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Alejandro Terry, médecin cubain résidant à Dubai, a publié un témoignage sur les huit pires conseils qu'il a reçus avant de quitter Cuba, et qui, selon lui, lui ont coûté « des mois de problèmes » pendant son processus migratoire.
Terry, fils de l'ancien directeur du journal officiel Granma, a émigré en février 2022 vers Dubaï, Émirats Arabes Unis, pour honorer un contrat de travail. Diplômé en Médecine de l'Université des Sciences Médicales de La Havane en 2018, il partage souvent son expérience sur ses réseaux sociaux.
«Avant de quitter Cuba, tout le monde avait quelque chose à me dire. La famille, les amis, les voisins, celui qui a émigré il y a dix ans et celui qui n’a jamais quitté le quartier mais qui a quand même un avis. Et moi, la tête pleine de projets et rempli de peur, j'ai tout absorbé comme une éponge», a écrit sur Facebook.
Le premier conseil qu'il identifie comme nuisible est « travaille où tu veux et dans n'importe quel domaine ». Selon Terry, accepter un emploi sans discernement érode l'estime de soi : « Quand tu acceptes n'importe quoi, tu envoies un message très clair à ton cerveau : je ne vaux pas ce que je vaux. Et ce n'est pas de l'humilité. C'est une érosion ».
Le deuxième est « sors marcher et remets ton CV », qu'il qualifie d'obsolète et psychologiquement destructeur : « Ce qui est le plus nuisible dans ce conseil, ce n'est pas qu'il soit obsolète. C'est ce qu'il implique psychologiquement : que tu es un mendiant d'opportunités ».
Le troisième, « économise la première année, puis tu profiteras », cache selon lui un piège brutal : « La première année dans un nouveau pays est l'année la plus fertile sur le plan émotionnel que tu auras. Ta sensibilité est à fleur de peau. Tout te touche. Tout t'enseigne ».
Le quatrième conseil, « ne parle pas de tes projets, les gens te jalousent », est directement attribué à l'idiosyncrasie cubaine : « Ce conseil provient d'une culture de la peur. Et je comprends d'où il vient. À Cuba, parfois, se taire était une forme de protection. Mais à l'extérieur, cette logique t'isole de manière brutale. »
Le cinquième est « apprends la langue quand tu arrives, là-bas tu te forceras ». Terry est arrivé à Dubaï avec un anglais fonctionnel et affirme que cela a fait une différence décisive : « La langue n'est pas seulement une communication. C'est une identité dans le nouveau contexte. C'est la différence entre exister et participer ».
Le sixième, « ne dépense pas pour toi-même, attends de te stabiliser », freine selon lui l'investissement dans des cours et des certifications : « Quand tu repousses l'investissement en toi-même, ce que tu dis en réalité, c'est : je ne me crois pas encore capable. Et cette croyance, pas l'argent, est ce qui te retient. »
Le septième est «reste silencieux au début, observe», ce qui, selon lui, conduit à l'invisibilité sur le marché du travail.
Et le huitième, «envoie de l'argent dès le premier mois», peut plonger l'émigrant avant qu'il ne se soit stabilisé : «D'abord, tu dois te relever toi-même. Complètement debout. Ensuite, tu peux soutenir les autres».
Le témoignage de Terry s'inscrit dans le contexte de la plus grande émigration de l'histoire moderne de Cuba, un phénomène qui touche particulièrement les professionnels des secteurs de la santé, de l'éducation et de l'ingénierie.
Terry a clôturé sa publication par une réflexion qui résume toute son expérience : « Personne ne m'a donné ces conseils. Je les ai découverts, parfois par intuition, parfois par accident. »
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