Les files d'attente qui se répètent dans toute Cuba : des grands-parents en attente de leur chèque



Filets de personnes âgées dans les banquesPhoto © Capture de vidéo

Des images de longues files d'anciens devant les banques cubaines ont circulé cette semaine sur les réseaux sociaux, reflétant une réalité qui se répète chaque mois à travers l'île : les retraités doivent attendre des heures — et dans certains cas des jours — pour encaisser leur pension en espèces.

Un vidéo publié par la page "Holguin MiciudadHoy" sur Facebook montre les immenses files qui se forment presque tous les jours devant des agences bancaires de cette ville orientale, et c'est à peine un des nombreux témoignages visuels qui documentent ce phénomène dans des provinces comme Camagüey, Matanzas, Santiago de Cuba et La Havane.

La situation la plus extrême a été enregistrée ce mercredi à Camagüey, où le journaliste José L. Tan Estrada a dénoncé que des personnes âgées dormaient dans le hall de la Banque de la Charité —succursale de la Banque Populaire d'Épargne, sur l'Avenida Libertad— sur des draps, des cartons et des couvertures usées, pour s'assurer d'un tour le lendemain.

La réduction des horaires bancaires, aggravée par les coupures de courant qui affectent cette province, oblige les retraités à passer la nuit sur les trottoirs devant les banques. Parfois, la police a dû intervenir pour organiser les files d'attente des personnes âgées.

En Cárdenas, Matanzas, des dizaines de retraités se rassemblent sous le soleil ou la pluie sans sièges ni espèces disponibles. À Santiago de Cuba, des personnes âgées dorment dans des rues proches des distributeurs à l'intersection d'Enramada avec Corona et Padre Pico, une situation qui s'est aggravée depuis août 2024.

Le contexte économique est dévastateur : après l'augmentation des pensions approuvée en septembre 2025, la pension minimale a été fixée à 3.056 pesos cubains et la maximale à 4.000 pesos par mois, équivalant à moins de 10 dollars au taux de change informel.

Le 99 % des retraités cubains confirme que ces montants ne couvrent pas leurs besoins fondamentaux, selon une enquête de l'Association Syndicale Indépendante de Cuba. Parmi les personnes de plus de 70 ans, 79 % ne peuvent pas se permettre trois repas par jour, et 90,7 % travaillent de manière informelle après leur retraite, selon l'Observatoire Cubain des Droits de l'Homme.

Cuba enregistre 1.774.310 retraités selon l'Office national des statistiques et de l'information, mais le Système d'Attention à la Famille ne couvre que 67.000 personnes, avec un budget de seulement 14.600 dollars pour 2026, laissant plus de 1,7 million de retraités cubains sans autre alternative.

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