
Vidéos associées :
La apparition des nouveaux billets de 2 000 et 5 000 pesos à Cuba a non seulement confirmé l'ampleur de la crise économique, mais a également déclenché une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux, où de nombreux Cubains ont résumé leur réalité avec une phrase aussi brève que dévastatrice : « Mon salaire dans un billet ».
L'annonce de la Banque Centrale de Cuba intervient au milieu d'une inflation soutenue et d'une chute accélérée du pouvoir d'achat du peso, qui est aujourd'hui coté sur le marché informel autour de 510 CUP par dollar. Dans ce contexte, la mesure a été perçue par une grande partie de la population non pas comme une solution, mais comme un nouveau signe du déclin économique.
« Le salaire d'un médecin représenté sur un billet », a écrit un utilisateur, tandis qu'un autre a ironisé : « Et le salaire des Cubains résumé en 1 ou 2 billets ». Le sentiment général est que l'argent vaut de moins en moins, même lorsqu'il tient maintenant sur une seule pièce de papier.
Les réseaux sociaux se sont remplis de sarcasme, d'inquiétude et de comparaisons avec d'autres pays ayant traversé des crises inflationnistes. “Bienvenue à l'inflation”, “Cela entraîne plus d'inflation” ou “Une plus grande dénomination = une plus grande inflation” figurent parmi les réactions les plus fréquemment exprimées.
Pour beaucoup, l'émission de ces billets ne fait que confirmer ce qu'ils ressentent déjà au quotidien : que les prix augmentent de façon incontrôlable et que le peso cubain perd constamment de sa valeur. "Celui qui a un peu de connaissances économiques sait où cela mène", a commenté un autre utilisateur, en référence à des expériences comme celles du Venezuela ou de l'Argentine.
Le scepticisme se mêle également à l'humour noir. "Pour acheter du pain avec 5 000 pesos", "Avec un billet de chaque, j'ai une caisse de lager" ou "Maintenant, le salaire d'un mois dans un seul billet" sont des exemples de la manière dont les Cubains traitent la crise avec ironie.
Au-delà des moqueries, il existe des préoccupations concrètes. Beaucoup soulignent que cette mesure pourrait aggraver des problèmes déjà existants, tels que le manque de liquide, le refus des billets de faible dénomination ou la dépendance croissante au dollar. « Imprimer des gros billets ne stoppe pas l'inflation, c'est une conséquence », a souligné un commentaire qui résumait le sentiment de beaucoup.
D'autres soulignent directement l'impact social : « Cela va encore plus démoraliser les travailleurs lorsqu'ils verront qu'ils travaillent tout un mois pour un seul billet qui ne suffit même pas à couvrir une semaine de repas », a déploré un utilisateur.
Alors que la Banque Centrale défend cette mesure comme nécessaire pour "faciliter les transactions" dans un contexte de forte circulation de liquide, la perception dans la rue est différente. Pour de nombreux Cubains, ces nouveaux billets ne représentent pas un soulagement, mais plutôt une confirmation palpable que la crise continue de s'approfondir.
Et au milieu de cette réalité, le commentaire qui revient le plus souvent ne parle ni d'économie ni de politique, mais de survie : le salaire, celui qui peine à suffire, tient désormais sur un seul billet, mais reste insuffisant pour vivre.
Archivé dans :