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Un buste de Evo Morales a été retiré ce jeudi du hall de l'ancien Palais Législatif à La Paz, en application d'une résolution approuvée par le Sénat bolivien le 11 mars avec plus des deux tiers des voix, qui a ordonné son extraction définitive et a expressément interdit sa réinstallation dans tout espace législatif.
La mesure a été promue par la sénatrice Claudia Mallón, de la formation APB-Súmate, parti conservateur-libéral, qui a soutenu que le Parlement doit retrouver son institutionalité et éradiquer le culte de la personnalité.
Selon le rapport de EFE, la résolution a ordonné d'effectuer le retrait dans un délai maximum de 72 heures.
"La Asamblea Legislativa doit retrouver son institutionnalité, c'est la maison de la démocratie. Jamais il ne doit y avoir de culte à un quelconque caudillo, qu'il soit de gauche, de droite ou du centre. Ici doivent se trouver les symboles patriotiques, notre blason national, notre drapeau de la Bolivie", a déclaré Mallón dans le hall du Législatif.
Le buste avait été installé entre 2011 et 2012, durant le gouvernement du Mouvement vers le socialisme (MAS), le parti d'Evo Morales. Il portait une plaque l'identifiant comme "Premier Président Constitutionnel de l'État Plurinational", avec la légende "Gouverner en obéissant au peuple, hier, aujourd'hui et toujours".
La sénatrice Wanda Medrano a ajouté que, selon la réglementation en vigueur, un buste ne doit pas représenter une personne vivante, et a qualifié le retrait de "précédent pour le pays".
Mallón est allé plus loin en se référant aux partisans de Morales qui réclamaient la sculpture : "Ceux qui estiment que ce buste leur appartient peuvent le revendiquer, l'emmener dans leur cour ou dans le chaco d'un fugitif de la justice comme Evo Morales."
Morales, qui depuis octobre 2024 se trouve dans le Trópico de Cochabamba pour échapper à une ordonnance d'arrestation émise par la Fiscalía de Tarija, a réagi en qualifiant la mesure de "persécution et humiliation" avec une "mentalité coloniale".
Sur le leader indigène, grand allié du régime cubain, pèse une accusation du parquet de Tarija pour traite aggravée de personnes, déposée en octobre dernier. Il est accusé d'avoir entretenu une relation avec une mineure avec laquelle il aurait supposément eu un enfant en 2016, alors qu'il exerçait la présidence.
La justice n'a pas encore fixé de date pour le procès. La police n'a pas non plus exécuté l'ordre de l'arrêter.
Le retrait du buste intervient après la défaite historique du MAS lors des élections générales de Bolivie en 2025, où le Parti Démocrate Chrétien a remporté la présidence avec 54,5 % des voix au second tour en octobre.
Le parti de Morales, qui a dominé le Parlement pendant des années avec une majorité absolue, ne compte aujourd'hui que deux députés dans la législature actuelle, un effondrement qui a permis l'adoption d'une résolution que l'opposition de l'époque avait réclamée pendant des années.
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