Cuba sous patrouilles, coupures de courant et peur : Un rapport révèle l'avancée du contrôle militaire

Un rapport de Cubalex alerte sur l'augmentation de la militarisation sociale et l'utilisation de mécanismes de contrôle territorial et répressif au milieu de la crise énergétique et du mécontentement populaire à Cuba.



Des militaires se manifestent le 1er mai à CubaPhoto © X / @MinfarC

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Un rapport spécial de Cubalex avertit que Cuba traverse une phase de militarisation sociale croissante, marquée par des patrouilles, des coupures de courant prolongées, des déploiements de forces répressives et des mécanismes de contrôle territorial qui affectent directement la vie quotidienne de la population.

Le document, intitulé Militarisation sociale et exceptionnalité de facto à Cuba, analyse les événements survenus en mars 2026 et conclut que le régime est passé d'une phase préventive à une phase opérationnelle de contrôle direct sur l'espace civil.

Selon Cubalex, au cours de ce mois, 31 événements pertinents liés à la sécurité, à la défense et à la répression ont été documentés, ce qui représente une augmentation de plus de 240 % par rapport à février. Parmi ceux-ci, environ 61 % concernaient des incidents de répression ou de contrôle direct sur la population.

Le rapport affirme que la crise énergétique, avec des coupures de courant prolongées dans plusieurs provinces, a été utilisée comme contexte pour intensifier la surveillance, les contrôles d'identité et la présence de forces policières, militaires et de troupes spéciales dans les rues, les parcs et les zones résidentielles.

Entre les épisodes signalés figurent des manifestations et des claquements de casseroles dans des villes comme Morón, Santiago de Cuba, La Havane, Santa Clara et Guantánamo, suivis par des déploiements de patrouilles, de brigades spéciales et d'unités de sécurité. Cubalex interprète ces événements comme faisant partie d'un schéma national et non comme des actions isolées.

Le rapport alerte également sur l'intégration de civils, d'étudiants et de travailleurs dans des structures de défense ou de surveillance. Dans certains cas, la participation à des activités telles que le “Bastión Estudiantil Universitaire” aurait été conditionnée par des pressions académiques ou professionnelles.

Pour l'organisation, cette dynamique floute la frontière entre le civil et le militaire et élargit la capacité coercitive de l'État au-delà des forces armées et des forces policières formelles.

Cubalex identifie cinq indicateurs principaux dans le processus observé : militarisation préventive, militarisation réactive, utilisation du discours belliqueux, contrôle des ressources stratégiques et participation civile dans des structures militaires ou de contrôle.

Le rapport souligne également que le régime utilise un langage de guerre pour présenter le mécontentement social comme une menace interne. Des expressions telles que “ennemis de la Révolution” ou “guerre non conventionnelle” serviraient, selon l'analyse, à justifier des mesures de surveillance et de répression contre des citoyens mécontents.

Depuis le point de vue juridique, Cubalex affirme que la Cuba vit une “exceptionnalité de facto”, en appliquant des mesures propres à un état d'exception sans que cela ait été formellement déclaré ni soumis à des contrôles légaux.

L'organisation considère qu'il n'existe pas d'urgence publique justifiant l'activation de pouvoirs extraordinaires et avertit que les mesures observées sont incompatibles avec les normes internationales en matière de droits humains.

Le rapport conclut que le niveau de risque est élevé pour les libertés fondamentales, l'État de droit et l'espace civique à Cuba.

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