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Le dictateur nicaraguayen Daniel Ortega a qualifié ce lundi le président américain Donald Trump de "dément mental" lors d'un acte officiel à Managua, où il s'est insurgé contre les sanctions imposées à ses fils, l'arrestation de Nicolás Maduro et les menaces d'une opération militaire contre Cuba, selon EFE.
Le discours, prononcé à l'occasion de la Journée Nationale de la Paix, a eu lieu quelques jours après que l'administration Trump ait mis en œuvre la campagne de sanctions la plus large et coordonnée contre le régime d'Ortega à ce jour.
Ortega, âgé de 80 ans et au pouvoir depuis 2007, n’a mentionné Trump par son nom à aucun moment, mais ses allusions étaient sans équivoque.
"Hasta le prix Nobel de la paix a été en lutte, mais il ne l'a pas obtenu (...) C'est un problème, dirions-nous, de déséquilibre mental. Comme nous disons ici : il n'est pas dans son bon sens", a déclaré le dirigeant sandiniste.
« Et le président d'une puissance qui n'est pas dans ses cinq sens va détruire son peuple, et il est en train de détruire la paix et la stabilité du monde », a-t-il poursuivi.
Le déclencheur immédiat de l'excès de colère fut la vague de sanctions de la semaine précédente : le 16 avril, le Département du Trésor des États-Unis sancionna deux fils du couple présidentiel, Maurice Facundo Ortega Murillo et Daniel Edmundo Ortega Murillo, ainsi que cinq autres fonctionnaires et sept entreprises du secteur aurifère nicaraguayen.
Deux jours plus tard, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé des sanctions supplémentaires contre le vice-ministre de l'Intérieur, Luis Roberto Cañas Novoa, en raison de graves violations des droits de l'homme, à l'occasion du huitième anniversaire des manifestations de 2018 qui ont fait plus de 325 manifestants morts.
Rubio a qualifié l'action du régime de vague brutale de répression contre les Nicaraguayens qui se sont courageusement opposés à l'augmentation du niveau de tyrannie, de corruption et d'abus du régime.
Ortega a exigé à Trump d'endiguer la guerre en Iran, de lever l'embargo contre Cuba, de mettre fin aux sanctions contre le Venezuela, et de "faire revenir le président Nicolás Maduro dans son pays".
Maduro a été capturé par des forces spéciales américaines le 3 janvier 2026 à Caracas et fait face à des accusations fédérales de narcoterrorisme à New York. Ortega a accusé Trump de lancer "des attaques pour kidnapper des présidents, comme il l'a fait au Venezuela" et de menacer Cuba "avec une opération militaire".
« S'il faut lâcher des bombes, c'est celui qui est devenu expert en en lâcher qui décide (...) C'est le même qui lance continuellement des sanctions contre les peuples », a-t-il reproché.
Pour le dictateur nicaraguayen, "la guerre imposée, de la manière dont l'impose l'actuel président des États-Unis, est propre à quelqu'un qui a perdu la tête et pense qu'il peut faire n'importe quoi, n'importe quelle barbarie."
Son discours reflète l'isolement croissant du régime sandiniste : avec la chute de Maduro, les leaderships du Nicaragua et de Cuba sont sous une pression maximale de Washington qui, depuis avril 2025, a sanctionné plus de 250 fonctionnaires nicaraguayens.
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