La réponse énigmatique de Trump à la question sur le "type de traitement" qu'il recherche avec Cuba



Les déclarations ont été faites dans la nuit de ce dimanche à bord de l'avion présidentiel.

Donald Trump (Image de référence)Photo © Flickr/Gage Skidmore

Donald Trump a de nouveau placé Cuba au centre de la scène politique avec une déclaration énigmatique qui a suscité toutes sortes de réactions.

Dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et La Havane suite à la chute du régime de Nicolás Maduro au Venezuela, le président américain a laissé entendre qu'une initiative de grande envergure concernant l'île est en préparation, bien qu'il n'ait pas encore révélé les détails.

Ce dimanche soir, à bord de son avion, Trump a été abordé par une journaliste qui lui a demandé directement : “Quel type d'accord recherches-tu avec Cuba ?”.

Votre réponse a été aussi brève qu'intrigante : “Cuba, tu le découvriras très bientôt. Nous parlons avec Cuba, tu le sauras très bientôt.”

Il n'a pas offert plus de détails. Il n'a pas précisé s'il s'agit d'un accord économique, politique, migratoire ou stratégique. Ensuite, le dirigeant a orienté son attention vers un secteur spécifique de la communauté cubaine.

« L'un des groupes que je souhaite protéger ce sont les personnes qui viennent de Cuba et qui ont été forcées à partir ou abandonnées sous pression, et qui sont actuellement de grands citoyens des États-Unis », a-t-il affirmé.

Il a ajouté :

« Vous avez beaucoup de personnes contraintes de quitter Cuba de manière injuste, alors nous allons nous occuper de ce qui est le plus important en ce moment. Nous allons prendre soin des personnes qui sont venues de Cuba, qui sont des citoyens américains. »

Avertissement au régime : « Faites un marché avant qu'il ne soit trop tard »

Les déclarations interviennent immédiatement après un week-end au cours duquel Trump a intensifié sa rhétorique contre le gouvernement de La Havane.

Dans une publication sur Truth Social, il a lancé une menace directe : « Il n'y aura plus de pétrole ni d'argent pour Cuba : zéro ! Je vous suggère vivement de parvenir à un accord avant qu'il ne soit trop tard. »

Selon le dirigeant, la récente capture de Nicolás Maduro et Cilia Flores à Caracas par des forces américaines a laissé Cuba sans son traditionnel bouée économique :

« Cuba a vécu, pendant de nombreuses années, de grandes quantités de pétrole et d'argent provenant du Venezuela. En échange, Cuba a fourni des ‘services de sécurité’ aux deux derniers dictateurs vénézuéliens. Mais plus maintenant ! »

Trump a affirmé qu'avec Maduro hors du pouvoir, le Venezuela n'aura plus besoin du soutien cubain : « Le Venezuela n'a plus besoin de protection contre les voyous et les extorqueurs envoyés par La Havane ».

La capture du dictateur vénézuélien a reconfiguré l'échiquier régional et placé le gouvernement cubain dans une position d'isolement croissant.

Selon des analystes, la Maison Blanche profiterait de cette conjoncture pour imposer des conditions strictes à La Havane.

Une image, mille messages : Trump « fumant un cigare à La Havane »

En parallèle, Trump a ravivé la controverse en partageant sur ses réseaux sociaux une image créée par une utilisatrice, où l'on le voit fumant un cigare dans une rue de La Havane, avec le drapeau cubain flottant en arrière-plan et la phrase : “The Finest in the World. Cuban Cigars”.

Le geste, symboliquement puissant, a été interprété comme un mélange de provocation, d'ironie et de démonstration de force.

Pour ses partisans, l'image représente la victoire et le triomphe sur le communisme. Pour ses détracteurs, il s'agit d'une moquerie impérialiste au milieu d'une montée de pression contre le régime cubain.

Réactions : Entre espoir, scepticisme et ferveur

L'attente générée par la possibilité d'un tournant politique dans la relation entre les États-Unis et Cuba s'est immédiatement reflétée sur les réseaux sociaux, où des milliers de Cubains expriment des émotions intenses, allant de la foi à la peur.

« Je ne pouvais pas imaginer le bonheur de tous les Cubains » ; « J'ai réglé mon alarme pour 2h du matin, je ne vais pas dormir cette fois » ; « Oh là là, ma mère ! Ça fait des jours que je ne ferme pas l'œil » ; « Dieu, étends ta main, libère Cuba. Assez de faim et de misère ! » ; « À vos coussins, l'heure est venue » ; « Ce soir, on ne dort pas », ce sont quelques-unes d'entre elles.

« Chaque fois qu'un gouvernement des États-Unis se réunit pour parler avec le régime de Cuba, rien de bon n'en sort pour les Cubains. C'est de l'histoire. J'espère que cette fois-ci sera différente ! », a averti un internaute.

Un régime sur la défensive, une population dans l'attente

Alors qu'à La Havane, le discours officiel insiste sur la "unité nationale face aux menaces impériales" et que l'Armée Centrale active des exercices pour la Journée de la Défense, la réalité indique une fragilité croissante du régime.

La fin du subside pétrolier vénézuélien, combiné à l'embargo américain et à une crise interne sans précédent, laisse le gouvernement cubain face à un dilemme : négocier ou faire face à un isolement encore plus grand.

Conclusion : Quel type d'accord ?

La question reste sans réponse claire. Trump a choisi de maintenir le suspense, mais il a laissé suffisamment d'indices pour anticiper que quelque chose d'important est en train de se préparer. Son message est aussi énigmatique que calculé.

Tout indique que Cuba est, une fois de plus, devenue un théâtre et un symbole de la politique étrangère de Trump. Le « type d'accord » n'est pas encore révélé, mais les pièces sont déjà en mouvement.

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