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Anyelo Ramírez Martínez, un jeune homme de 24 ans, sera jugé le 10 juin prochain à Santiago de Cuba pour avoir photographié un graffiti antigouvernemental et l'opération policière déployée autour de celui-ci, selon une alerte publiée par Cubalex, organisation de droits humains qui a eu accès au dossier judiciaire.
Anyelo a été arrêté le 5 mars dans une rue de Santiago de Cuba alors qu'il documentait avec son téléphone portable l'intervention des agents du MININT sur le site où le graffiti était apparu.
Selon le dossier, les officiers lui ont demandé de cesser de prendre des photos, de remettre son téléphone et d’effacer les images capturées.
Il a refusé, arguant qu'il ne commettait aucune illégalité et qu'il avait le droit de photographier ce qui se passait dans un espace public.
Le propre dossier fiscal, auquel Cubalex a eu accès, reconnaît qu'un agent de la Contre-espionnage a été le premier à le saisir physiquement pour le transférer, sans mandat judiciaire ni délit flagrant.
Ce n'est qu'après cette intervention qu'eut lieu la lutte qui a donné naissance aux accusations.
La Fiscalité demande quatre ans de privation de liberté, lui imputant simultanément les délits de désobéissance, d'attentat et de résistance, tous découlant d'un même fait. Cubalex dénonce qu'il s'agit d'une accumulation de charges visant à alourdir la peine.
L’analyse légale de l’organisation souligne également que le dossier contient des éléments de ce que les juristes appellent « droit pénal d’auteur » : il est explicitement précisé qu’Anyelo « ne fait preuve d’aucune sympathie pour le processus révolutionnaire » et qu’il ne fait pas partie des Comités de défense de la Révolution, des données idéologiques sans lien avec les faits reprochés mais qui fonctionnent comme des aggravants implicites.
Cubalex avertit également que « l'accusation repose uniquement sur le témoignage des militaires impliqués, le laissant dans une totale vulnérabilité ».
Depuis son arrestation, Anyelo demeure en détention provisoire à la prison des Aguadores, à Santiago de Cuba, un établissement ayant un passé documenté de mauvaises conditions : isolement, manque d'eau, mauvaise alimentation et insuffisances sanitaires.
Le cas se déroule dans un contexte de répression croissante. Dans les jours qui ont suivi l'arrestation d'Anyelo, des affiches avec « Abajo Canel » et « Abajo el comunismo » sont apparues près de l'Université de l'Orient, dans la même ville.
Le récent pardon de 2,010 personnes annoncé par le régime n'a inclus que deux prisonniers politiques identifiés comme tels, selon des vérifications d'organisations indépendantes.
Cubalex conclut que le processus contre Anyelo «viole l'Article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques et les directives de l'ONU, qui protègent le droit de documenter les actions des agents étatiques dans les espaces publics», et exige «l'arrêt immédiat de la criminalisation contre Anyelo Ramírez, la fin de l'utilisation des accusations pénales à des fins politiques et des garanties pour le droit des citoyens à documenter la réalité».
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