Ainsi est resté le jarre d'un cubain après les manifestations nocturnes à La Havane

Un cubain a envoyé des photos de sa casserole endommagée après les manifestations avec des casseroles du 13 mai à La Havane. La police a utilisé des motos pour intimider, mais la protestation a continué.



Cubain montre son jarre brisé après les manifestations à La HavanePhoto © Collage X/Magdiel Jorge Castro

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Un Cubain a remis à la journaliste Magdiel Jorge Castro des photographies de sa casserole en aluminium complètement bosselée et déformée après avoir participé aux manifestions nocturnes de ce mercredi à La Havane, en témoignage de l'utilisation intensive de cet ustensile comme instrument de protestation.

Les images montrent le récipient avec le fond effondré, le métal froissé et la poignée pliée vers l'extérieur, preuve des coups répétés pendant les manifestations de la veille au soir.

Le citoyen a également rapporté que la police du régime a tenté d'intimider le voisinage pendant les manifestations.

«Il me raconte que la police du régime a tenté d'intimider le quartier en faisant résonner les motos dans les sous-sols des immeubles», a écrit Castro sur son compte X.

La tactique d'intimidation acoustique avec des motos n'a pas atteint son objectif : la protestation a continué cette nuit-là et, selon Castro, il était prévu qu'elle se reproduise ce jeudi.

Les manifestations de mercredi se sont étendues simultanément dans au moins dix municipalités de la capitale, notamment Diez de Octubre, Marianao, San Miguel del Padrón, Nuevo Vedado, Guanabacoa et Arroyo Naranjo.

En San Miguel del Padrón, des habitants se sont rassemblés devant le siège du gouvernement municipal en scandant « !Courant et nourriture ! », tandis qu'à Reparto Bahía, les slogans comprenaient « !À bas la dictature ! ».

En Marianao, les voisins ont allumé des feux de joie durant la nuit, et à Nuevo Vedado —à quelques rues du Palais de la Révolution et du Comité Central du Parti Communiste de Cuba— les résidents ont protesté après 24 heures consécutives sans électricité.

Le journaliste indépendant José Raúl Gallego a décrit l'intensité de ce qui s'est passé à Santos Suárez : « Tout Santos Suárez est dans la rue. Je n'avais jamais vu cela de cette manière depuis le 11J. »

La répression policière s'est également manifestée dans la municipalité de Playa, où des agents ont frappé des manifestants, selon les rapports de la journée.

Cette vague de manifestations a débuté le 6 mars 2026 en réponse aux coupures de courant prolongées — qui dans certaines zones dépassent les 20 heures par jour — et à la pénurie de nourriture.

El Observatoire Cubain des Conflits a comptabilisé 1 245 manifestations en mars et 1 133 en avril 2026, chiffre qui représente une augmentation de 29,5 % par rapport à avril de l'année précédente.

Depuis le début de la vague de casserolades, au moins 14 personnes ont été arrêtées à La Havane, tandis que le régime a également réagi par la militarisation de zones et des coupures sélectives de données mobiles.

La casserole bosselée qui circule sur les réseaux sociaux devient ainsi le symbole d'une résistance qui, nuit après nuit, s'étend à travers davantage de points de la capitale sans que l'intimidation policière parvienne à l'éteindre.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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