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Sandro Castro, petit-fils de Fidel Castro, se retrouve à nouveau au cœur de la controverse après avoir diffusé sur les réseaux sociaux une image générée par intelligence artificielle le montrant en train de boire une bière aux côtés de Barron Trump, fils du président américain Donald Trump.
Dans l'image, il apparaît en train de prendre une bière Cristal tandis que son "partenaire" a une autre boisson.
"Consorte, ce que tu dois faire, c'est prendre Cristachch", est le message au ton décontracté qui apparaît à côté de la photo.
La publication a été interprétée par beaucoup comme une provocation supplémentaire au milieu de la grave crise que traverse Cuba.
Auparavant, Castro avait publié une vidéo dans laquelle, avec son style excentrique habituel, il interagit avec un jouet en forme de main qu'il appelle "Magnolia", et commente avec sarcasme la crise énergétique, le manque de carburant et les rumeurs sur l'aide humanitaire.
Avec un ton moqueur, Sandro dit : "Ah, des petits bateaux arrivent ? Mon Dieu, Magnolia, merci pour les espoirs. Regarde, à Cuba, l'espoir a été dévoré par une chèvre", dit-il, trivialiser une situation qui affecte des millions de Cubains.
Ce n'est pas la première publication de Sandro dans laquelle il inclut un membre de la famille Trump.
La semaine dernière, il a partagé une vidéo dans laquelle il apparaissait aux côtés d'un imitateur de Donald Trump qui lui proposait l'idée de "acheter Cuba".
Dans le sketch, le personnage proposait de transformer le Malecón de La Havane en une sorte de "Riviera des multimillionnaires", un contraste évident avec la précarité que connaît le pays.
Le jeune répondait à la proposition et plaisantait sur les limitations quotidiennes du pays, comme les problèmes de signal téléphonique, le manque de transport et la pénurie de ressources.
L'impunité des enfants et petits-enfants de papa à Cuba
Ce type de publication a été interprété par de nombreux Cubains comme un signe de déconnexion avec la réalité du pays, où les coupures de courant, la rareté des aliments et le manque de services de base font partie du quotidien.
Alors qu'une grande partie de la population fait face à des difficultés extrêmes, le petit-fils de l'ancien dirigeant cubain projette une image de désinvolture et de privilège.
Sur les réseaux sociaux, de nombreux utilisateurs ont critiqué le ton de ses contenus, les considérant comme une moquerie envers la souffrance du peuple. Ses vidéos ne suscitent pas l'humour mais l'indignation, surtout en raison de leur provenance d'une personne liée à l'une des familles les plus puissantes du pays.
D'autres soulignent que son comportement témoigne d'une impunité qui n'est pas à la portée du citoyen ordinaire.
Ils soutiennent que toute autre personne qui ferait des commentaires similaires ou aborderait la réalité du pays avec un tel niveau d'exposition pourrait faire face à des conséquences légales ou répressives.
Un historique de provocations et de contradictions
Sandro Castro a construit une présence numérique basée sur l'humour absurde, la provocation et des références ambiguës à la situation nationale.
Au-delà de l'apparence humoristique, ces publications ont été interprétées de différentes manières. Certains y voient des critiques sous-jacentes du système, surtout lorsqu'elles ont fait des commentaires sur des institutions comme l'Union Électrique ou ont insinué des moqueries à l'égard du dirigeant Miguel Díaz-Canel.
Cependant, cette interprétation possible n'élimine pas le malaise que suscitent ses actions.
Alors que des millions de Cubains font face à des coupures de courant prolongées, à la pénurie alimentaire et à une économie en déroute, le petit-fils de Fidel Castro apparaît sur les réseaux sociaux en train de jouer avec des personnages, de boire de la bière et de publier des images fictives avec des figures internationales.
Cette dualité - entre critique supposée et frivolité évidente - est précisément ce qui irrite le plus de nombreux citoyens. Pour eux, Sandro Castro ne représente pas une véritable voix critique, mais le reflet d'un système dans lequel certains peuvent se permettre de transformer la crise en spectacle.
Même ceux qui tentent de percevoir des messages cachés dans ses publications reconnaissent que sa figure incarne une profonde contradiction : alors que le pays s’enfonce, il construit une narration numérique où l’effondrement se transforme en contenu.
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