"26 ans emprisonné sans procès" : Le cri d'un jeune Cubain piégé dans sa propre terre



Eriel, jeune CubainPhoto © Captura de Video/Instagram/_eri.el_

Un jeune Cubain identifié comme Eriel a publié sur Instagram une vidéo de un peu plus d'une minute qui est devenue un témoignage générationnel : 26 ans de vie décrits comme une condamnation à domicile injuste, sans procès ni charges claires, dont le seul crime fut de naître à Cuba.

"Depuis ce moment, ma vie est devenue une prison invisible. Mes geôliers ne m'ont pas seulement privé de ma liberté, mais ils ont aussi décidé pour moi de chaque détail", affirme Eriel dans le clip, avec une clarté qui résume l'expérience d'une génération entière.

Les détails qu'il énumère ne sont pas des métaphores vides : ce sont l'architecture concrète de la vie sous la dictature cubaine.

"Depuis que je ne pouvais prendre qu'un verre de lait pour le petit-déjeuner jusqu'à sept ans, jusqu'à la quantité d'heures de lumière et d'eau que je peux avoir chaque jour", dit Eriel, faisant directement référence au système de carnet de rationnement —en vigueur depuis 1962— et à la crise énergétique qui paralyse aujourd'hui l'île.

Les "heures de lumière" mentionnées par Eriel renvoient à une crise qui perdure. Au 14 avril 2026, le Système Électrique National rapportait un déficit de 1 158 mégawatts. En décembre 2025, les coupures de courant ont laissé 61 % du pays sans électricité, avec des interruptions dépassant 24 heures à l'intérieur des terres. Le ministre de l'Énergie lui-même, Vicente de la O Levy, a averti que 2026 serait une année très difficile et tendue.

Ce qui frappe le plus dans la vidéo d'Eriel, c'est l'absence d'espoir, non pas comme une défaite personnelle, mais comme un diagnostic collectif.

"Ce ont été des années longues et angoissantes, des années où l'on m'a demandé de faire preuve de résilience. Oui, de la résilience pour qu'ils puissent continuer à vivre confortablement, pendant que je reste piégé sans pouvoir changer mon destin," dit-il.

Cette désespérance a des conséquences mesurables. Entre 2022 et 2024, plus de 500 000 Cubains ont quitté l'île. La population est tombée en dessous de 11 millions et le pays est en dessous du taux de remplacement générationnel depuis 2019. Ceux qui restent et expriment leur voix font face à de réelles représailles.

Le cas le plus récent et marquant est celui du collectif audiovisuel El4tico : les jeunes Kamil Zayas Pérez et Ernesto Ricardo Medina, arrêtés le 6 février à Holguín pour avoir critiqué la gestion du gouvernement sur les réseaux sociaux, avec des accusations de "propagande contre l'ordre constitutionnel".

Eriel ne demande pas de révolution. Sa revendication est plus basique et, de ce fait, plus dévastatrice.

"Ce n'est pas seulement la liberté physique que nous voulons, c'est le droit de décider de nos vies, de vivre avec dignité et de construire notre propre destin," conclut dans la vidéo.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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