Alors que la télévision d'État parlait de « réponse résolue », « engrenage parfait » et « défense garantie », les images diffusées par le propre Canal Caribe racontaient une autre histoire durant les exercices militaires pour la Journée Nationale de la Défense à Cuba.
Le journal télévisé a décrit l'opération comme un “combat réel” contre un ennemi simulé qui tentait de pénétrer le territoire national par un prétendu débarquement héliporté.
Selon la version officielle, la défense antiaérienne a réagi rapidement, l'artillerie a ouvert le feu et les troupes ont réussi à "abattre" l'envahisseur, sécurisant le terrain sans faille.

présenté par la télévision d'État. Capture d'écran/Vidéo/Canal Caribe.
Cependant, les scènes diffusées sont loin du récit épique. Des hélicoptères manifestement anciens survolent la zone à basse altitude, avec des manœuvres limitées et sans déploiements visibles qui pourraient suggérer une opération complexe.
Sur la terre, des blindés rouillés avancent lentement à travers des terrains secs et négligés, plus proches d'une démonstration symbolique que d'un exercice de combat moderne.
On observe à plusieurs reprises des soldats se déplaçant sur des motocyclettes ordinaires, sans protection visible en dehors de casques de base, portant des armes longues tout en traversant des champs ouverts.
Capture d'écran/Canal Caribe.
Dans d'autres images, des miliciens se déplacent à travers l'herbe sèche, avec un équipement minimal, tandis qu'à l'arrière-plan se dessinent des structures improvisées qui imitent des cibles militaires.
Un des témoignages inclus par la télévision d'État renforce le ton propagandiste, lorsqu'un milicien, coiffeur de profession, déclare se sentir "fier" de défendre la patrie et affirme que, si chacun protège "le petit morceau qui lui est attribué", l'île sera en sécurité.
Le message, répété depuis des années, remet à nouveau la responsabilité de la défense nationale sur des citoyens ordinaires, dans un pays marqué par la pénurie, la migration et l'usure sociale.
Les images, loin de transmettre une force militaire, révèlent une précarité, une improvisation et un ancrage dans une logique de guerre qui contraste avec la réalité quotidienne des Cubains, dont beaucoup font face à des coupures de courant, à un manque de nourriture et à un système de santé en crise.
Alors que la presse officielle insiste sur le fait que « chaque arme a joué son rôle » et que la défense est assurée, l'exercice ressemble de plus en plus à une mise en scène qu'à une véritable démonstration de capacité militaire.
Un simulacre qui cherche à alimenter le discours de résistance, mais qui met au jour les lacunes d'un appareil défensif qui semble figé dans le temps.
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