Les autorités locales ont activé des mesures de surveillance et de contrôle dans les entités étatiques de Morón suite aux manifestations qui ont eu lieu dans cette municipalité dans la nuit de ce samedi.
Les entités ont demandé à leurs travailleurs de renforcer la vigilance ouvrière, de procéder à la mise à jour immédiate des annuaires du personnel, l obligation de garantir que tous les travailleurs soient joignables, la discipline informationnelle et une réponse organisée face à d'éventuels actes de vandalisme.
Ainsi le souligne une "Précision de Vigilance et de Réponse" émise par la Direction Municipale de l'Aménagement du Territoire et de l'Urbanisme à Morón.
Le document indique que ces dispositions sont adoptées “en conformité avec la tâche du Parti et du Gouvernement” et fixe comme priorité la “localisation immédiate” du personnel.
Concrètement, il ordonne de mettre à jour les annuaires et stipule que « tout le personnel doit être joignable ».
Parmi les mesures les plus marquantes figure l'activation de la "garde ouvrière", définie dans le texte comme un renforcement de la surveillance aux "points critiques et ressources de l'entité".
L'instruction vise à une mobilisation interne au sein des centres de travail pour protéger les installations et les biens de l'État dans un contexte de tension suite aux manifestations.

La directive impose également une "discipline de l'information". Selon le document, toute incidence doit être signalée immédiatement et il faut "éviter les rumeurs", une formulation qui suggère une tentative de contrôler la circulation de l'information au sein des institutions après les événements survenus dans la ville.
Un autre des points appelle à une "réponse unie" face à tout "acte vandale", sous la prémisse que doit prévaloir "l'organisation et la fermeté".
Le texte se conclut par un mot d'ordre politique et opérationnel : « Organisés et prêts à défendre la tranquillité de notre centre ».
Ces mesures ont été adoptées après une nuit de manifestations à Morón, où des dizaines de personnes sont sorties dans les rues pour se manifester contre les coupures de courant, la pénurie alimentaire et la crise économique.
Des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux montrent une foule marchant la nuit dans plusieurs rues de la commune en criant « Liberté ! » tout en frappant des casseroles.
Dans l'un des enregistrements, le narrateur appelle plus de voisins à se joindre : « Morón et Ciego de Ávila dans la rue en demandant la liberté ».
La protestation a avancé à travers différentes zones de la ville jusqu'à atteindre les environs d'une unité de police.
Pendant la diffusion, on entend également des plaintes concernant la faim, le manque d'électricité et les privations accumulées.
« Le peuple en a assez de souffrir de la faim, du travail, du besoin, sans électricité... C'est fini ! », déclare l'une des personnes participant à la marche.
On entend également des appels directs à d'autres résidents : « Et toi de Morón, si tu me vois, rejoins-nous ! », accompagné de la consigne « Patrie et Vie ».
Les images montrent également une marche nocturne éclairée par des lanternes de téléphones mobiles et des lumières de motos.
Ce malaise a été causé par la profonde crise économique et énergétique que traverse Cuba, marquée par des coupures de courant qui, dans plusieurs provinces, dépassent 20 heures par jour, des problèmes persistants d'approvisionnement alimentaire et une forte inflation.
Les commentaires des utilisateurs sur les réseaux sociaux reflètent la frustration face à la situation du pays.
« C'est bon maintenant, il n'y a pas de nourriture, pas d'électricité, pas d'eau », a écrit une utilisatrice identifiée comme Sulen López, tandis qu'un autre commentaire disait : « Jusqu'à quand, ça fait longtemps que nous supportons cela ».
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