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L'influenceuse cubaine Anna Sofía Benítez Silvente (Anna Bensi), une jeune havanaise de 21 ans, a fait le saut vers la presse internationale après la diffusion de ses vidéos sur TikTok, YouTube et Facebook, où elle parle des difficultés quotidiennes à Cuba et défend un message de liberté.
Le journaliste Daniel Lozano l'a interviewée pour El Mundo, dans un profil qui souligne que la jeune femme “a laissé la peur derrière elle” et que son contenu est devenu l'une des voix les plus critiques contre le régime.
Selon l'entretien cité, Bensi affirme avoir subi du harcèlement en raison de son activité : elle assure qu'on l'a mise sous pression jusqu'à provoquer son renvoi (ou son départ) d'un emploi dans un salon de beauté, qu'on lui coupe Internet "à discrétion" et qu'il y a une surveillance dans sa zone pour l'intimider.
Dans le même récit personnel, elle décrit que chez elle, ils traversent de graves difficultés : elle dit que sa mère et elle ne mangent qu'une fois par jour, que l'eau est "critique" et que les coupures de courant durent en moyenne 12 heures à La Havane, tandis que dans d'autres provinces — affirme-t-elle — elles peuvent atteindre 48 heures.
Le texte établit également un lien entre sa notoriété croissante et l'arrestation récente des influenceurs Kamil Zayas et Ernesto Ricardo Medina, du projet indépendant El 4tico.
Le danger de penser différemment
Bensi explique que sa dernière vidéo serait un hommage à tous deux et affirme qu'ils ont été emprisonnés "pour avoir une pensée différente". Elle ajoute que son arrestation vise à "inhiber" les jeunes qui osent s'exprimer et que, malgré les risques, elle n'a pas peur et continuera à parler "de la vérité" en se basant sur son expérience personnelle.
Otra interview la visibilisait dans un média américain : le journaliste cubain Yoe Suárez la présente dans The Washington Stand comme “la jeune évangélique derrière un message viral de foi et de liberté pour Cuba”, une description qui cadre son saut vers des audiences en dehors de l'île.
Bensi, de son côté, assure qu'il a envisagé d'émigrer — comme “près de deux millions” de Cubains qui auraient quitté le pays depuis le 11-J, selon ce qui est mentionné dans le texte — mais il dit se sentir maintenant “plus libre” et exprime son espoir de voir un changement politique en 2026.
« J'ai laissé la peur derrière moi parce que la liberté est mille fois plus importante », affirme-t-il dans l'interview citée.
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