Le coordinateur national des Comités de Défense de la Révolution (CDR), Gerardo Hernández Nordelo, a fait appel à la peur ce samedi lors d'un événement officiel dans le quartier de La Güinera, dans la municipalité d'Arroyo Naranjo à La Havane, afin de discréditer les Cubains de l’exil qui soutiennent une intervention militaire sur l'île.
L'événement, intitulé "débat de quartier sur le devoir patriotique et antiméricaniste", a inclus un tribunal symbolique appelé « J'accuse l'impérialisme », dans lequel les États-Unis ont été déclarés coupables de l'embargo, du manque de médicaments pour enfants et du génocide contre le peuple palestinien, comme l'a montré un rapport de l'officiel Canal Caribe.
Lors de son intervention, Hernández a lancé une question rhétorique pleine de drame. "Comment une personne peut-elle se dire cubain et se prétendre défenseur de notre peuple tout en demandant que des bombes tombent en un lieu comme celui-ci ? Ça, personne ne peut le comprendre", a-t-il indiqué.
Le fonctionnaire a tenté de tracer une ligne entre la diaspora modérée et ceux qu'il appelle "l'extrême droite à Miami", en reconnaissant qu'"il y a de nombreux Cubains dans le monde, à Miami, en Floride en général, aux États-Unis, en Europe, qui ne veulent pas d'agression militaire contre leur pays, quel que soit leur point de vue, quelle que soit leur idéologie, leur religion".
Le secrétariat national des CDR a également émis une déclaration lue lors de l'événement. "Lorsque les tambours de la guerre contre Cuba résonnent fort depuis les États-Unis, le peuple aguerri de Fidel se rassemble pour dire non au terrorisme, non au blocus, non à la haine, non à la guerre que l'on veut nous imposer depuis plus de six décennies," souligne le texte.
L'événement s'inscrit dans une escalade rhétorique du régime face aux déclarations du président Donald Trump, qui a affirmé le 27 mars "Cuba est la suivante" et le 15 avril a suggéré "nous pourrions nous arrêter à Cuba", en faisant allusion à une éventuelle action militaire contre le gouvernement de l'île.
En jours récents Hernández a averti qu'une occupation militaire américaine ferait face à une guerre de guérilla, bien qu'il ait admis que "notre capacité militaire ne peut rivaliser avec celle de l'empire le plus puissant du monde. Nous sommes conscients que s'ils envisagent d'occuper le pays, ils pourraient peut-être le faire, malgré notre résistance".
L'événement à La Güinera fait partie de la campagne #MaSignaturePourLaPatrie, lancée par le Parti Communiste de Cuba le 19 avril à l'occasion du 65e anniversaire de Playa Girón, et qui a pour objectif de recueillir des millions de signatures avant le 1er mai.
La campagne a suscité un rejet massif. Les voisins du bloc 4 de Cárdenas, Matanzas, ont collectivement refusé de signer malgré les pressions et les menaces d'émissaires du régime.
Des analystes indépendants qualifient la campagne de diversion face à une contraction du PIB de 23 % depuis 2019, des coupures de courant prolongées et une pénurie de nourriture et de médicaments qui frappent la population cubaine.
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