Le prisonnier politique cubain et leader de l'Union Patriotique de Cuba (UNPACU), José Daniel Ferrer, a riposté avec fermeté au ministre des Affaires étrangères allemand Friedrich Merz après le rejet de ce dernier de toute intervention militaire sur l'île, en s'appuyant sur des témoignages de précarité extrême à l'intérieur du pays.
Les déclarations de Ferrer surviennent après que le chancelier allemand, Friedrich Merz, ait rejeté ce lundi toute intervention militaire à Cuba lors de la foire Hannover Messe 2026, lors d'une conférence de presse conjointe avec le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva.
« Malgré tous les problèmes politiques internes […] il n'existe aucune menace discernable émanant de Cuba envers d'autres pays », a affirmé Merz.
Le chancelier a également ajouté que : “la capacité de se défendre n'implique pas le droit d'intervenir militairement dans d'autres États lorsque leurs systèmes politiques ne coïncident pas.”
Ferrer a répondu avec fermeté.
"Dice Merz, le chancelier allemand, qu'il n'y a aucune raison pour une intervention militaire chirurgicale contre le régime castriste-communiste. Qu'il demande aux milliers de mères qui vivent dans des situations comme celles-ci si elles veulent ou non une intervention qui les sauve de la faim, de la misère extrême, a affirmé l'ex-prisonnier politique."
L'argument central du leader de l'opposition est que ceux qui rejettent une action militaire "mangent généralement tous les jours, ne manquent pas de médicaments, ni ne sont frappés s'ils protestent parce qu'ils n'ont pas de médicaments ni de nourriture".
Acte suivant, il a lancé une des interpellations les plus percutantes de son message : « qu'il demande aux milliers de mères qui vivent dans des situations comme celle-ci […] si elles veulent ou non une intervention qui les sauve de la faim, de la misère extrême ».
La vidéo, d'un peu plus de cinq minutes, s'appuie sur le témoignage direct d'une mère cubaine dont les enfants ramassent des déchets pour pouvoir se nourrir, dans une tentative d'illustrer - selon Ferrer - la réalité qui est ignorée de l'extérieur du pays.
«Qu'ils demandent aux millions de Cubains qui vivent dans des conditions très similaires à celles-ci, et que s'ils parlent, s'ils protestent, ils sont réprimés et finissent en prison», a insisté l'opposant.
Dans l'un des moments les plus difficiles de son intervention, il a ajouté : « la faim et la tuberculose les tuent dans les prisons de la tyrannie, qui sont très similaires aux camps d'extermination de l'Allemagne nazie. »
Ferrer a amené son argument au cœur du débat international : « qu'ils leur demandent si une intervention chirurgicale contre le régime castro-communiste est nécessaire ou non, et ils répondront ».
Le témoignage qui a marqué la vidéo
Le message de Ferrer s'est appuyé sur l'histoire de Rosalda Cortillo Pérez, une mère cubaine qui a décrit une situation d'abandon extrême.
«Regarde où je dors : dans un lit que j'ai trouvé dans la poubelle, moi et mes deux petits enfants», a raconté la femme dans la vidéo.
Selon son explication, ses enfants ont dû sortir dans la rue pour survivre : « Le plus âgé a passé sept jours dehors à ramasser des déchets pour pouvoir manger […] et le petit, quand il n'a pas à manger, commence à ramasser des ordures dans la rue. »
La femme a affirmé qu'elle avait été expulsée d'un hébergement et qu'elle n'avait pas eu de soutien de l'État depuis des mois.
Le contexte : Allemagne, Trump et la tension sur Cuba
La réponse de Ferrerz à Merz intervient dans un contexte de tensions internationales croissantes.
Le président américain Donald Trump a sous-entendu la possibilité d'une action contre Cuba suite à des interventions récentes au Venezuela et en Iran, tandis que le Pentagone - selon des rapports - a accéléré des plans discrets liés à l'île.
Pour sa part, le dirigeant Miguel Díaz-Canel a averti le 7 avril dernier, dans une entrevista avec Newsweek, des conséquences de toute action militaire.
Ferrer, qui est arrivé à Miami le 20 octobre 2025 après avoir été libéré d'une prison à Cuba, a maintenu une position ferme sur la nécessité d'une action décisive contre le régime cubain.
En déclarations antérieures, il a soutenu qu'il ne s'agirait pas d'une guerre conventionnelle, mais d'une "opération chirurgicale", en référence à une intervention limitée et ciblée.
Sa réponse à Merz remet sur la table le choc entre deux visions : celle des leaders internationaux qui misent sur la diplomatie et rejettent le recours à la force, et celle de secteurs opposés qui estiment que la gravité de la crise à Cuba justifierait des mesures plus drastiques.
Le contraste entre les deux positions se renforce lorsque des discours politiques sont confrontés à des témoignages comme celui de Cortillo Pérez, qui exposent une réalité marquée par la faim, la précarité et le manque de protection de l'État sur l'île.
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