Cacería à Guanabacoa : le régime poursuit ceux qui ont protesté contre la misère



La police cubaine recherche des femmes à GuanabacoaPhoto © Facebook Armando Labrador

Le régime cubain a déclenché une vague d'arrestations contre des résidents du quartier Las Minas, dans la municipalité de Guanabacoa, à La Havane, qui sont sortis protester pendant les coupures de courant en raison de la misère, de la faim et de la crise qui frappe le pays.

Le créateur de contenu cubain Armando Labrador, fondateur du Mouvement Cuba Primero et président de Cántalo TV, a décrit ce qui se passe comme une véritable persécution. Il affirme que les arrestations à Guanabacoa sont dirigées contre les manifestants, dans ce qu'il a qualifié de "véritable chasse" du régime castriste.

Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, on entend une femme dire devant les agents : "Ils sont venus en voiture pour nous emmener, mais pourquoi, si nous n'avons rien fait, c'est ce que je ne comprends pas. Je dois aller à la station de police."

La scène résume le modèle répressif que le régime applique contre ceux qui osent exprimer leur mécontentement.

Ce n'est pas la première fois que Guanabacoa est le théâtre de répression. Lors d'une manifestation précédente dans la même municipalité, des témoins ont rapporté que "la police a emmené tout le monde qu'elle a pu", et au moins six personnes ont été arrêtées, parmi lesquelles un jeune de 20 ans.

Trois des arrêtés ont été libérés après avoir payé une caution de 25 000 pesos. Les autres sont restés sous la garde de l'État.

Le mécontentement à Guanabacoa n'est pas nouveau. Depuis décembre 2025, des affiches avec des slogans contre Díaz-Canel sont apparues sur les façades des maisons du municipalité, signe qu'une population historiquement active — qui est également descendue dans la rue le 11 juillet 2021 — a perdu la peur d'exprimer son ras-le-bol.

Les arrests à Las Minas se produisent dans le cadre de la crise la plus grave que Cuba ait connue depuis des décennies. Depuis le 3 janvier 2026, les sanctions pétrolières américaines contre le Venezuela ont éliminé la principale source de pétrole brut de l'île, provoquant l'effondrement du système électrique national.

Dans ce contexte, les manifestations se sont multipliées à travers l'île. Le 14 mars, des manifestants ont vandalisé le siège du Parti Communiste à Morón.

Le 20 mars, des voisins de Diez de Octubre ont érigé des barricades et des feux de joie. Le 22 mars, le Vedado a de nouveau résonné avec des casseroles pendant le second blackout national en une semaine.

« La répression s'intensifie alors que le mécontentement populaire grandit face à une crise de plus en plus profonde », a averti Labrador.

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