Le juriste et politologue cubain Roberto Veiga González, directeur de Cuba Próxima, a analysé mercredi la récente interview accordée par Miguel Díaz-Canel au journaliste brésilien Breno Altman pour Opera Mundi et a conclu que cette apparition publique fait partie de la gestion diplomatique qui se développe entre la Plaza de la Révolution et la Maison Blanche.
À son avis, dans une négociation, les accords avancent plus rapidement que les déclarations, et les paroles de Díaz-Canel le poussent à croire que le dialogue progresse et que le dirigeant cubain a été inclus dans ces discussions.
L'entretien, publié le 22 avril, a attiré l'attention des analystes en raison du contraste entre le ton quelque peu plus détendu de Díaz-Canel et son apparence émaciée et tendue lors de l'entretien avec NBC News, enregistré le 9 avril et diffusé le 12 de ce même mois.
« Évidemment, ces interviews qu'il donne, et celle-ci en particulier, font partie de la gestion des négociations qui ont lieu entre la Plaza de la Révolution et la Maison Blanche », a souligné Veiga González.
Dans ce contexte, Díaz-Canel a décrit les conversations comme une phase très préliminaire et initiale, tout en avertissant que si les lignes rouges du régime cubain sont franchies, il n'y aura pas de négociation. Le dirigeant a également clarifié que les problèmes internes ne sont pas à l'ordre du jour des négociations.
Entre les antécédents de cette approche diplomatique se trouvent les conversations secrètes avec Raúl Guillermo Rodríguez Castro, ainsi que le premier vol gouvernemental américain depuis 2016, du 10 avril dernier, au cours duquel les représentants de l'administration Trump auraient donné un délai de deux semaines au régime cubain pour libérer des prisonniers politiques de haut niveau ; il aurait été proposé d'apporter le service Internet à haut débit Starlink à Cuba, conditionné à des réformes économiques ; une compensation pour les citoyens et les entreprises américaines pour les propriétés confisquées aurait été demandée, ainsi que la levée des restrictions sur les libertés politiques.
Cet délai de deux semaines expire ce vendredi 24 avril.
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