Analyse approfondie : Armée vénézuélienne vs. armée cubaine et possibilités d'une opération similaire à celle du Venezuela à Cuba



Cuba pourrait faire face à un effondrement militaire plus rapide que le Venezuela face à une opération américaine. Sa défense aérienne et son aviation sont obsolètes, et la doctrine de guerre asymétrique présente de sérieuses limitations.

Armée des États-UnisPhoto © Image de référence avec IA

Introduction

Le 3 janvier 2026, les États-Unis ont exécuté l'Opération "Absolute Resolve", une attaque éclair contre le Venezuela qui s'est soldée par la capture du président Nicolás Maduro en moins de trois heures. Cet événement historique a mis en évidence l'écart abyssal entre l'inventaire militaire "sur le papier" et les capacités réelles de combat d'une force armée dégradée. Pour Cuba, qui a observé attentivement l'effondrement vénézuélien et qui a également perdu 32 de ses officiers de renseignement déployés à Caracas, la question est inévitable : Comment se déroulerait une action similaire à Cuba ?

Cette analyse compare en profondeur les capacités militaires du Venezuela (avant le 3 janvier) et de Cuba (janvier 2026), en évaluant les défenses anti-aériennes, l'aviation, les blindés, les forces terrestres et, de manière cruciale, les différences géographiques et structurelles qui détermineraient le résultat d'une hypothétique opération américaine contre La Havane.

PARTIE I : L'ARMÉE VENEZUELIENNE AVANT LE 3 JANVIER 2026

Taille et structure de la FANB

La Fuerza Armada Nacional Bolivariana (FANB) comptait un peu plus de 123 000 effectifs actifs : 63 000 dans l'Armée, 25 500 dans la Marine, 11 500 dans l'Aviation et 23 000 dans la Garde Nationale. En théorie, cela paraissait être une force régionale significative. Cependant, le problème central n'était pas le nombre, mais la politisation extrême, la corruption, la déprofessionnalisation des commandements intermédiaires et le moral faible dans les unités régulières, davantage axées sur le contrôle interne et les affaires illicites (mines, narcotrafic) que sur la guerre conventionnelle.

Defensa Antiaérea : La Illusion du IADS Moderne

Buk-M2E au Venezuela

Venezuela avait investi des milliards dans des systèmes russes, chinois et iraniens depuis l'ère Chávez, créant sur la carte l'une des réseaux de défense aérienne intégrée (IADS) les plus denses d'Amérique latine :

Systèmes à longue portée :

  • S-300VM (SA-23 "Gladiator/Giant"): 1-2 divisiones (2 baterías), con misiles 9M82M/9M83M (alcance ~130 km contra aeronaves, hasta 200 km contra misiles balísticos), desplegados en la Base Aérea Capitán Manuel Ríos (estado Guárico) para proteger Caracas
  • Buk-M2E (SA-17 "Grizzly"): Aproximadamente 12 lanzadores (varias baterías) de medio alcance (30-45 km), sobre chasis MZKT-6921 6x6, altamente móviles

Systèmes à courte portée :

  • Pantsir-S1 : Systèmes de défense à point (20 km) avec canons et missiles, déployés pour protéger les sites S-300VM
  • S-125 Pechora-2M : Au moins 6 sites, technologie des années 1960 modernisée
  • MANPADS Igla : Des centaines d'unités portables

Radars:

  • 55Zh6M "Nebo-SV" (UHF à longue portée)
  • 64N6E Gamma-DE (3D de portée moyenne, intégré avec S-300VM)
  • 1L119 "Kasta-2E2" (couverture basse altitude)
  • JY-27A et JYL-1 (radars chinois, promus comme des "chasseurs de furtivité")

L'État réel : Opérativité critique

Diverses analyses précédant l'attaque avertissaient que moins de 50 % des systèmes étaient réellement opérationnels. Le réseau de radars chinois avait plus de 60 % de ses équipements hors service en raison d'un manque de pièces de rechange et de soutien technique. La cannibalisation des équipements était courante, la formation épisodique, et la dépendance à la Russie, à la Chine et à l'Iran pour les pièces de rechange et les munitions laissait la FANB dans une situation critique.

Aviation de Combat

Le Venezuela avait en inventaire :

  • 21 Su-30MK2 Flanker (multirôle, origine russe)
  • ~10 F-16 résiduels (acquis dans les années 80, sans pièces de rechange américaines depuis 2006)
  • Hélicoptères d'attaque Mi-35, de transport Mi-17

Préparation: On estimait que moins de la moitié pouvait voler efficacement en raison d'un manque de carburant, de pièces de rechange et d'heures de vol limitées.

