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Miguel Díaz-Canel a publié ce mercredi sur Facebook un long message dans lequel il blâme exclusivement les sanctions américaines pour la grave crise électrique que traverse Cuba, et envoie un signal d’ouverture diplomatique avec la phrase "toujours prêts au dialogue dans l'égalité des conditions".
Le message arrive au pire moment énergétique de l'année : l'Union Électrique prévoit pour ce mercredi un déficit de plus de 2 000 MW durant l'heure de pointe nocturne, le maximum enregistré en 2026, avec 1 100 MW non générés directement en raison d'un manque de combustible.
Díaz-Canel a attribué l'aggravation à ce qu'il a qualifié de "génocidaire blocus énergétique auquel les États-Unis soumettent notre pays, menaçant de droits de douane irrationnels toute nation qui nous fournit du carburant".
Le dirigeant a rappelé que Cuba a besoin d'au moins huit navires de carburant par mois, mais en avril, un seul est arrivé, ce qui a permis une amélioration temporaire du service électrique et une réduction transitoire des coupures de courant.
Pour justifier son récit, Díaz-Canel a soutenu que "ce que les porte-parole du régime américain essaient de montrer au monde comme une conséquence directe d'une mauvaise gestion du gouvernement cubain est en réalité le résultat d'un plan pervers qui vise à exacerber les pénuries et les difficultés du peuple".
Il est allé plus loin en qualifiant la stratégie de Washington de "design pernicieux dont le principal objectif est la souffrance de tout le peuple, pour en faire un otage et l'orienter contre le Gouvernement".
Le message omet toute référence aux causes structurelles internes de la crise : une infrastructure thermoelectrique âgée de 40 à 50 ans, des décennies de sous-investissement chronique et une chute accumulée du PIB de 23 % depuis 2019, des facteurs que des analystes indépendants désignent comme déterminants.
Le texte arrive après que le président Donald Trump ait publié sur son réseau social que Cuba "demande de l'aide" et que "nous allons en parler", et après qu'il ait répondu à un journaliste à la Maison Blanche en qualifiant l'île de "nation en faillite" qui "ne va que dans une direction : vers le bas".
Ce mercredi, Trump s'est rendu en Chine pour une visite d'État avec Xi Jinping, ajoutant une dimension géopolitique à l'échange : le 5 mai, Pékin avait demandé à Washington de lever les sanctions contre Cuba.
Le contexte diplomatique est totalement bloqué. Le 10 avril, une délégation américaine s'est rendue à La Havane dans le premier avion officiel des États-Unis depuis 2016. Washington a imposé un ultimatum exigeant la libération de prisonniers politiques tels que Luis Manuel Otero Alcántara et Maykel Osorbo, qui a expiré le 24 avril sans réponse positive.
Face à cet ultimatum, Díaz-Canel a été catégorique : "les prisonniers politiques ne sont pas à la table des négociations" et "la reddition n'est pas une option".
Le 7 mai, le secrétaire d'État Marco Rubio a annoncé des sanctions directes contre GAESA et 12 fonctionnaires du régime, avec un délai jusqu'au 5 juin pour que les entreprises étrangères mettent fin à leurs liens avec les entités cubaines sanctionnées.
Maintenant, avec la crise énergétique à son paroxysme et Trump envoyant des signaux ambigus en route vers Pékin, Díaz-Canel tend à nouveau la main sans céder à aucune des conditions exigées par Washington : "nous continuerons à résister et à créer, de plus en plus convaincus qu'il nous incombe de sauter par nos propres efforts au-dessus des énormes difficultés, unis en tant que nation, et fermes pour faire face aux défis les plus ardus".
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