Ex-militaire condamné pour la mort de deux Cubaines se présente comme une "victime" à Miami et dénonce des tortures au Venezuela



Dahud Hanid Ortiz en entretien avec Telemundo 51.Photo © Captura de Video/Telemundo 51

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L'ancien marine Dahud Hanid Ortiz, condamné à 30 ans pour le meurtre de deux Cubaines à Madrid, est réapparu dans une interview à Miami avec un récit de prétendus tortures dans des prisons vénézuéliennes.

Sa version, cependant, a suscité l'indignation en Espagne et rouvre la plaie d'Elisa Consuegra Gálvez et de Maritza Osorio Riverón, deux femmes qui ont perdu la vie à cause d'un crime qui, selon la justice, n'était pas dirigé contre elles.

La interview a été diffusée par Telemundo 51 et marque la première apparition publique d'Ortiz depuis sa sortie controversée de prison, après avoir été inclus dans un échange de détenus entre Caracas et Washington l'année dernière.

Devant la caméra, l'ancien militaire insiste sur son innocence dans le cadre du "triple crime d'Usera" et affirme que tout n'était qu'un "montage", tout en décrivant avoir subi des maltraitances extrêmes pendant sa détention dans des lieux liés à l'appareil de contre-espionnage du régime vénézuélien.

Mais l'approche “victime ou meurtrier ?” promue par le programme est tombée comme du sel sur une plaie. Le journal espagnol 20minutos a été clair en affirmant qu'Ortiz n'est pas un “accusé”, mais un condamné, et sa prise de parole publique a provoqué l’indignation des familles et proches des victimes, qui voient comment l'homme reconnu coupable essaie de retourner la situation.

L'histoire qui poursuit Ortiz remonte à juin 2016, lorsque trois personnes ont été tuées dans un cabinet d'avocats dans le quartier madrilène d'Usera. Parmi elles se trouvaient Elisa, juriste originaire de La Havane, et Maritza, réceptionniste de Holguín et mère, ainsi qu'un client équatorien.

Dans la couverture de l'affaire, les médias ont souligné le caractère brutal du crime, le mobile passionnel investigué et le fait que les victimes “sont mortes par hasard”, prises dans une vengeance étrangère.

L'indignation ne se limite pas à l'interview. Elle revient également sur le point le plus incompréhensible pour les familles : comment un homme avec une condamnation définitive a pu se retrouver dehors de la prison.

En janvier 2024, un tribunal de Caracas a condamné Hanid Ortiz à 30 ans de prison pour le triple meurtre commis à Madrid en 2016, après un procès au cours duquel des autorités espagnoles et allemandes ont présenté des preuves et des témoignages l'associant au crime. La justice vénézuélienne a pris en charge l'affaire après que Caracas a refusé l'extradition demandée par l'Espagne, arguant qu'Ortiz, né au Venezuela et également citoyen de ce pays, devait être jugé sur son territoire et ne pouvait pas être remis à un autre État.

En juillet 2025, l'affaire a de nouveau éclaté lorsque Ortiz est apparu parmi les libérés lors d'un échange entre le Venezuela et les États-Unis. Son inclusion en tant que supposé “prisonnier politique” a provoqué des critiques et un sentiment de trahison dans l'entourage des victimes.

Dans le reportage de Telemundo, en plus du récit de l'ex-marine, on entend la demande de justice d'un père d'une des victimes, qui remet en question le fait que le condamné soit en liberté aux États-Unis.

Ce que pour Ortiz est "sa version", pour les familles d'Elisa et Maritza, cela résonne comme une seconde agression : celle de voir le nom de leurs filles transformé en note de bas de page, tandis que l'homme condamné tente de réécrire l'histoire devant les caméras.

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