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Yurelis Puente Naranjo, âgée de 44 ans, a été assassinée jeudi dernier dans son propre domicile dans la municipalité d'Abreus, à Cienfuegos, présumément par son ex-mari, selon des informations fournies par l'Observatoire de Genre d'Alas Tensas (OGAT).
L'agresseur a attaqué Yurelis dans son domicile dans la ville de Juraguá et s'est ensuite rendu à la police, selon les vérifications effectuées par l'ONG indépendante avec des sources communautaires.
La victime avait au moins une fille mineure. L'observatoire a demandé l'aide de la population pour compléter les informations sur d'autres enfants survivants et d'éventuels antécédents de violence précédant le crime.
Ce cas porte à 22 le nombre de féminicides confirmés à Cuba depuis le début de 2026, selon le registre de l'OGAT jusqu'au 10 mai.
Au cours de cette même période, l'organisation a comptabilisé 17 tentatives de féminicide et un meurtre d'homme pour des raisons de genre. De plus, elle a alerté sur le cas de l'adolescente Anais Tamayo Puente, décédée dans des conditions non élucidées, et pour lequel un accès au rapport d'enquête est nécessaire.
Pendant ce temps, l'enquête se poursuit sur 12 possibles féminicides, cinq tentatives et un meurtre d'homme pour des motifs de genre signalés en 2025, ainsi que sur six autres possibles féminicides signalés cette année.
Dans son communiqué, l'OGAT a averti sur « la persistance de la violence extrême contre les femmes à Cuba, particulièrement dans le cadre des relations et des anciennes partenaires, où des féminicides continuent de se produire avec de hauts niveaux de brutalité ».
Elle a également mis en garde contre l'« impact traumatique sur les filles, les garçons, les familles et les communautés dans un contexte marqué par la précarité institutionnelle, le silence et le manque de protection effective pour les victimes ».
Le cas de Yurelis correspond à la tendance la plus fréquemment documentée par l'OGAT : assassinée par son ex-partenaire, dans son domicile, laissant des enfants mineurs. Les données du rapport annuel de l'observatoire indiquent que 83,3 % des féminicides à Cuba sont commis par un partenaire ou un ex-partenaire, que 62,5 % se produisent à domicile et que 64,6 % sont perpétrés avec des armes blanches.
Le rythme des féminicides en 2026 est alarmant : six cas en janvier, un en février, six en mars, au moins sept en avril — le mois le plus violent de l'année — et, au minimum, deux en mai.
Le féminicide numéro 21 enregistré par l'OGAT était celui de Gloria Almanza Céspedes, enseignante de 52 ans, assassinée le 1er mai par son ancien partenaire à San Miguel del Padrón, La Havane. Elle avait déjà signalé l'agresseur à la police, mais les autorités ne lui ont pas fourni de protection efficace.
En avril, un double féminicide à Batabanó, Mayabeque a coûté la vie à Rosalí Peña Hernández, âgée de 31 ans, et à sa fille Camila Aguilera Peña, âgée de seulement 12 ans, toutes deux assassinées par le partenaire de Rosalí.
La réponse du gouvernement cubain face à la violence croissante envers les femmes est pratiquement inexistante. Le Code pénal en vigueur depuis 2022 ne caractérise pas le féminicide comme un délit autonome ; les cas sont traités sous des qualifications génériques comme l'homicide. Cuba ne dispose pas non plus d'une loi globale sur la violence de genre, malgré les demandes répétées des activistes.
Dans le pays, il n'existe ni refuges ni protocoles de protection efficaces pour les femmes en danger.
En avril, la plateforme Yo Sí Te Creo en Cuba (YSTCC) a fermé son observatoire des féminicides faute de ressources, laissant l'OGAT comme seul référent indépendant pour le suivi systématique de ces crimes sur l'île.
Depuis 2019 jusqu'à décembre 2025, l'OGAT et YSTCC ont documenté un total de 315 féminicides à Cuba, en l'absence de statistiques officielles transparentes de la part du régime.
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