Un paneliste chilien cherche à poursuivre un Cubain après un intense débat sur Cuba : « Donnez-moi le RUT et l'adresse »

Le panéliste Javier Pineda n'a pas pu porter plainte contre l'activiste cubain Leonel Delgado, car il n'a pas pu trouver son RUT ni son domicile en raison de son statut de migrant irrégulier au Chili.



Javier Pineda Olcay, journaliste chilien, et Leonel Delgado, cubain au Chili.Photo © Captura de Video/X/sinfiltros_tv

L'avocat et journaliste chilien Javier Pineda a révélé ce mardi dans l'émission Sin Filtros qu'il n'a pas pu concrétiser la plainte pénale qu'il menaçait de déposer contre le Cubain Leonel Delgado, car il n'a pas réussi à obtenir son numéro d'identification ni son adresse, étant donné qu'il s'agit d'un migrant en situation irrégulière au Chili.

L'épisode reprend le vif échange survenu le 26 mai dernier dans la même émission, lorsque Delgado a traité Pineda de « délinquant » en direct pour avoir affirmé qu'« il y a une démocratie à Cuba », déclenchant un échange qui s'est terminé par des insultes et des menaces légales devant les caméras.

Lors de l'émission de ce mercredi, animée par Felipe Bianchi en remplacement de Gonzalo Feito —qui a été brusquement démis de ses fonctions mardi par le producteur Sebastián Eyzaguirre—, Pineda a été clair : « Si vous me donnez le RUT et l'adresse, je dépose la plainte, je la soutiens personnellement, mais je n'ai pas pu obtenir ces informations ».

Le paneliste a demandé à la production de l'émission de lui fournir ces informations, arguant que c'était eux qui avaient contacté Delgado pour l'inviter. « Donnez-moi le RUT et l'adresse. Je dépose la plainte, je m'en charge parce que je pense qu'il n'est pas approprié d'appeler criminel ceux qui pensent différemment », a insisté-t-il.

Pineda a également souligné que Delgado aurait reconnu sa situation migratoire irrégulière et qu'il aurait demandé à l'ancien candidat présidentiel Johannes Kaiser de l'aider dans son processus de régularisation, ce qu'il a considéré comme contradictoire avec la campagne du Parti National Libertaire sur les migrants irréguliers.

Le programme a lui-même résumé la situation dans sa publication sur le réseau social X avec la phrase : «Je n'ai pas pu porter plainte contre le Cubain parce que c'était illégal !».

Au Chili, la plainte pour injures est une action pénale privée qui exige l'individualisation de la personne poursuivie, y compris son nom et son domicile, un critère que Pineda n'a pas pu respecter en ne trouvant pas les informations concernant Delgado.

Le débat original du 26 mai avait laissé des moments de haute tension. Delgado a crié : « Vous êtes un délinquant. Aller à Cuba et louer une dictature qui a tué mon pays pendant 67 ans, c'est être délinquant ». Pineda a répondu : « Vous avez gagné la querelle. Vous avez le droit d'être un traître à la patrie, mais injurier, non ».

Ante la menace de déportation qui a émergé dans cet échange, le cubain a défié avec fermeté : « Où vont-ils m'envoyer ? Au Cuba ? Pour que je sois emprisonné, pour qu'on m'assassine ? »

Delgado a également revendiqué l'insulte « gusano » que lui a lancée le journaliste Víctor Hugo Robles durant ce débat : « Je préfère être gusano plutôt que communiste. J'en suis fier ».

L'ancien candidat Kaiser, présent dans l'émission du 26 mai, a ironisé sur la menace légale de Pineda avec une phrase qui a repris toute sa pertinence ce mercredi : « L'avocat va le payer Cuba ».

L'épisode se déroule dans un contexte politique chargé au Chili concernant l'île. En janvier, l'ancien président Gabriel Boric a qualifié le système cubain de « dictature », créant une fracture au sein du gouvernement et générant une crise avec le Parti communiste, dont le président Lautaro Carmona a défendu que la démocratie existe bien à Cuba.

Bien que Sin Filtros ait une grande audience au Chili et dans une partie de l'Amérique latine, l'émission n'est pas considérée comme un programme journalistique traditionnel, mais plutôt comme un show de débat politique et de divertissement marqué par des affrontements idéologiques constants, des interruptions et des confrontations en direct.

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Équipe éditoriale de CiberCuba

Une équipe de journalistes engagés à informer sur l'actualité cubaine et les sujets d'intérêt mondial. Chez CiberCuba, nous travaillons pour offrir des informations véridiques et des analyses critiques.

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