Johana Tablada accuse les États-Unis de la crise structurelle à Cuba et avertit que l'île est prête pour une confrontation



Tablada a évité d'analyser la responsabilité du gouvernement cubain dans cette crisePhoto © Radio Mayabeque et Facebook/Johana Tablada

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Johana Tablada de la Torre, deuxième cheffe de mission de l'ambassade cubaine au Mexique, a directement accusé Washington de la crise que traverse Cuba et a averti que l'île est prête à faire face à une confrontation militaire si la diplomatie échoue, dans une interview publiée ce vendredi sur la National Public Radio (NPR), le service de diffusion publique des États-Unis.

La diplomate, l'une des négociatrices les plus expérimentées du régime dans les affaires avec les États-Unis, a parlé avec le journaliste Eyder Peralta au siège de l'ambassade cubaine à Mexico, au milieu d'une escalade des tensions bilatérales qui inclut des négociations de haut niveau à La Havane et des menaces d'action militaire de la part de l'administration du président Donald Trump.

Tablada a attribué les coupures de courant prolongées, la pénurie de nourriture, de médicaments et de carburant aux sanctions imposées par le chef de la Maison Blanche depuis qu'il a pris ses fonctions, et en particulier à un blocus de facto du pétrole en vigueur depuis début 2026.

"Lorsque les États-Unis déclarent que ce qu'ils veulent, c'est que Cuba ouvre son économie, ils ne disent pas la vérité. Lorsqu'ils affirment que les droits humains à Cuba les préoccupent, ils mentent éhontément, car les États-Unis sont les seuls responsables de la détérioration de la situation", a-t-il affirmé.

Face à la question d'un journaliste sur la préparation de Cuba à un éventuel attaque militaire américaine, Tablada a répondu sans détour : "S'ils prennent la décision irresponsable, inhumaine et injustifiée d'attaquer une petite nation qui n'a fait de mal à aucun Américain ou Cubano-Américain, nous sommes prêts. Nous sommes prêts pour eux."

Lorsque Peralta a souligné que les Cubains eux-mêmes blâment leur gouvernement et exigent des changements, Tablada a rejeté toute autocritique publique à ce moment-là.

« En un moment de forte pression, blâmer la victime n'est pas juste. Si nous sommes une famille et qu'un grand type est dehors en train de couper l'oxygène, l'eau et l'électricité, je ne pense pas que ce soit le moment de dire : pourraient-ils faire mieux ? » a-t-il affirmé.

Tablada a également écarté toute négociation concernant la présidence de Cuba ou son système économique, des sujets que l'administration Trump a exigés de réformer comme condition préalable à un accord.

"Nous ne sommes pas disposés à mettre sur la table des négociations qui est le président de Cuba ni quel système économique le pays aura. Ces décisions appartiennent légitimement au peuple cubain," a-t-il soutenu.

Les déclarations surviennent dans un contexte de tension maximale. Le 11 avril, le  Département d'État a envoyé une délégation à La Havane avec des demandes incluant la libération de prisonniers politiques tels que Luis Manuel Otero Alcántara et Maykel Osorbo, selon le média américain Axios

Le régime a rejeté les conditions imposées et a qualifié l'ultimatum de "chantage", bien qu'il ait tout de même libéré plus de 2 000 prisonniers politiques entre mars et début avril dans le cadre de ces contacts.

La rhétorique guerrière du régime s'est intensifiée parallèlement. Ce samedi, le ministère des Affaires étrangères cubain a publié une vidéo de diplomates s'entraînant avec des fusils sous le slogan #CubaEstáFirme, qui a suscité des moqueries massives.

Lors de précédentes journées, Gerardo Hernández, coordinateur national des CDR, a admis que les États-Unis pourraient envahir Cuba s'ils le souhaitaient, bien qu'il ait précisé qu' par la suite, ils feraient face à une guerre de guérilla menée par l'ensemble du peuple.

Tablada a averti le 7 avril dans des déclarations à El Sol de México que le régime n'écarte pas l'idée de distribuer des armes à la population en cas de conflit éventuel, et que "ce ne sera pas une promenade pour eux".

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