Blindés et Forces Terrestres

L'Armée vénézuélienne comptait :

  • ~180 chars principaux : 92 T-72B1V (modernisés russes), 81 AMX-30 (français, obsolètes)
  • 123 BMP-3 (véhicules de combat d'infanterie), BTR-80A (transporteurs blindés)
  • Artillerie : MLRS Smerch et Grad (roquettes multiples), M-46 autopropulsés

État : En entraînement, carburant limité, moral irrégulier. La plupart des unités ne pouvaient à peine opérer au-delà du niveau de bataillon.

Marina

L'Armada vénézuélienne était limitée : 1 frégate Mariscal Sucre, 1 sous-marin Type-209, des patrouilleurs et des vedettes rapides. Elle n'avait pas de réelle capacité de projection ou de défense aérienne jusqu'à récemment.

Le 3 janvier : Effondrement en trois heures

Séquence de l'opération "Absolute Resolve"

H-hora -60 min : Guerre cibernétique et électronique

  • Ciberattaque interrompt l'électricité dans de vastes zones de Caracas, laissant le réseau IADS sans commandement ni contrôle
  • Avions EA-18G Growler (guerre électronique) brouillent les radars vénézuéliens, les forçant à augmenter leur puissance et à révéler leurs positions.

H-hora -30 min : SEAD (Suppression des Défenses Aériennes Ennemies)

Buk-M2E détruit
  • F-35C et F-22 tirent des AGM-88 HARM (missiles antiradar) contre des émetteurs SAM qui tentent de suivre des aéronefs américains.
  • Al moins deux systèmes Buk-M2E sont détruits au sol (Base La Carlota, Higuerote) sans tirer un seul missile
  • Les radars 9S32ME du S-300VM sont aveuglés par des brouillages, incapables de guider des missiles.
  • Les radars chinois JY-27A et les Pantsir-S1 ne détectent jamais les hélicoptères d'assaut en vol nocturne bas.

H-hora : Assaut héliporté

  • ~150 avions américains participent (depuis 20 bases dans les Caraïbes, en Floride et à Trinidad et Tobago)
  • Helicoptères MH-47 Chinook et MH-60 Black Hawk du 160th SOAR pénètrent jusqu'à Miraflores (Caracas) avec des opérateurs Delta Force
  • Assaut direct sur le Fuerte Tiuna (complexe militaire fortifié où résidait Maduro)
  • Capture de Maduro après une résistance limitée

H+180 min : Extraction complète

  • Des hélicoptères avec Maduro à bord retournent au USS Iwo Jima, puis sont transférés aux États-Unis

Bajas et Leçons

  • 75-100 morts (32 officiers cubains, 23+ venezolanos, 2+ civiles confirmados)
  • La FANB n'a pas pu offrir une résistance durable : défenses aériennes aveuglées, aviation clouée au sol, communications coupées
  • La distance entre l'inventaire et la capacité réelle a été mise en lumière devant le monde

PARTIE II : LES FORCES ARMÉES RÉVOLUTIONNAIRES DE CUBA

Taille et Structure

Les FAR (Forces Armées Révolutionnaires) maintiennent :

  • 50.000-76.000 actifs : Armée 35.000, Marine 5.000, Aviation/Défense Aérienne 10.000
  • 39 000 réservations
  • 90.000 paramilitaires (Milices de Troupes Territoriales, Défense Civile)

La doctrine officielle est la "Guerre de Tout le Peuple" : mobilisation totale, résistance territoriale asymétrique, guerre de guérilla urbaine et rurale. Cependant, cette doctrine nécessite des ressources (munitions, carburant, nourriture, électricité) que Cuba tout simplement n’a pas en 2026.

Des "miliciens" cubains s'entraînent avec des fusils à air comprimé

Défense Aérienne : Obsolète Même Après Modernisation

La base de la défense aérienne cubaine : Missiles de 1960 modernisés

Inventaire :

Évaluation technique critique :

Le S-125, même dans sa version modernisée Pechora-2BM, est un système des années 1950 conçu à l'origine pour intercepter des bombardiers subsoniques à basse altitude. Son altitude maximale est de 18 km et sa portée de 25 km. Contre des aéronefs furtifs de cinquième génération (F-35, F-22) équipés de guerre électronique avancée, il est "effectivement inutile", selon des analyses postérieures à l'échec vénézuélien.

