Pas seulement des prisonniers politiques : Les libérations à Cuba incluent des détenus communs, alertent les organisations

Image de prisonniers politiques créée avec l'IAFoto © CiberCuba / Sora

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Les libérations anticipées initiées suite à la plus récente annonce du régime cubain ne bénéficieraient pas uniquement aux personnes incarcérées pour des raisons politiques, mais également aux détenus condamnés pour des crimes communs, selon des rapports préliminaires reçus par l'organisation Justicia 11J de la part de familles de personnes privées de liberté.

La entité a averti qu'elle est encore en train de vérifier chaque cas avant de fournir une liste définitive de noms et de détails.

Dans un message diffusé sur X, Justicia 11J a informé avoir reçu des informations de la part de familles concernant "plusieurs possibles libérations" survenues au cours des dernières heures.

L'organisation a demandé de la prudence et a assuré qu'elle ne divulguera les identités qu'une fois confirmées.

Dans cette même déclaration, il a ajouté un élément pertinent : trois sources familiales distinctes ont rapporté que, dans le processus actuellement en cours, des personnes condamnées pour des crimes ordinaires seraient également libérées, “dans une proportion qui, selon ces premières informations, pourrait dépasser celle des personnes emprisonnées pour des raisons politiques”.

Cette remarque introduit une nuance importante sur l'ampleur réelle de la mesure annoncée par les autorités cubaines.

Bien qu'une partie de l'attention publique ait été concentrée sur les prisonniers politiques et, en particulier, sur les manifestants du 11 juillet 2021, les informations préliminaires recueillies par Justicia 11J suggèrent que le processus pourrait être plus large et englober d'autres détenus non liés à des causes politiques.

Jusqu'à présent, les premières libérations confirmées par des organisations de droits de l'homme concernent précisément des prisonniers politiques du 11J.

Prisoners Defenders a identifié 10 personnes libérées. Parmi eux, Ibrahín Ariel González Hodelin, 26 ans, condamné à 9 ans, Prison Mar Verde, Santiago de Cuba ; Ariel Pérez Montesino, 52 ans, condamné à 10 ans, Prison Guanajay, Artemisa.

Il a également mentionné Juan Pablo Martínez Monterrey, 32 ans, condamné à 11 ans, Prisión de Trabajos Forzosos Ceiba 5, Artemisa ; Ronald García Sánchez, 33 ans, condamné à 14 ans, Prisión de Trabajos Forzosos Toledo 2, Marianao, La Havane ; Adael Jesús Leyva Díaz, 29 ans, condamné à 13 ans, Prisión de Trabajos Forzosos Zona 0, Combiné de l'Est, La Havane.

Oscar Bárbaro Bravo Cruzata, 27 ans, condamné à 13 ans, Prisión de Trabajos Forzosos La Lima, Guanabacoa ; José Luis Sánchez Tito, 34 ans, condamné à 16 ans, Prisión Combinado del Este, La Havane ; Roberto Ferrer Gener, 52 ans, condamné à 15 ans, Prisión Combinado del Este, La Havane ; Yussuan Villalba Sierra, 35 ans, condamné à 10 ans, Prisión de Trabajo Forzoso du Combinado del Este ; Eduardo Álvarez Rigal, 36 ans, condamné à 13 ans, Prisión de Trabajo Forzoso La Lima, Guanabacoa.

Justicia 11J, pour sa part, a déclaré avoir vérifié individuellement la libération de Ronald García Sánchez et Adael Jesús Leyva Díaz, tous deux sous liberté conditionnelle.

Dans les deux cas, l'organisation a précisé que les sanctions originales avaient été réduites après des recours en cassation, mais elle a insisté sur le fait qu'il s'agissait d'excarcérations conditionnelles et non d'une libération totale.

Tanto Justice 11J que Prisoners Defenders s'accordent à dire que les condamnations de ces personnes restent en vigueur.

Le schéma appliqué n'équivaut ni à une amnistie ni à un pardon, mais à des avantages pénitentiaires soumis à contrôle et à une éventuelle révocation. Prisoners Defenders a même décrit cette modalité comme une libération conditionnelle « particulièrement restrictive », proche d'un « régime carcéral-domiciliaire ».

Un précédent dangereux

La prudence des organisations de défense des droits de l'homme repose également sur des précédents récents.

En 2025, le Tribunal Suprême Populaire a annoncé l’achèvement “réussi” d’un processus de libération de 553 détenus, divisé en deux phases : 378 demandes approuvées en janvier et 175 en février.

Cependant, cette mesure n'a pas non plus constitué une libération totale. Les bénéficiaires ont reçu une "libération anticipée" et ont continué à purger leurs peines sous des conditions spécifiques, parmi lesquelles des comparutions régulières devant un juge et la menace de révocation du bénéfice en cas de non-respect.

Le contexte politique de ces mesures fait également partie du tableau décrit dans le document. L'annonce de janvier 2025 a coïncidé avec la décision de l'administration Biden de retirer Cuba de la liste des pays soutenant le terrorisme.

Dans le processus actuel, le manque de transparence officielle reste l'un des éléments centraux. Les autorités n'ont pas divulgué de liste complète des libérés ni expliqué avec précision combien d'entre eux sont des prisonniers politiques et combien sont des délinquants communs.

Cette absence d'informations officielles est précisément ce qui a conduit des organisations comme Justicia 11J à reconstituer le processus à partir des rapports familiaux et des vérifications indépendantes.

Au moment de cette annonce, Justicia 11J documentait un sous-enregistrement de 760 personnes privées de liberté pour des raisons politiques à Cuba. 

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