Cuba traverse une crise de sécurité publique sans précédent, alors que la police se fait remarquablement absente face à la criminalité et déploie ses forces contre la dissidence, laissant la population complètement désarmée face à une vague criminelle en constante augmentation.
Selon l'Observatoire Cubain de l'Audit Citoyen (OCAC), en 2025, 2 833 délits vérifiés sur l'île ont été enregistrés, soit une augmentation de 115 % par rapport à 2024 et de 337 % par rapport à 2023, avec une moyenne de sept à huit délits par jour.
Les vols ont été le délit prédominant, avec 1 536 cas en 2025, une augmentation de 479 % par rapport à 2023. Les provinces les plus touchées ont été Matanzas avec 503 cas, Granma avec 424, La Havane avec 398 et Santiago de Cuba avec 323.
Les experts avertissent que ces chiffres représentent à peine une fraction de la réalité, en raison de la peur des représailles et de la méfiance généralisée envers les institutions de l'État.
Le déclencheur structurel est la débâcle économique : l'économie cubaine s'est contractée de 5 % en 2025 et accuse une baisse de 15 % depuis 2020, selon le Centre d'Études de l'Économie Cubaine de l'Université de La Havane, ce qui a entraîné une augmentation de la pauvreté et, par conséquent, des taux de criminalité sur tout le territoire national.
A cela s'ajoute l'effondrement interne des forces de l'ordre elles-mêmes. 20 % des effectifs policiers ont quitté le corps au cours de la dernière année, laissant de vastes zones du pays pratiquement sans couverture de sécurité.
Pendant ce temps, la répression de la liberté d'expression a atteint 203 violations en un seul mois, et les agents sont intervenus armés de fusils dans les foyers des citoyens, mettant en évidence la véritable priorité du régime : contrôler la dissidence, et non protéger la population. Selon des analystes, la police cubaine n'est pas conçue pour servir les citoyens.
L'inaction policière face à la criminalité est documentée dans des cas concrets. Le vendredi passé, une famille à Santiago de Cuba a attendu plus de dix heures sans réponse après avoir signalé un vol dans son appartement du bâtiment T-37, dans le quartier Micro 8. La police a invoqué un "changement de service".
Face à l'abandon des institutions, la population a commencé à prendre la justice en main. Les habitants de Guantánamo ont capturé par leurs propres moyens un voleur, tandis qu'une foule à Santiago de Cuba a failli lyncher un autre délinquant. Dans un cas qui a suscité l'indignation, un voleur a été ligoté et promené dans les rues comme un châtiment public.
Le tableau que dessine cette spirale de crime et d'impunité n'est pas accidentel : c'est la conséquence logique d'une dictature qui n'a jamais conçu son appareil policier pour protéger le citoyen, mais pour se protéger elle-même.
Beaucoup de Cubains résument cela par une phrase qui se répète sur les réseaux sociaux avec une désespérance croissante : "Nous ne sommes même plus en sécurité chez nous." Et ils ont raison. Les agresseurs opèrent avec une totale impunité dans des zones fréquentées, sans présence policière ni réaction immédiate, tandis que le régime déploie ses agents armés non pas contre le crime, mais contre ceux qui osent le dénoncer.
L'État priorise la répression politique pour sa propre survie, et non la sécurité réelle du peuple cubain. Tant que cette équation ne changera pas - et elle ne changera pas sans un changement de système - les Cubains resteront piégés entre le délinquant qui entre par la porte et le régime qui garde un œil par la fenêtre.
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