Pendant des années, le régime cubain a soutenu avec insistance — et avec un ton indigné — qu'il n'y avait pas de troupes de l'île au Venezuela.
Ils l'ont répété Miguel Díaz-Canel, Bruno Rodríguez Parrilla, le journal Granma et toute la machinerie de propagande de l'État : “Cuba n'a pas de troupes et ne participe pas à des opérations militaires au Venezuela”.
Cependant, la version officielle s'est effondrée de manière retentissante ce 4 janvier 2026, lorsque le propre quotidien Granma, organe du Parti Communiste de Cuba, a publié un communiqué du soi-disant "gouvernement révolutionnaire" confirmant ce qui a été nié pendant plus d'une décennie : la présence active de combattants cubains dans des opérations militaires sur le territoire vénézuélien.
32 Cubains ont perdu la vie lors d'actions combatives, qui exécutaient des missions en représentation des FAR (Forces Armées Révolutionnaires) et du MININT (ministère de l'Intérieur), à la demande d'organes homologues du pays sud-américain”, a reconnu le texte officiel.
Avec cette phrase, le régime a enterré sa propre narration, celle qui, depuis au moins 2019, qualifiait de “mensonges impérialistes” les dénonciations de Washington et des organisations internationales concernant la participation cubaine à la sécurité de Nicolás Maduro.
La note de Granma a évité de mentionner le contexte dans lequel les morts ont eu lieu. Il n'y a eu aucune référence à la capture de Nicolás Maduro, ni à l'opération militaire américaine au cours de laquelle les combats se sont déroulés.
Le lieu —Caracas— n'est pas non plus identifié, ni le fait que les Cubains faisaient partie du dispositif de sécurité personnelle du dirigeant vénézuélien, comme l'ont confirmé des sources internationales et Donald Trump lui-même.
À la place, la presse du régime a recours à un langage générique et propagandiste, décrivant les faits comme une "attaque criminelle" et les décédés comme des "victimes du terrorisme d'État", dans une tentative hypocrite et pathétique de reformuler une défaite militaire en un sacrifice héroïque, esquivant la reconnaissance de la véritable nature de sa présence armée au Venezuela et la dimension politique du coup subi aux côtés de son principal allié.
De la négation indignée à la reconnaissance forcée
En mai 2019, Díaz-Canel s'exclamait sur Twitter : “Assez de mensonges ! Il n'y a pas de troupes cubaines au Venezuela”.
Cette même année, le chancelier Bruno Rodríguez Parrilla a qualifié d'« infâmes » les affirmations de l'ancien vice-président américain Mike Pence, et le journal Granma ironisait en affirmant que « les seuls soldats cubains au Venezuela sont les médecins ».
Inclusivement aussi récemment qu'en décembre 2025, la diplomate cubaine Johana Tablada de la Torre qualifiait Marco Rubio d'“ignorant”, après que le secrétaire d'État américain ait affirmé que “l'appareil de sécurité intérieure de Maduro est complètement contrôlé par des Cubains”.
Maintenant, le communiqué publié par Granma confirme point par point les accusations que La Havane avait démenties pendant des années.
Les 32 personnes décédées — selon des sources de renseignement américaines, membres de la garde personnelle de Maduro — sont mortes "au combat direct" ou sous les bombardements qui ont accompagné l'opération de capture menée par les forces américaines à Caracas.
Hypocrisie et propagande
La rhétorique officielle, qui tente de présenter les tombés comme des « héros internationalistes » et des « victimes du terrorisme d'État », s'inscrit dans une tentative désespérée de reformuler une défaite en un acte d'héroïsme.
Mais au-delà de l'épopée propagandiste, l'admission de sa présence militaire est une confession involontaire : Cuba avait en effet des forces déployées au Venezuela, quelque chose que les agences de renseignement occidentales, l'OEA et les ONG de droits de l'homme documentent depuis des années.
Le discours de solidarité se révèle donc pour ce qu'il a toujours été : le masque d'un interventionnisme militaire direct, justifié par les intérêts économiques et de survie du castrisme, dépendant du pétrole vénézuélien.
Alors que La Havane décrète un deuil national et hisse le drapeau en berne, le monde observe comment le régime qui pendant des décennies s'est targué de "ne jamais mentir au peuple" vient de signer sa propre contradiction historique.
La vérité, enterrée pendant des années sous la rhétorique révolutionnaire, est enfin ressortie — et avec elle, le témoignage irréfutable de 32 vies cubaines perdues en terre étrangère en application d’ordres que le régime a juré pendant des années qu'ils n'existaient pas.
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