Des habitants de la zone 12 de Alamar, dans la municipalité de La Havane de l'Est, ont organisé ce jeudi une manifestation nocturne en pleine coupure de courant qui a conduit à une présence policière et à au moins une arrestation, selon des vidéos diffusées sur Facebook par l'activiste Irma Lidia Broek.
Broek, connue pour documenter les abus de l'État cubain sur les réseaux sociaux, a montré la tension dans la rue, dans des vidéos où l'on peut voir des véhicules de police, des groupes de personnes, au moins un détenu conduit vers une patrouille et évacué des lieux.
Dans l'une des vidéos partagées par Broekr, on entend un responsable essayer de calmer les manifestants.
Broek a publié les vidéos avec le texte « ABAJO LA DICTADURA » et les hashtags #LibertadParaCuba et #Cuba, des slogans qui reflètent le ras-le-bol accumulé dans le quartier.
La protestation de ce jeudi s'inscrit dans une vague de manifestations qui a secoué La Havane et d'autres provinces entre le 13 et le 21 mai, déclenchée par des coupures de courant de 20 à 22 heures par jour dans plusieurs circuits de la capitale, un chiffre reconnu par le ministre cubain de l'Énergie et des Mines, Vicente de la O Levy.
El sistema eléctrico cubano registró un déficit récord de 2 153 MW el 13 de mayo, y tres días después la afectación máxima llegó a 2,041 MW, dejando sin electricidad al 51 % del país de forma simultánea.
Les manifestations se sont étendues à au moins 12 municipalités de La Havane, comprenant Marianao, Playa, Luyanó, Santos Suárez, Guanabacoa et Regla, ainsi qu'à Santiago de Cuba et d'autres provinces, dans ce que les analystes décrivent comme la plus grande vague de manifestations depuis le 11 juillet 2021.
Alamar n'est pas un nouveau témoin de ce type d'explosions. En mars 2026, le quartier a enregistré des cacerolazos les 15, 20 et 23 de ce mois, toujours accompagnés d'une présence policière et de coupures d'internet pour limiter la diffusion des images.
Le schéma répressif s'est répété à chaque épisode de protestation : déploiement policier, détentions arbitraires et blocage du signal de données mobiles. Des organisations de droits humains ont documenté au moins 14 détenus à La Havane liés aux manifestations entre mars et mai 2026, tandis que l'ICLEP a enregistré 179 agressions contre la liberté d'expression et de la presse à Cuba rien qu'en avril de cette année.
Le 15 mai dernier, l' Ambassade des États-Unis à La Havane a émis une alerte de sécurité en raison de l'instabilité électrique et des manifestations, avertissant ses citoyens des risques de circuler dans des zones de rassemblement.
Alors que le régime déploie des policiers pour « ordonner » les rues, le peuple cubain continue de s'y rassembler avec un mot d'ordre qui résume la crise : « Électricité et nourriture ».
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