Delcy Rodríguez se rend aux Pays-Bas pour « défendre » le Venezuela devant la CIJ au sujet de l'Esequibo

Delcy Rodríguez est arrivée aux Pays-Bas pour diriger la délégation vénézuélienne auprès de la CIJ dans le cadre de la dispute pour l'Esequibo, lors de sa première apparition internationale en tant que présidente par intérim.



Delcy Rodríguez (Image de référence)Photo © Prensa de Miraflores

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Delcy Rodríguez, présidente par intérim du Venezuela, est arrivée ce dimanche aux Pays-Bas pour diriger la délégation vénézuélienne lors des audiences publiques de la Cour internationale de justice (CIJ) concernant le différend territorial avec le Guyana sur la région de l'Esequibo, dont la dernière session se tient ce lundi à La Haye.

Rodríguez a atterri au'aéroport international d'Amsterdam-Schiphol, où elle a été accueillie par le chancelier Yván Gil et le ministre de la Communication, Miguel Ángel Pérez Pirela, qui font partie de la délégation avec l'équipe juridique dirigée par l'avocat José Manuel Rodríguez.

«Au nom du peuple vénézuélien, nous sommes arrivés aux Pays-Bas pour défendre la majesté et la vigueur de l'Accord de Genève de 1966. Il ne fait aucun doute que le seul titulaire de la Guyane Ésequiba est le Venezuela et nous revendiquons toujours ses droits légitimes et historiques sur ce territoire», a écrit Rodríguez sur Telegram.

Dans un communiqué de la présidence vénézuélienne rapporté par Reuters, Rodríguez a été plus catégorique : « Le Venezuela défendra vigoureusement sa souveraineté sur l'Esequibo, une région historiquement et légalement nôtre. Cette cour n’a pas de juridiction, mais nous assistons pour exposer le complot colonialiste orchestré par la Guyane et ses sponsors impériaux. »

Le voyage comporte une dimension politique supplémentaire : c'est la première grande intervention de Rodríguez sur la scène internationale depuis que elle a pris la présidence par intérim du Venezuela le 5 janvier 2026, après la capture de Nicolás Maduro par les forces américaines.

Maduro a été arrêté le 3 janvier 2026 dans le cadre de l'opération appelée Résolution Absolue et transféré aux États-Unis pour faire face à des accusations de narcoterrorisme, ce qui a laissé Rodríguez à la tête du gouvernement chaviste.

Le différend porte sur la validité de la sentence arbitrale de Paris du 3 octobre 1899, qui a fixé la frontière entre l'ancienne Guyane britannique et le Venezuela. Caracas a déclaré nul ce jugement en 1962, invoquant des irrégularités, et soutient que le seul instrument juridique valide est l'Accord de Genève de 1966, qui établit une voie de négociation directe bilatérale.

Le Guyana a intenté une action en justice contre le Venezuela devant la CIJ en 2018, et le tribunal a déclaré la demande recevable le 6 avril 2023. En décembre de cette année-là, la CIJ a émis des mesures provisoires ordonnant au Venezuela de ne pas modifier le statu quo dans l'Esequibo ; Caracas les a rejetées comme n'étant pas contraignantes.

Le chancelier Yván Gil a qualifié vendredi dernier les arguments finaux de la Guyane devant la CIJ de « négationnistes et répétitifs » et a réitéré que le différend se terminera par une négociation directe sans intervention de tiers.

Du côté guyanais, le ministre des Affaires étrangères Hugh Todd a répondu que « le processus de la CIJ est le seul chemin pacifique à suivre » et a averti que « la posture agressive du Venezuela menace la stabilité régionale ».

Le territoire contesté, d'environ 160 000 kilomètres carrés, représente près des deux tiers du territoire actuel de la Guyane et est riche en pétrole, minéraux et biodiversité. Depuis les découvertes d'ExxonMobil en 2015, les enjeux économiques ont fortement augmenté : la Guyane produit actuellement environ 916 000 barils de pétrole par jour dans le bloc Stabroek et a enregistré des revenus record de plus de 761 millions de dollars au premier trimestre de 2026.

Les tensions autour de l'Esequibo ont escaladé en août 2025, lorsque la Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a déclaré qu'elle accorderait l'accès à son territoire aux États-Unis si Washington le demandait pour défendre la Guyane, et que la France a déployé des effectifs militaires dans les Caraïbes dans ce même contexte.

Les analystes avertissent qu'un jugement définitif de la CIJ pourrait prendre des années, ce qui fait de l'audience d'aujourd'hui une étape supplémentaire dans un processus qui s'annonce comme l'un des litiges territoriaux les plus prolongés du continent.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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