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La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a annoncé que le pays sud-américain prévoit un investissement de 1,4 milliard de dollars dans le secteur pétrolier d'ici 2026, un montant qui dépasse largement les près de 900 millions investis en 2025.
L'annonce a été faite dans le cadre d'une consultation publique sur la réforme de la Loi organique sur les hydrocarbures, actuellement en débat à l'Assemblée nationale de ce pays sud-américain.
« L'année dernière, l'investissement était presque de 900 millions de dollars, et pour cette année, on estime et projette un investissement de 1.400 millions de dollars », a affirmé Rodríguez lors de la rencontre, diffusée par la chaîne d'État Venezolana de Televisión (VTV).
La projection d'investissement s'inscrit dans une nouvelle impulsion gouvernementale pour le développement énergétique du pays, grâce à des mécanismes contractuels activés par la controversée Loi Antiblocage, adoptée en 2020 pour contourner les sanctions économiques internationales.
Contrats productifs, alliances mixtes et ambition pétrolière
Lors de son intervention, Rodríguez a souligné le rôle central des Contrats de Participation Productive (CPP) dans la stratégie de récupération et d'expansion du secteur, comme un moyen efficace de renforcer la production et d'attirer des capitaux.
Actuellement, le Venezuela dispose de 29 contrats de participation productive actifs, coexistant avec des schémas tels que des entreprises mixtes et des alliances technico-financières.
Bien qu'il n'ait pas fourni de détails techniques sur ces mécanismes, il a insisté sur le fait qu'ils font tous partie d'une structure légale et économique visant à contourner les sanctions et à relancer la principale industrie du pays.
«Nous devons passer d'être le pays avec les plus grandes réserves de pétrole de la planète à devenir un géant producteur (...). Ça suffit d'avoir le titre de plus grandes réserves sans que cela se traduise par un développement pour le Venezuela », a déclaré Rodríguez, appelant à une vision plus pragmatique de la richesse pétrolière vénézuélienne.
Réforme pétrolière en marche : Entre consultations, attentes et urgences
La proposition de réforme de la Loi Organique des Hydrocarbures, qui a déjà été approuvée lors d'une première discussion par le Parlement vénézuélien, doit maintenant être soumise à un second tour de votes, article par article.
Dans ce processus, des modifications pourront être apportées au texte final.
Dans le cadre des consultations publiques, Rodríguez a participé à une rencontre avec les travailleurs de la raffinerie de Puerto La Cruz, dans l'État d'Anzoátegui.
Son frère, Jorge Rodríguez, président de l'Assemblée Nationale, était également présent. Il a dirigé samedi dernier une consultation similaire avec d'autres secteurs.
La réforme pétrolière s'inscrit dans un contexte de mouvements politiques intenses, tant internes qu'internationaux.
La capture de Nicolás Maduro et Cilia Flores à Caracas le 3 janvier a reconfiguré les relations avec les États-Unis, où l'administration Trump a exprimé ouvertement son intérêt pour contrôler le destin du pétrole vénézuélien.
Chevron et le retour des géants de l'énergie
Un des moments clés de l'événement fut la participation de Mariano Vela, représentant de la société américaine Chevron au Venezuela.
Vela a exprimé l'engagement de l'entreprise envers le pays et sa disposition à collaborer dans cette nouvelle phase de réformes et de réactivation énergétique.
«Nous sommes prêts à continuer à apporter notre expérience dans la gestion des opérations avec innovation technologique, un travail acharné, et avec la mission de créer un secteur pétrolier et gazier plus compétitif», a assuré l'exécutif.
Chevron, ayant une présence centenaire au Venezuela, a historiquement joué un rôle clé dans le développement de l'industrie nationale.
Malgré les sanctions des dernières années, la société a réussi à maintenir des opérations limitées, et sa nouvelle position pourrait ouvrir la voie à une plus grande flexibilisation des relations commerciales et techniques avec Washington, si le processus de réforme se consolide.
Vela a également remercié le travail de la Commission de l'Énergie et du Pétrole du Parlement, chargée de coordonner les consultations et d'évaluer les propositions pour la réforme légale.
Le dirigeant a souligné que l'entreprise continuera à se concentrer sur la sécurité du personnel et l'intégrité des actifs qu'elle gère depuis des décennies.
« Notre priorité reste la sécurité de notre personnel, cela ne change pas, ainsi que l'intégrité des actifs que nous avons gérés pendant tant de temps », a-t-il souligné.
Perspectives et défis : Entre sanctions et réformes
L'investissement annoncé par Delcy Rodríguez représente un saut significatif par rapport à l'année précédente et une tentative de redynamiser l'industrie pétrolière vénézuélienne, qui au cours de la dernière décennie a confronté une crise structurelle aggravée par l'effondrement institutionnel, la corruption et les sanctions étrangères.
Le succès de ce nouveau plan dépendra, entre autres facteurs, de la sécurité juridique, de la mise en œuvre effective de la réforme légale et de la capacité de l'État vénézuélien à créer des conditions de confiance pour les investisseurs nationaux et étrangers.
L'évolution des relations avec les États-Unis et d'autres acteurs stratégiques sera également cruciale.
Si la réforme pétrolière parvient à surmonter les défis politiques et techniques auxquels elle est confrontée, et si l'investissement prévu se concrétise, le Venezuela pourrait amorcer une lente mais solide reprise de sa capacité productive, transformant sa richesse naturelle en un levier de développement.
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