
Vidéos associées :
Un groupe d'entrepreneurs cubano-américains basé à Miami a fondé la Cuban American National Chamber of Commerce (CANCC), une organisation à but non lucratif dont l'objectif est de préparer des investissements à Cuba « lorsqu'elle sera libre et démocratique ».
La nouvelle a été diffusée ce vendredi par l'agence EFE et reprise par des médias internationaux, bien que CiberCuba ait anticipé la création de la chambre il y a deux semaines, avec une interview exclusive de l'avocat et secrétaire de l'organisation, Nicolas J. Gutiérrez Jr.
Une organisation née de l'exil avec une vision d'avenir
La CANCC a son siège à Miami, en Floride, et opère en tant qu'entité nationale avec des chapitres locaux affiliés et la capacité de faire du lobbying auprès des gouvernements locaux, étatiques et fédéraux des États-Unis.
Son président est Juan Omar Sixto, un entrepreneur et publicitaire cubano-américain, accompagné de Rafael V. Sixto en tant que vice-président et de Gutiérrez Jr. en tant que secrétaire.
Parmi les fiduciaires figurent des entrepreneurs de renom, tels que Christian Eiroa (C.L.E. Cigars), Joseph Hernandez (Blue Water Venture Partners), Lombardo Perez (Metro Ford) et Federico Ramirez (Corporación HMS).
Le site officiel de l'organisation était disponible ce vendredi et présente sa déclaration de mission : elle a été créée « avec un fervent sentiment patriotique » par des Cubano-Américains qui « envisagent une Cuba future libre et démocratique, avec des garanties légales pour le commerce. »
«Seulement lorsque la primauté du droit est respectée»
La CANCC opère en pleine conformité avec le Titre II de la Loi Helms-Burton de 1996 et exige que ses membres ne s'associent qu'avec de futurs entrepreneurs privés cubains «sans liens avec des membres du régime politique actuel».
Lors d'une interview avec CiberCuba, Gutiérrez Jr. a été catégorique en expliquant la position des fondateurs :
«Ils sont pressés d'investir à Cuba, mais seulement lorsqu'il y aura un État de droit, seulement lorsqu'il y aura un régime différent de celui qui nous a dépouillés, de celui qui nous a emprisonnés, de celui qui a tué nos amis et partenaires.»
L'avocat a également souligné le potentiel économique de l'exil : « L'économie de Miami est beaucoup plus puissante que l'économie de tout le pays de Cuba ».
Le rejet de l'ouverture du régime
Le 16 mars 2026, le ministre cubain du Commerce extérieur, Óscar Pérez-Oliva Fraga, a déclaré que Cuba serait ouverte aux investissements des Cubains résidant à l'étranger, y compris des Cubano-Américains.
Les fondateurs de la CANCC rejettent cette ouverture, citant l'absence de garanties légales réelles.
Gutiérrez a cité comme exemple une ordonnance du ministère de l'Intérieur (MININT) cubain qui permet de confisquer les fonds de toute entreprise privée petite ou moyenne.
«Le problème, c'est que c'est le même régime, les gens oublient. Cela fait 67 ans, mais c'est le même petit groupe qui gouverne mal l'île, qui détient le pouvoir par la force et sans élections», a-t-il averti.
Antécédents et projets futurs
L'antécédent immédiat a été une réunion tenue le 31 mars à Miami, où des entrepreneurs cubano-américains ont signé une déclaration s'engageant à apporter leurs «ressources financières, leur expertise, leur capital et leur motivation patriotique» à une «nouvelle et prospère Cuba démocratique».
Une seconde réunion a consolidé la création formelle de la corporation, qui était en cours de désignation auprès du Service des Impôts Internes (IRS) des États-Unis.
Les plans incluent un agenda de trois ans, des propositions auprès du Département du Trésor et du Département d'État, ainsi que l'exploration d'une bourse liée à Cuba.
Cette initiative n'est pas la première de son genre : en août 2021, suite aux manifestations du 11J, un autre groupe d'entrepreneurs exilés avait déjà signé un accord pour créer un fonds de reconstruction de Cuba conditionné à une transition politique.
Archivé dans :