Le Kremlin protège Poutine par crainte d'un assassinat : Que sait-on ?



Vladímir Poutine (Image de référence)Photo © Wikimedia

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Le Financial Times a publié ce lundi une enquête exclusive qui révèle comment le Kremlin a considérablement intensifié ces dernières semaines les protocoles de sécurité entourant Vladímir Poutine.

Le président russe passerait de plus en plus de temps reclus dans des bunkers souterrains par crainte d'un assassinat ou d'un coup d'État.

L'information provient de sources proches des services de renseignement européens et de personnes de l'entourage direct du président.

Depuis mars, la paranoïa au Kremlin a explosé.

Le rapport de renseignement européen obtenu par CNN le décrit avec précision :

«Depuis début mars 2026, le Kremlin et Vladimir Poutine lui-même sont préoccupés par d'éventuelles fuites d'informations sensibles, ainsi que par le risque d'un complot ou d'une tentative de coup d'État visant le président russe. Il s'inquiète particulièrement de l'utilisation de drones pour une possible tentative d'assassinat par des membres de l'élite politique russe».

Le déclencheur : Drones, un général assassiné et la chute de Maduro

Trois événements expliquent l'escalade.

Le premier fut l'Opération Spiderweb ukrainienne, exécutée le 1er juin 2025, au cours de laquelle plus de 100 drones dotés d'intelligence artificielle ont attaqué des bases aériennes russes, atteignant même au-delà du Cercle Arctique.

«L'impact de l'Opération Toile d'araignée avec les drones ukrainiens est encore présent», a déclaré au Financial Times une personne proche du leader du Kremlin.

Le deuxième déclencheur a été l'assassinat du lieutenant-général Fanil Sarvarov le 22 décembre 2025 à Moscou, par une voiture piégée placée sous son véhicule, le plus récent d'une série d'attaques contre des hauts responsables militaires russes liés à l'Ukraine.

Le troisième facteur fut la capture de Nicolás Maduro par des forces américaines le 3 janvier 2026 à Caracas, ce qui -selon des sources proches de Poutine- aggrava sa peur d'une opération similaire contre lui.

Bunkers, images préenregistrées et apparitions minimales

Poutine et sa famille ont cessé de visiter leurs résidences habituelles dans la région de Moscou et à Valdaï.

Le dirigeant passe de longs moments dans des bunkers de la région de Krasnodar, dans le sud de la Russie.

Les médias d'État diffusent des images préenregistrées pour projeter une normalité auprès de l'opinion publique.

Jusqu'à la fin avril 2026, Poutine n'avait effectué que deux apparitions publiques en personne, contre au moins 17 en 2025.

Selon des sources de son entourage, il consacre « 70 % de son temps à mener les opérations militaires et seulement 30 % à des affaires internes ou à des relations bilatérales ».

Dobles opérés, testeurs et collecte de selles

Les mesures de protection personnelle frôle l'invraisemblable.

On soupçonne que Poutine dispose de au moins trois doubles opérés chirurgicalement pour ressembler au président.

L'Ukraine a affirmé que celui qui a visité Marioupol pendant la guerre n'était pas Poutine, soulignant des différences au niveau de la mâchoire, des oreilles et de la façon de marcher.

Lors des dîners officiels, il consomme des plats apportés de Russie qui doivent être goûtés par un dégustateur officiel.

Selon le magazine Paris Match, lorsqu'il voyage, une équipe spécialisée collecte ses excréments et les ramène plastifiés au Kremlin pour éviter que quiconque n'accède à son ADN.

Les cuisiniers, photographes et gardes du corps ne sont pas autorisés à utiliser les transports en commun et les dispositifs avec accès à Internet en présence de Poutine.

Les visiteurs doivent être enregistrés deux fois avant d'accéder au président.

Des systèmes de surveillance ont été installés dans les domiciles du personnel proche, et le Service Fédéral de Protection effectue des patrouilles canines le long de la rivière Moscou.

L'ombre de Shoigu et les luttes internes

Après l'assassinat de Sarvarov, le chef du Service fédéral de sécurité, Alexander Bortnikov, a blâmé le ministère de la Défense pour les défaillances dans la protection des hauts responsables.

Poutine a répondu en ordonnant que sa protection soit étendue à dix généraux de haut rang.

Le rapport de renseignement désigne l'ancien ministre de la Défense Sergei Shoigu comme une figure « associée au risque d'un coup d'État, car il maintient une influence significative au sein de la haute direction militaire ».

Ce n'est pas la première fois que Poutine fait face à une menace interne : en juin 2023, le chef mercenaire Yevgeny Prigozhin a dirigé une marche ratée vers Moscou avec les forces Wagner.

Popularité en baisse et malaise social

Les niveaux d'approbation de Poutine ont atteint leur plus bas niveau depuis l'automne 2022.

Le malaise s'est manifesté sur les réseaux sociaux, illustré par l'influenceuse Viktoria Bonya, dont la vidéo de 18 minutes adressée à Poutine a dépassé 1,5 million de réactions et a contraint le Kremlin à reconnaître publiquement son existence.

Pendant ce temps, les pertes russes en Ukraine sont estimées à environ 30 000 morts et blessés chaque mois selon les nations occidentales.

Ce samedi, le défilé du Jour de la Victoire sur la Place Rouge se déroulera sans armement lourd pour la première fois depuis 2008.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a justifié la décision par une phrase qui résume l'état d'esprit à Moscou : « Face à cette menace terroriste, bien sûr, toutes les mesures sont prises pour minimiser le danger ».

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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