Le S-125 a connu son plus grand succès en 1999, lorsque une batterie yougoslave a abattu un F-117 Nighthawk américain. Cependant, cette victoire dépendait de tactiques exceptionnelles (activation momentanée du radar, exploitation des portes de bombes ouvertes) qui ne sont pas reproductibles contre des avions modernes opérant avec AWACS, brouillage intensif et missiles antiradiation.

Aviación Cubana: Collection de Musée

Les MIG-21 sont des avions de 1958

Inventaire (sur le papier) :

  • 18 MiG-29 (multirôle de quatrième génération, d'origine soviétique/russe)
  • 17 MiG-23 (intercepteur de troisième génération, années 1970)
  • 24 MiG-21 (interceptor de segunda generación, años 1960s)
  • ~12 hélicoptères Mi-17/24/35 (transport/attaque)

État réel :

Un analyse spécialisé récent affirme que les MiG-29 cubains sont "actuellement hors d'usage". Sans pièces de rechange russes, avec un carburant limité et un entretien précaire, l'Force aérienne est décorative. Les MiG-23 et MiG-21 sont totalement obsolètes face aux chasseurs de cinquième génération. Les analystes militaires partent du principe que ni ne décolleraient, ou seraient abattus en quelques secondes.

Blindés : T-55, T-62 et BMP-1 (Technologie des années 1960)

T-55 de l'armée cubaine, né dans les années 50

Inventaire :

  • ~500 chars d'assaut: T-54/55, T-62 (soviétiques, années 1950-1960)
  • ~400 véhicules blindés : BMP-1, BTR-60/BRDM (transport/reconnaissance)
  • Artillerie: M-46, D-30 (remorquée), MLRS Grad

État :

Technologie d'il y a 70 ans. Bien que certains aient été modernisés localement avec une vision nocturne de base, ils demeurent vulnérables aux drones, aux missiles antichars et aux armements air-sol modernes. Sans carburant soutenu, ce sont des pièces de musée roulantes.

Marina : Simbólica

Cuba a :

  • 2 frégates de classe Pauk (ex-pêcheurs convertis, années 1980)
  • 1 sous-marin classe Dauphin (minisous-marin d'entraînement, 200 tonnes, sans capacité de combat réelle)
  • Patrouilleurs côtiers

Sans capacité de projection ni de défense aérienne. Insignifiant face à la puissance navale américaine dans les Caraïbes.

PARTIE III : POSSIBILITÉS RÉELLES DE RÉPONSE CUBAINE

Défense Aérienne : Nulle

Les S-125 Pechora-2BM, même avec la modernisation biélorusse de 2025, sont une technologie des années 1950. Face aux F-35/F-22, à la guerre électronique EA-18G et aux AGM-88 HARM, ils seraient anéantis sans avoir tiré, comme cela s'est produit avec des systèmes plus modernes au Venezuela.

Aviation : Inefficace

Les MiG-29/23/21 cubains n'ont pas la capacité face à des chasseurs de cinquième génération. Les analystes militaires estiment qu'ils ne décolleraient même pas, ou seraient abattus en quelques secondes. Une analyse spécialisée affirme que les MiG-29 cubains sont "actuellement hors de service". Sans un approvisionnement en carburant durable, l'Armée de l'Air est décorative.

Blindés et Forces Terrestres : Irrélevants dans l'Opération Éclair

Dans une action semblable à celle du Venezuela (capture de leader en 2-3 heures), les T-55/T-62 n'auraient ni le temps ni le combustible pour se déployer efficacement. Leur rôle serait post-incursion, dans un scénario de résistance prolongée ou d'occupation, mais sans soutien aérien ni logistique, ils s'effondreraient rapidement.

Guerre asymétrique (MTT, guérillas) : Potentiel théorique, limitations matérielles

La doctrine "Guerre de Tout le Peuple" est la seule véritable stratégie de Cuba. Avec plus de 1 million de miliciens et une tradition historique de guérilla, elle pourrait engendrer un épuisement en cas d'occupation prolongée. Mais :

  1. Crise morale : Population épuisée, exode massif, volonté de lutte douteuse en 2026 vs. 1961
  2. Sans ressources: Munitions, aliments, combustible, électricité épuisés
  3. La doctrine nécessite un leadership : Avec Díaz-Canel capturé, chaîne de commandement fracturée, efficacité remise en question
  4. Inviable en raid éclair : La doctrine fonctionne en résistance prolongée, pas en défense ponctuelle d'objectifs stratégiques contre des opérations spéciales.

