Amelia Calzadilla devant le Parlement basque : "La dictature entraîne Cuba vers un extermination massive, lente et silencieuse."



Amelia Calzadilla lors de son intervention devant le Parlement basque.Photo © Captura de Video/Facebook/Ciudadanía y Liberté

Amelia Calzadilla, coordinatrice des programmes de l'organisation Ciudadanía y Libertad, a comparu devant la Commission de l'Égalité et de la Coopération au Développement du Parlement basque, réunie à Vitoria, pour exposer la situation des femmes à Cuba et dénoncer la crise humanitaire que traverse l'île.

Dans son témoignage, publié par Ciudadanía y Libertad sur Facebook, l'activiste cubain a décrit la crise à Cuba comme une conséquence directe de décennies de dictature. "Notre pays traverse une crise humanitaire. Et ce n'est pas une crise humanitaire qui a commencé il y a un mois, c'est une crise humanitaire résultant d'une mauvaise gestion gouvernementale qui perdure depuis presque sept décennies", a-t-elle souligné.

Calzadilla a estimé qu'environ 1 200 personnes se trouvent actuellement comme prisonniers politiques à Cuba, un chiffre qui coïncide avec les 1 214 enregistrés par Prisoners Defenders en février 2026. Il a averti que ce nombre change constamment, "au fur et à mesure que des manifestations se produisent dans les rues cubaines, de nouvelles personnes sont incarcérées".

L'activiste a souligné le rôle central des femmes dans les manifestations. "Les femmes sont les véritables protagonistes de ces manifestations car, au final, la charge de la famille, le poids des enfants, retombe inévitablement sur les mères." Elle a dénoncé que le régime répond par "la violence et des leçons exemplaires", et que la répression ne se limite pas aux activistes mais atteint également leurs familles.

Comme exemple concret de cette répression, Calzadilla a révélé que le même jour de son intervention à Vitoria, une jeune militante qui avait enregistré une vidéo pour la session parlementaire a été convoquée par la police politique cubaine, qui fabriquait un délit à l'encontre de sa mère pour la pressuriser.

Devant les parlementaires basques, il a présenté deux vidéos, l'une d'une prisonnière politique récemment libérée et l'autre d'une jeune femme qui utilise les réseaux sociaux pour donner une voix à la jeunesse cubaine. Il a également lancé un avertissement sur la direction que prend le pays : "Le maintien au pouvoir de la dictature conduit notre pays vers un extermination massive, lente, douloureuse et silencieuse, car on nous interdit de dire ce qui se passe".

Calzadilla a appelé la communauté internationale à reconnaître le caractère pacifique de la lutte du peuple cubain, à mettre fin à tout soutien au régime et à exercer une pression réelle. "Si cette crise se poursuit, nous redoutons qu'elle ne se transforme en un processus de violence, et nous ne voulons pas cela", a-t-il averti.

Civilisation et Liberté est une organisation de la société civile cubaine fondée en 2024, dirigée par l'historienne et activiste Carolina Barrero, qui opère depuis l'exil et documente la répression systématique contre l'organisation indépendante sur l'île.

"Les options pour nos opposants sont soit la prison, soit l'exil. Et nous voulons pouvoir revenir dans notre pays et nous voulons pouvoir le reconstruire", a conclu Calzadilla devant les législateurs basques.

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