de l'unité 3 de la CTE Céspedes avec 120 MW, une disponibilité totale de 1.620 MW est estimée face à une demande maximale de 2.950 MW. Si les conditions actuelles persistent, une affectation pouvant atteindre 1.360 MW est prévue durant la nuit.
Alors que le régime tente de vendre de l'optimisme avec des phrases triomphalistes, la réalité énergétique du pays demeure plongée dans une crise structurelle, marquée par un déclin technologique, une mauvaise gestion étatique et un manque d'investissements soutenus. Pour des millions de Cubains, la nouvelle année a commencé, une fois de plus, entre coupures de courant, chaleur et incertitude.
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