Marina : Insignifiant

Deux frégates ex-bateaux de pêche et un minisous-marin ne peuvent pas contrebalancer la puissance navale américaine dans les Caraïbes.

CONCLUSION : L'ASYMÉTRIE ABSOLUE

Si le Venezuela —avec un inventaire supérieur, une géographie continentale et un soutien régional— a réussi à s'effondrer en trois heures, Cuba ferait face à un destin encore plus rapide et brutal :

Facteurs qui rendent Cuba PLUS vulnérable que le Venezuela

  1. Proximité géographique extrême : 90 miles de la Floride contre des opérations depuis plusieurs bases caribéennes facilitent la logistique et le temps de réponse américain
  2. Supériorité technologique écrasante : L'écart entre F-35/F-22/EA-18G Growler et S-125/MiG-21 est de 70 ans d'évolution militaire
  3. Effondrement structurel antérieur plus profond : Cuba en janvier 2026 est dans un pire état que le Venezuela en décembre 2025 :
    • Crise électrique terminale (5 effondrements totaux en 2025)
    • Carburant épuisé (sans approvisionnement vénézuélien)
    • Économie détruite (chute libre)
  4. Objectif présidentiel le plus vulnérable : El Laguito est une zone résidentielle civile sans fortification militaire, contre le Fuerte Tiuna qui était un complexe militaire intégré avec un bataillon de garde, des bunkers et des tunnels.
  5. Aviation complètement inopérante: MiG-29 hors service, sans carburant pour les opérations
  6. Sans soutien extérieur crédible : La Russie et la Chine ont des accords symboliques mais n'interviendraient pas militairement dans les Caraïbes contre les États-Unis.

Temps Estimé d'Opération

2-3 heures depuis le début du SEAD jusqu'à l'extraction complète (similaire ou plus rapide que Caracas) :

  • H-30 min : SEAD (neutralisation S-125)
  • H-hora : Assaut El Laguito (15-30 min au sol)
  • H+60-90 min : Extraction complète, forces "sur l'eau"

Probabilité de succès

90-95%, supérieure à celle du Venezuela pour :

  • Objectif dans une zone résidentielle civile, pas dans un complexe militaire fortifié
  • Défenses aériennes obsolètes (S-125 vs. S-300VM)
  • Infrastructure (électricité, combustible) effondrée
  • Proximité géographique avec les États-Unis
  • Supériorité technologique écrasante

Bajas Estimées

  • États-Unis: 0-2 (risque bas en raison d'une supériorité extrême)
  • Cuba: 10-30 (agents MININT/personnel, résistance limitée)
  • Civils: 0-5 (si l'opération est chirurgicale comme au Venezuela)

La Seule Capacité Réelle Cubaine

La "Guerre de Tout le Peuple" est la seule doctrine militaire cubaine avec un potentiel réel, mais elle fonctionne dans une résistance asymétrique prolongée après une invasion, et non dans la défense ponctuelle d'objectifs stratégiques contre des opérations spéciales éclair.

Dans une opération de captation de leadership (2-3 heures), les Milices Territoriales n'auraient pas le temps de se mobiliser. Et sans leadership capturé, logistique effondrée ou soutien externe, leur efficacité en résistance prolongée serait limitée et le coût humanitaire pour la population civile, dévastateur.

Variable Critique

La seule variable opérationnelle critique pour les États-Unis est de confirmer la localisation exacte de Díaz-Canel au moment H (résidence El Laguito contre Palais de la Révolution), ce qui nécessite un renseignement HUMINT/ISR préalable précis. Avec cette information, l'opération est hautement viable et probablement couronnée de succès rapide avec des pertes minimales.

La leçon du 3 janvier 2026 est claire : l'inventaire sur papier ne gagne pas de guerres ; la capacité opérationnelle réelle le fait. Et sur ce terrain, Cuba est en pire position que le Venezuela lorsqu'il a chuté Maduro.

Archivé dans :

Luis Flores

PDG et cofondateur de CiberCuba.com. Quand j'ai le temps, j'écris des articles d'opinion sur la réalité cubaine vue sous l'angle d'un émigrant.