«Qu'est-ce qui est nécessaire pour réussir dans la comédie ?» : Alexis Valdés dévoile ses clés

Alexis Valdés a répondu ce dimanche dans une vidéo sur Facebook à la question de ce qu'il faut pour réussir dans la comédie : essayer d'être le meilleur du monde, étudier et accumuler de la culture. L'humoriste cubain a partagé sa formule personnelle avec un jeune comédien qui lui a écrit pour demander conseil. Sa réponse s'inscrit dans une tradition profonde : l'humour cubain en tant que métier sérieux et pilier de l'identité nationale.



Humoriste et acteur cubain Alexis ValdésPhoto © FB/Alexis Valdes

Alexis Valdés n'esquive pas les questions difficiles, même lorsqu'elles sont posées par un jeune comédien désireux de conquérir le monde. Ce dimanche, l'humoriste cubain a publié un reel sur Facebook de à peine une minute dans lequel il a répondu, avec son mélange habituel de franchise et d'humour, à la question de ce qu'il faut pour réussir dans la comédie. La réponse, comme il le souligne lui-même, est « sa vérité » — celle qui l'a guidé pendant plus de quatre décennies sur les scènes.

«La réponse est simple : tu dois être le meilleur du monde », commence Valdés dans la vidéo. Et avant que quelqu'un ne s'inquiète, il précise : « Évidemment, tu ne vas pas être le meilleur du monde, ou peut-être, mais au moins, tu dois essayer ». L'objectif n'est pas la perfection garantie, mais l'attitude de ceux qui ne se contentent pas de moins.

Mais le chemin vers cet olympes comique ne passe pas seulement par le fait d'avoir une grâce naturelle. Valdés est formel : il faut étudier, lire, voir les meilleurs, consommer du cinéma, du théâtre et de la peinture, et écouter de la bonne musique. « Quand tu auras tant d'informations, tu pourras te tenir sur scène et dire quelque chose qui est aussi drôle, et qui est intéressant pour les gens », explique-t-il. En d'autres termes : le rire sans substance s'épuise ; celui qui est chargé de culture, perdure.

Cette vision de l'humour comme un métier sérieux n'est pas nouvelle chez Valdés. Dans une interview précédente, il avait déjà déclaré que « l'humoriste naît, mais comme dans tout métier, il faut beaucoup travailler pour le développer », marquant la différence entre être drôle lors d'une réunion de famille et être un professionnel de la comédie. La vidéo d'aujourd'hui est, en quelque sorte, la version condensée de cette philosophie.

La trajectoire de Valdés lui-même est le meilleur gage de ses paroles. Né à La Havane en 1963 au sein d'une famille artistique —son père est également l'acteur et humoriste Leonel Valdés—, il a étudié l'ingénierie avant de se consacrer à l'art, ce qui en dit long sur son appétit intellectuel. Il a émigré en Espagne dans les années 90, où il a gagné en notoriété dans El Club de la Comedia, et en 2005, il a fait ses débuts en tant que réalisateur de cinéma avec Un roi à La Havane.

En Miami, il s'est solidifié avec des programmes tels qu'Esta Noche Tu Night et Seguro que Yes, et en septembre 2022, il a lancé avec Carnota la série humoristique Amores de Banco. En 2023, il a lancé le podcast Qué Desastre! et en 2024, il a reçu le Martín Fierro Latino dans la catégorie de Labor Humorística à la télévision et sur des plateformes. En 2025, il a ajouté une nouvelle corde à son arc en narrating Le vieil homme et la mer de Hemingway. 

Le conseil de Valdés résonne d'une manière particulière si l'on considère la place de l'humour dans la culture cubaine. Du théâtre bufo du XIXe siècle aux monologuistes de la diaspora, la comédie à Cuba a été bien plus qu'un simple divertissement : elle est une manière de penser la réalité, de survivre à celle-ci et, dans le meilleur des cas, de la transcender. Des spécialistes ont souligné que l'humour cubain « n'est pas quelque chose de secondaire » mais plutôt un pilier identitaire qui fonctionne comme une soupape de sécurité sociale et un outil de critique en période de crise — ce qui, à Cuba, comme on le sait, n'a pas manqué.

Humoristes comme Ulises Toirac, Mario Sardiñas, Osvaldo Doimeadiós, Miguel Moreno et Luis Silva, pour ne mentionner que quelques-uns, ont été des critiques constants de la réalité cubaine ; ce qui ne fait absolument pas rire le régime. En effet, le créateur de la chaîne satirique Despingovery Channel, Eddy Ceballos, a été arrêté le 1er juin dernier à La Havane lors d'un important dispositif policier.

Valdés incarne cette tradition depuis l'exil avec une proposition qui ne renonce pas à la profondeur. Son message d'aujourd'hui ne s'adresse pas seulement au jeune comédien qui lui a écrit : c'est un rappel que faire rire les gens, vraiment et avec constance, est l'une des tâches les plus sérieuses qui existent.

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