Deux morts lors d'une opération des États-Unis contre une présumée narcolancha près de la Colombie




Le Commandement Sud des États-Unis a mené ce jeudi 5 février une attaque létale dans les eaux internationales du Pacifique oriental, près de la Colombie, contre un navire qui, selon des rapports de renseignement, circulait sur des routes fréquemment utilisées pour le trafic de drogue.

L'opération a laissé un bilan de deux personnes mortes et fait partie de la campagne militaire impulsée par l'administration du président Donald Trump sous le nom d'Opération Lanza del Sur.

L'action a été menée par la Force opérationnelle conjointe Southern Spear, branche opérationnelle du Commandement sud dans ce type d'interventions.

Dans un communiqué diffusé sur le réseau social X, l'organisme a informé que l'attaque a été réalisée “sous les ordres du commandant du SOUTHCOM, le général Francis L. Donovan”, et a précisé qu'il s'agissait de “une attaque cinétique létale contre un navire opéré par des organisations désignées comme terroristes.”

Selon le message officiel, “les services de renseignement ont confirmé que l'embarcation circulait sur des routes connues de trafic de drogue dans le Pacifique oriental et était impliquée dans des opérations de narcotrafic. Deux narcoterroristes ont été tués lors de l'action. Aucune force militaire américaine n'a été blessée.”

Le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth, s'est dit satisfait du succès de la campagne.

"GANANDO : Certains des principaux narcotrafiquants du cartel dans l'AOR de @SOUTHCOM ont décidé de cesser toutes les opérations de narcotiques INDEFINIMENT en raison des récentes attaques cinétiques (très efficaces) dans les Caraïbes. Cela se traduit par une dissuasion par la force. @POTUS sauve des vies américaines", a-t-il écrit sur X.

Le plus récent attentat survient quelques jours après la visite officielle du président colombien Gustavo Petro à Washington, où il a rencontré Donald Trump.

Bien que les détails de la rencontre n'aient pas été révélés, les analystes ont lié le renforcement des opérations dans la région aux différences croissantes entre les deux dirigeants sur des sujets tels que le narcotrafic et l'intervention militaire.

Une escalade soutenue dans la mer

Cette nouvelle opération est la première du mois de février et s'ajoute à une série d'attaques qui, depuis août 2025, ont entraîné la mort d'au moins 128 personnes, selon le bilan le plus récent fourni par des sources militaires américaines.

De celles-ci, au moins 25 actions auraient été réalisées dans le Pacifique et 11 autres dans la mer des Caraïbes.

La campagne "Lanza del Sur" a été officiellement lancée en septembre dernier, après des années de tensions géopolitiques avec le régime de Nicolás Maduro et d'autres acteurs désignés par Washington comme complices du narcotrafic transnational.

Depuis lors, le Commandement Sud a insisté sur le fait qu'il faisait face à une “guerre contre les narcoterroristes”, bien qu'il n'ait jusqu'à présent présenté aucune preuve concluante confirmant que les embarcations attaquées transportaient des drogues.

Le 23 janvier dernier, une attaque similaire a fait deux autres morts dans le Pacifique oriental. Selon le communiqué publié à l'époque, “le navire circulait sur des routes connues de narcotrafic” et était opéré par “des organisations terroristes désignées”.

Critiques et revendications : Le débat sur la légalité des attaques

Les attaques ont suscité des critiques tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des États-Unis.

Des organisations de droits de l'homme, des familles de victimes et même des législateurs ont remis en question la légalité de ces actions militaires, dans la mesure où des preuves claires du lien entre les embarcations et le trafic de drogue ou des groupes terroristes ne sont pas toujours présentées.

Le 27 janvier, des membres de la famille de deux citoyens trinitéens, Joseph et Samaroo, décédés lors de l'une des attaques de l'année dernière, ont intenté une action en justice contre le gouvernement américain pour "mort par négligence".

La querelle se fonde sur deux instruments juridiques : la Loi sur les Morts en Haute Mer, qui permet d'intenter des poursuites pour homicides en eaux internationales, et la Loi sur les Réclamations pour Préjudices contre Étrangers (Alien Tort Statute), qui autorise les citoyens étrangers à intenter des actions en justice devant des tribunaux américains pour des violations du droit international.

Dans la plainte, les membres de la famille affirment qu'il s'agissait de "meurtres prémédités et intentionnels" qui violent à la fois la législation interne des États-Unis et les normes internationales contre les exécutions extrajudiciaires.

«Ces meurtres prémédités et intentionnels violent le droit interne qui interdit le meurtre et le droit international qui interdit les exécutions extrajudiciaires ou la privation arbitraire ou illégale du droit à la vie», soutient le document légal.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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